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Netanyahu dit avoir demandé à Trump de « resserrer l’étau » sur l’Iran

Le Premier ministre dit avoir plaidé en juillet pour davantage de pression économique ; Trump promet une "grande victoire" ; Téhéran affirme que les sanctions échoueront

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le président américain Donald Trump, dans le Bureau ovale, le 28 juillet 2026. (Crédit: GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le président américain Donald Trump, dans le Bureau ovale, le 28 juillet 2026. (Crédit: GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré mercredi, dans une vidéo, avoir exhorté le président américain Donald Trump à envisager de « resserrer l’étau » sur l’Iran lors de leur rencontre de juillet à Washington, et averti qu’il serait impossible de conclure un accord avec Téhéran, qualifiant les responsables du régime de « sauvages ».

Netanyahu a établi un lien entre sa proposition et la menace brandie cette semaine par les États-Unis d’élargir les sanctions contre la République islamique. Les nouvelles mesures, détaillées par le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent, visent notamment les actifs numériques et les technologies iraniennes, ainsi que les secteurs de l’or, de l’aviation et du transport maritime, et prévoient des sanctions secondaires susceptibles de toucher des entités aux Émirats arabes unis, à Hong Kong, en Chine, à Singapour et en Europe qui transportent du pétrole iranien.

Lors de leur rencontre à la Maison Blanche, les deux dirigeants avaient évoqué trois options concernant l’Iran : la diplomatie, l’action militaire et le renforcement de la pression sur Téhéran, a expliqué Netanyahu, tout en exprimant ses doutes quant à la possibilité de parvenir à un accord avec ceux qu’il a qualifiés de « sauvages » en Iran.

« J’ai discuté avec le président Trump il y a plusieurs semaines à la Maison Blanche, dans le Bureau ovale. Nous avons évoqué trois options [contre l’Iran] », a déclaré Netanyahu dans une vidéo diffusée par son cabinet, extraite d’un discours en hébreu prononcé mardi soir lors d’un événement à Jérusalem.

Le Premier ministre a indiqué que la première option consistait à parvenir à un accord avec Téhéran, tout en doutant qu’un tel accord soit possible.

« Je lui ai dit : il y a toujours l’option classique. Bien sûr, vous pouvez conclure un accord. S’il est bon, nous y sommes favorables. Mais je doute que ce soit possible avec cette bande de sauvages. C’est impossible », a déclaré Netanyahu.

La deuxième option évoquée était « l’action militaire », selon Netanyahu, qui a averti qu’Israël riposterait avec force en cas d’attaque iranienne.

« Nous ne laisserons pas l’Iran nous attaquer et si, à Dieu ne plaise, il nous attaque, il subira un coup d’une ampleur qu’il n’aurait jamais imaginée, bien plus violent que tout ce qu’il a subi jusqu’à présent », a-t-il déclaré.

Netanyahu a indiqué avoir ensuite présenté à Trump une troisième option : « resserrer l’étau » sur l’Iran.

« À vous de décider », lui aurait-il alors dit.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu arrive pour voter lors de la primaire du Likud à Jérusalem, le 17 août 2026. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash 90)

Sans affirmer explicitement avoir proposé des sanctions, Netanyahu a présenté les nouvelles mesures prises par Washington contre Téhéran comme une illustration de la stratégie de pression évoquée par les deux dirigeants.

Lundi, Trump « a réaffirmé cette décision par une mesure très, très, très forte », a déclaré Netanyahu, faisant référence à l’annonce par Washington d’un nouvel élargissement des sanctions contre Téhéran.

« Ce que le président Trump a fait hier, c’est resserrer l’étau sur l’Iran – non pas sur l’Iran lui-même, mais sur ceux qui soutiennent ce régime, cette terrible dictature. C’est très important », a déclaré Netanyahu.

Trump a tenu un discours similaire mercredi, affirmant à l’animateur de radio conservateur Glenn Beck que la pression économique croissante exercée sur Téhéran « nous mène vers une très grande victoire ».

« Nous allons remporter une grande victoire très bientôt », a-t-il déclaré.

Un homme observe une banderole représentant le président américain Donald Trump, devant les missiles balistiques Zolfaghar et Zolghadr exposés sur la place Azadi, à Téhéran, en Iran, le 2 août 2026. (Crédit : Fatemeh Bahrami/Anadolu/Reuters)

« Nous ne pouvons pas laisser l’Iran se doter de l’arme nucléaire. C’est tout l’enjeu. C’est 99,9 % du problème. Nous ne pouvons pas le permettre parce qu’ils sont fous et qu’ils l’utiliseront », a déclaré Trump mercredi, avant d’affirmer l’avoir déjà « empêché à deux reprises ».

Trump prône depuis longtemps une forte pression économique sur Téhéran et avait mené une campagne de sanctions dite de « pression maximale » au cours de son premier mandat. Les États-Unis ont également participé aux frappes israéliennes contre le programme nucléaire iranien en juin 2025.

Le président iranien affirme que ces mesures « n’aboutiront à rien »

Le président iranien Masoud Pezeshkian a déclaré mercredi que les États-Unis n’obtiendraient aucun résultat avec leur nouvelle série de sanctions économiques, ont rapporté les médias locaux.

« Compte tenu des mesures prévues par les responsables économiques du gouvernement, les États-Unis n’obtiendront rien de la pression économique à ce stade, tout comme ils n’ont rien obtenu pendant la guerre », a déclaré Pezeshkian, selon l’agence de presse iranienne ISNA.

Le président iranien Masoud Pezeshkian lors d’une cérémonie d’accueil à Islamabad, au Pakistan, le mardi 23 juin 2026. (Crédit : Bureau du Premier ministre du Pakistan/AP)

« Notre principe est de chercher à résoudre les problèmes par le dialogue et la négociation. Dans le même temps, nous resterons fermes face aux pressions économiques, comme nous l’avons fait jusqu’à présent et continuerons de le faire », a-t-il ajouté.

Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a, de son côté, affirmé mercredi que le détroit d’Ormuz restait sous le contrôle de Téhéran et qu’aucun navire ne pouvait le franchir sans l’autorisation de l’Iran.

« Si les États-Unis n’acceptent pas nos conditions, le détroit d’Ormuz ne sera ouvert en aucun cas », a déclaré le CGRI.

L’Iran contrôle le détroit depuis le début de la guerre, le 28 février, et cherche à imposer des redevances aux navires qui l’empruntent. Washington pousse de son côté au rétablissement de la libre navigation qui prévalait avant la guerre.

Des pétroliers et des navires de marchandises, dans le golfe d’Oman, le long des voies maritimes reliant le détroit d’Ormuz et la mer d’Arabie, le 16 juin 2026. (Crédit : AP)

Lors de son interview mercredi, Trump a toutefois affirmé que le détroit était en réalité entièrement ouvert.

« Le détroit est ouvert. Nous y faisons passer beaucoup de navires actuellement. Ils peuvent à nouveau y entrer. Les mines ont disparu », a-t-il affirmé.

L’Iran et Oman négocient un accord sur l’avenir du détroit, dont les deux pays sont riverains. Selon l’agence de presse semi-officielle Tasnim, le CGRI a affirmé que Téhéran et Mascate étaient parvenus à des accords sur leurs zones de contrôle respectives dans le détroit et sur le partage des recettes qui en découlera.

L’article n’a pas donné davantage de précisions sur les termes de cet accord. Le porte-parole du CGRI a accusé les États-Unis d’entraver les négociations entre Téhéran et Mascate et d’en retarder ainsi l’issue.

Par ailleurs, Donald Trump a déclaré mercredi penser que le Guide suprême iranien Mojtaba Khamenei – qui n’est plus apparu en public depuis qu’il a succédé à son père en mars – était toujours en vie. Son père avait été tué lors des frappes du 28 février qui avaient déclenché la guerre contre l’Iran, au cours desquelles Mojtaba Khamenei avait lui-même, semble-t-il, été blessé.

« Je ne pense pas qu’il soit mort. Il a été très gravement blessé. Le côté gauche de son corps, le bras, la jambe, tout. Il a été très gravement blessé. Mais je ne pense pas qu’il soit mort », a déclaré Trump.

Le président Masoud Pezeshkian (à droite) rencontre le chef d’état-major de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, à Téhéran, en Iran, le 24 août 2026. (Crédit : Présidence iranienne/AP)

Des hauts responsables militaires israéliens et américains évoquent la situation régionale

En début de semaine, de hauts responsables militaires israéliens et américains ont discuté de la sécurité régionale et des enseignements tirés de la campagne conjointe contre l’Iran.

Le chef d’état-major de Tsahal, le général de corps d’armée Eyal Zamir, a rencontré dimanche le commandant de l’armée de l’air américaine, le général Kenneth Wilsbach, a annoncé mercredi l’armée israélienne.

Le chef de l’armée de l’air israélienne, le général de division Omer Tischler, a également pris part à la rencontre.

Selon Tsahal, les officiers ont discuté « de l’évaluation de la situation régionale, de la mise en œuvre des enseignements tirés de la campagne conjointe et des futurs domaines de coopération ».

« Cette visite reflète l’importance de la relation stratégique entre Israël et les États-Unis ainsi que l’étroite coopération entre les deux pays », a déclaré l’armée.

L’armée iranienne affirme avoir reconstruit ses systèmes d’armement endommagés

Ces discussions entre responsables militaires israéliens et américains ont précédé l’annonce faite mercredi par l’armée iranienne, selon laquelle les systèmes d’armement endommagés pendant la guerre avaient été reconstruits et Téhéran avait également importé de nouveaux systèmes militaires.

« Les systèmes de toutes les branches de l’armée, y compris ceux qui avaient été endommagés, ont été reconstruits, et de nouveaux systèmes ont également été importés », a déclaré le porte-parole de l’armée, Mohammad Akraminia, selon la télévision d’État iranienne.

« De nouveaux systèmes ont été fournis par l’industrie de la défense et l’armée, tandis que d’autres ont été importés de l’étranger. Ces équipements ont renforcé nos capacités de combat », a-t-il ajouté.

Des femmes membres de la milice paramilitaire Basij, affiliée aux Gardiens de la révolution iranienne, défilent avec leurs armes lors d’un rassemblement organisé par l’État en soutien au Guide suprême à l’occasion de la Journée nationale des filles, à Téhéran, en Iran, le 17 avril 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Akraminia a indiqué que les forces iraniennes avaient pris « des mesures sérieuses pour reconstruire et redéployer les systèmes endommagés par l’ennemi », ajoutant que le pays avait désormais fait évoluer sa doctrine militaire d’une posture défensive à une posture offensive et considérait les frappes préventives comme « légitimes ».

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