Netanyahu condamne les propos « horribles » tenus par le rabbin Dov Lando
Pour le chef spirituel de Degel HaTorah, Israël envoie des soldats à la guerre « pour l’honneur de l’État », ce qui « incite au meurtre » ; des députés haredi défendent ses propos
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Lundi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a condamné les propos « horribles » du rabbin Dov Lando, chef spirituel de la faction politique ultra-orthodoxe Degel Hatorah, qui avait déclaré la veille que les soldats religieux commettaient un meurtre en servant dans l’armée.
Lors d’une réunion avec les responsables de la yeshiva Mir, chez lui à Bnei Brak, Lando s’en était pris à ceux, au sein de la communauté sioniste religieuse, qui servent dans l’armée : « Je parle de ceux qui portent des kippot tricotées et qui sont obligés d’y aller. »
« Si l’État envoie des gens, des soldats, pour l’honneur de l’État, et qu’ils tuent des gens, est-ce également permis ? C’est bel et bien un meurtre. Ils incitent donc au meurtre. Ils mènent des guerres non seulement pour le salut, mais aussi pour l’honneur de l’État », avait-il poursuivi.
Netanyahu a condamné ces propos dans un communiqué publié par son bureau.
« Les soldats de Tsahal, qu’ils soient laïcs ou haredim, quittent leur foyer, leur travail et leur famille pour risquer leur vie et protéger l’État d’Israël, ses citoyens et l’ensemble de la nation », a déclaré Netanyahu.
« Ils méritent une profonde reconnaissance, de la gratitude et le soutien total de toutes les couches de la population, et certainement du monde de la Torah », peut-on lire dans le communiqué.
Ces propos de Netanyahu n’ont toutefois pas inspiré de remords aux membres de Degel HaTorah, l’une des deux factions qui composent le parti ashkénaze haredi Yahadout HaTorah et dirigée par le député Moshe Gafni. Au contraire, ils l’ont encouragée à prendre la défense de Lando.
Insistant sur le caractère « sacré » des propos de Lando, Degel HaTorah a souligné que ceux qui ne sont pas religieux, et qui ne comprennent donc pas le véritable sens des paroles du rabbin, « auraient tout intérêt à ne pas chercher à les interpréter à la hâte, et encore moins à les critiquer ».
Selon la chaîne N12, des sources proches de Lando auraient également expliqué que les propos du rabbin ne constituaient pas une attaque contre les soldats religieux, mais qu’ils s’inscrivaient dans le cadre d’une « discussion théorique halachique à propos d’une situation dans laquelle l’État envoie des soldats à la guerre pour défendre son honneur, et non pour assurer sa survie ».
Les responsables haredi font pression pour que leurs communautés continuent de bénéficier d’une exemption généralisée du service militaire, après que la Haute Cour de justice a statué, en 2024, que le gouvernement devait appeler les étudiants ultra-orthodoxes en yeshiva sous les drapeaux, en l’absence d’un cadre juridique permettant de maintenir ces exemptions, en vigueur depuis plusieurs décennies.
Au terme d’une bataille législative acharnée de plusieurs mois sur cette question, marquée par des manifestations de rue répétées des Haredim, la Knesset s’est prononcée la semaine dernière, par 63 voix contre 52, en faveur de l’adoption d’une Loi Fondamentale très controversée, à caractère quasi-constitutionnel, déclarant l’étude de la Torah « valeur fondamentale » du peuple juif.
Cette loi visait, selon ses partisans, à compliquer la tâche de la Haute Cour de justice, qui ne pourrait plus juger que les exemptions de service militaire accordées aux Haredim sont illégales et discriminatoires. Elle consacre en effet l’étude de la Torah comme un aspect essentiel de l’État.
Une deuxième loi, adoptée par 58 voix contre 54, a accordé à des dizaines de milliers de Haredim réfractaires à la conscription une immunité d’arrestation jusqu’à la fin janvier 2027, et étend cette protection à ceux qui deviendront éligibles au service militaire après son entrée en vigueur, supprimant ainsi de fait la menace d’arrestation et facilitant le refus de rejoindre les rangs de l’armée pendant cette période. Elle suspend également les procédures pénales en cours à l’encontre de ceux qui font déjà l’objet de mesures coercitives.
La Haute Cour a gelé l’application de cette loi dès le lendemain. Elle a fixé une audience sur la question au 28 juillet.
On estime actuellement que quelque 72 000 hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans sont éligibles au service militaire, mais ne se sont pas enrôlés, malgré les appels de plus en plus pressants en faveur de leur conscription, alors qu’Israël mène des guerres sur plusieurs fronts depuis le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, tout en étant confronté à ce que l’armée israélienne elle-même considère comme une pénurie urgente d’effectifs.
Lando avait précédemment déclaré que ceux qui imposaient la conscription aux hommes haredim luttaient contre Dieu et contre la Torah. Il avait également accusé Israël de déclarer la « guerre » aux étudiants des yeshivot.
Ce rabbin âgé de 96 ans a de surcroît ordonné aux étudiants des yeshivot d’ignorer les ordres de conscription. Il leur a même interdit de s’entretenir avec des représentants de l’armée.
Son homologue du Shas, l’ancien grand rabbin séfarade Yitzhak Yosef, exprime régulièrement des critiques similaires. En octobre 2025, il a qualifié d’hérétique un collègue rabbin, père d’un soldat tué au combat, parce qu’il prônait la conscription des étudiants en yeshiva.
Ces deux éminents rabbins ont souvent affirmé que les hommes et les femmes religieux qui s’engagent dans l’armée israélienne subissent des pressions visant à leur faire abandonner leur religion et à accomplir leur service en tant que juifs laïques.
la Communauté du Times of Israël !








