Netanyahu reprendra contact avec l’ONU sur l’accord des migrants
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Netanyahu reprendra contact avec l’ONU sur l’accord des migrants

Le Premier ministre souhaite améliorer les termes de l'accord annulé le mois dernier, qui aurait permis à 16 500 migrants de partir et à un nombre similaire, de rester en Israël

Des migrants africains et leurs soutiens manifestent à Jérusalem le 4 avril 2018 contre l'annulation par le Premier ministre Benjamin Netanyahu d'un accord avec l'ONU visant à éviter les expulsions forcées de milliers de migrants africains. (AFP/Menahem Kahana)
Des migrants africains et leurs soutiens manifestent à Jérusalem le 4 avril 2018 contre l'annulation par le Premier ministre Benjamin Netanyahu d'un accord avec l'ONU visant à éviter les expulsions forcées de milliers de migrants africains. (AFP/Menahem Kahana)

Un mois après l’avoir annulé, le Bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait repris contact avec l’agence des Nations Unies pour les réfugiés sur un accord qui aurait permis la réinstallation de milliers de migrants africains en Occident et l’octroi d’un statut temporaire en Israël à des milliers d’autres.

Le Bureau du Premier ministre est toujours en contact avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) sur l’accord, ayant échoué à trouver une autre solution viable concernant le sort d’environ 30 à 40 000 demandeurs d’asile africains, a annoncé la Dixième chaîne israélienne mercredi, et cherche à « améliorer » les conditions de l’accord.

Dans le cadre de l’accord annoncé le 2 avril, le HCR devait trouver des foyers dans les pays occidentaux pour 16 500 demandeurs d’asile, tandis qu’Israël devait accepter de donner un statut temporaire aux autres migrants – dont le nombre est également estimé autour de 16 500. Les Etats-Unis, le Canada, la Suède, l’Italie et l’Allemagne seraient parmi les pays prêts à accueillir ces migrants.

Quelques heures après avoir annoncé ce « meilleur accord » possible, pourtant, Netanyahu l’a gelé et puis annulé, sous la pression des certaines factions politiques et d’autres opposés à l’idée de voir Israël accueillir 16 500 migrants.

Des demandeurs d’asile africains quittant la prison de Saharonim dans le sud d’Israël où ils avaient été emprisonnés en raison de leur refus de quitter le pays, 15 avril 2018. (Hadas Parush/Flash90)

Israël a alors tenté de trouver un pays disposé à accueillir même des migrants expulsés de force, dont beaucoup venaient du Soudan et de l’Érythrée, envoyant un émissaire en Ouganda et négociant, semble-t-il, avec le Rwanda, en vain. La semaine dernière, l’État a déclaré à la Haute Cour qu’il annulait les projets d’expulsion forcée car il n’avait pas réussi à trouver un pays d’accueil.

Le reportage télévisé de mercredi soir indiquait que le bureau du Premier ministre souhaite que l’ONU organise la réinstallation d’un plus grand nombre de migrants, et ce plus rapidement que dans le plan quinquennal initial. Il a déclaré que le Conseil de sécurité nationale au sein du cabinet du Premier ministre s’occupait de la question. Celui-ci a refusé de commenter.

Le HCR a exhorté Israël à reconsidérer l’accord abandonné et a déclaré qu’il restait sur la table.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri annoncent un nouvel accord sur les réfugiés avec l’ONU, quelques heures avant de le suspendre, le 2 avril 2018 (Hadas Parush/Flash90).

« Chaque année, je prends des milliers de décisions au profit de l’État d’Israël et des citoyens israéliens. Parfois, une décision est prise qui doit être reconsidérée », a déclaré M. Netanyahu lors de l’annulation de l’accord le 3 avril, dans une réunion avec des militants anti-migrants du sud de Tel Aviv, où résident de nombreux migrants.

Netanyahu a déclaré qu’après avoir consulté les dirigeants militants, ainsi que le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, « j’ai décidé d’annuler l’accord. Malgré les limites juridiques et internationales croissantes, nous continuerons d’agir avec détermination jusqu’à épuiser toutes les options dont nous disposons pour expulser les infiltrés ».

L’après-midi précédent, lors d’une conférence de presse aux côtés de Deri, Netanyahu avait fait l’éloge de l’accord. « Cet accord permettra le départ d’Israël de 16 250 migrants vers des pays développés comme le Canada, l’Allemagne ou l’Italie », avait déclaré Netanyahu. D’autres rapports indiquaient que les Etats-Unis et la Suède pourraient en prendre un certain nombre.

Netanyahu a déclaré lors de cette conférence de presse qu’un plan antérieur visant à expulser les migrants vers le Rwanda et l’Ouganda n’était plus réalisable. Il a souligné que « des contraintes juridiques ainsi que des difficultés politiques de la part de [l’Ouganda et du Rwanda] » ont conduit à l’annulation des politiques d’expulsion précédentes.

Selon l’accord des Nations Unies, les demandeurs d’asile qui restent en Israël devaient être répartis dans des régions du pays en dehors du sud de Tel Aviv. Netanyahu s’est engagé à donner la priorité à la réhabilitation des quartiers du sud de Tel Aviv, parallèlement à la mise en œuvre de l’accord international.

Dans une vidéo Facebook faisant suite à son communiqué de presse, Netanyahu a déclaré que les migrants qui seraient autorisés à rester dans le pays seraient évacués de Tel Aviv et envoyés dans des kibboutzim, des villages agricoles et d’autres communautés.

Le HCR a confirmé l’accord dans un communiqué : « Un groupe de travail commun sera mis en place avec une série d’objectifs et un calendrier pour appliquer les solutions pour environ 39 000 personnes sur cinq ans ».

« En vertu de l’accord, le HCR, avec l’appui des pays d’accueil, s’efforcera de faciliter le départ vers des pays tiers de quelque 16 000 Érythréens et Soudanais dans le cadre de divers programmes, dont le parrainage, la réinstallation, le regroupement familial et les programmes de migration de main-d’œuvre, tandis que d’autres recevront un statut légal approprié en Israël « , indique le communiqué.

L’ancienne politique d’expulsion, qui offrait à chaque migrant 3 500 dollars et un billet d’avion, avait été condamnée par des activistes israéliens et les Nations-Unies comme étant chaotique, mal appliquée et dangereuse. Les demandeurs d’asile qui avaient auparavant été expulsés vers l’Ouganda et le Rwanda ont déclaré au Times of Israël qu’ils faisaient face à de sérieux dangers et même à de la prison après être arrivé en Afrique sans documents en bonne et due forme.

La Cour suprême a gelé les expulsions à la mi-mars en réponse à une pétition.

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