Netanyahu soutient Edelstein pour un nouveau mandat de président de la Knesset
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Netanyahu soutient Edelstein pour un nouveau mandat de président de la Knesset

Le Premier ministre a rencontré Kahlon, chef de Koulanou, et les négociateurs du Likud se sont entretenus avec le Shas, alors que les pourparlers reprennent après Pessah

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président de la Knesset Yuli Edelstein arrivent pour un événement conjoint organisé entre le parlement israélien et le congrès américain, célébrant le 50ème anniversaire de la réunification de Jérusalem à la Knesset, le 7 juin 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/ Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président de la Knesset Yuli Edelstein arrivent pour un événement conjoint organisé entre le parlement israélien et le congrès américain, célébrant le 50ème anniversaire de la réunification de Jérusalem à la Knesset, le 7 juin 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/ Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a soutenu, dimanche, le maintien de Yuli Edelstein, numéro 2 du Likud, au poste de président de la Knesset pour un troisième mandat consécutif alors que les pourparlers entre sa formation de droite et ses potentiels partenaires de coalition viennent de reprendre.

Netanyahu a fait part à Edelstein de son appui au cours d’une rencontre entre les deux hommes dimanche à Jérusalem, selon un communiqué. L’intéressé avait fait part de son désir de conserver son poste, qu’il occupe depuis 2013.

Ce soutien survient après quelques tensions qui avaient secoué les relations entre les deux hommes : pendant les primaires du Likud, au mois de février, Netanyahu s’était refusé à inclure Edelstein dans ses recommandations aux électeurs. Les partisans du Likud avaient toutefois ignoré cette rebuffade et avaient désigné le président de la Knesset comme principal candidat après Netanyahu.

Dimanche également, le Premier ministre et Moshe Kahlon, leader du parti Koulanou et actuel ministre des Finances, se sont entretenus pour la deuxième fois en quatre jours. Selon un communiqué du Likud, les deux responsables ont discuté de l’économie israélienne. Mais selon des informations retransmises à la télévision dimanche soir, ils auraient également évoqué le possible effondrement financier de l’Autorité palestinienne.

La semaine dernière, il avait été suggéré qu’une fusion entre Koulanou et le Likud était à l’ordre du jour d’une rencontre organisée jeudi. Kahlon serait toutefois peu enthousiaste face à cette possibilité qui n’aurait, par ailleurs, pas été évoquée pendant ces pourparlers.

Le chef des négociations du Likud chargé des entretiens préalables de coalition, le ministre Yariv Levin, a également rencontré des représentants du parti Shas – fort de huit sièges – pour la première fois, pour prendre connaissance de leurs demandes.

Selon le site d’information Walla, le parti ultra-orthodoxe, dirigé par Aryeh Deri, réclamerait les ministères de l’Intérieur, du Logement et des Affaires religieuses. Shas et YaHadout HaTorah – qui bénéficient de huit sièges chacun – sont les formations les plus importantes qui devraient siéger au gouvernement après le Likud et ses 35 députés.

Moshe Kahlon prend la parole lors d’une conférence à Jérusalem le 7 mai 2018 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90).

Netanyahu a rencontré les responsables de tous les partis qu’il souhaite intégrer au gouvernement : Yisrael Beytenu, Yahadout HaTorah, Shas, Koulanou et l’Union des partis de droite.

Si la formation devait entrer dans la nouvelle coalition, Koulanou – qui a remporté quatre sièges lors du scrutin – sera la plus petite faction à figurer au gouvernement. Malgré sa performance modeste, Kahlon a déclaré avec insistance vouloir conserver le ministère des Finances pour lui-même et maintenir le député Eli Cohen au poste de ministre de l’Economie.

Néanmoins, les exigences de Koulanou – une formation qui se concentre sur les questions économiques – devraient être un peu déçues face à celles qui seront présentées par les autres partenaires de coalition probables de Netanyahu.

Les négociations se sont largement interrompues au cours de la fête de Pessah. Netanyahu dispose de 28 jours seulement pour former une coalition – jusqu’à la mi-mai – et il a la possibilité de demander un délai supplémentaire au président Reuven Rivlin pour atteindre son objectif.

La semaine dernière, les négociateurs de Yisrael Beytenu et du Likud se sont rencontrés pour la première série de pourparlers. La formation d’Avigdor Liberman a soumis une liste de demandes dans les domaines de la sécurité et de l’immigration et sur des questions relatives à la religion et l’Etat.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à gauche), et le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, à la Knesset, le 24 octobre 2017. (Yonatan Sindel / Flash90)

Les différentes parties ne sont pas parvenues à un accord et ont annoncé qu’elles se rencontreraient à nouveau à une date ultérieure.

La question la plus délicate devrait être celle de la législation régulant – et limitant – les exemptions au service militaire pour les étudiants ultra-orthodoxes. Le laïc Liberman insiste sur le fait que le texte devra être approuvé sans ajout d’amendement, tandis que les partis ultra-orthodoxes ont indiqué qu’ils ne rejoindraient pas la coalition si elle était adoptée sans être amendée au préalable.

Yisrael Beytenu et les formations ultra-orthodoxes sont des acteurs déterminants pour Netanyahu dans la formation d’une coalition qui doit compter sur une majorité d’au moins 61 sièges au sein de la Knesset, forte de 120 membres.

Liberman a recommandé Netanyahu au poste de Premier ministre, cimentant ainsi la coalition de droite à 65 sièges. Mais sa formation détient cinq de ces sièges, ce qui est tout à fait suffisant pour placer Netanyahu au bord de l’effondrement s’il devait quitter la coalition – comme il l’avait fait au mois de novembre dernier à la suite d’un différend qui, selon lui, portait sur des désaccords avec le Premier ministre concernant la politique mise en vigueur vis-à-vis de Gaza. Son départ avait fait plonger la coalition de Netanyahu, qui reposait alors sur seulement 61 sièges.

L’Union des partis de droite réclame, pour sa part, les portefeuilles de la Justice et de l’Education, ainsi que des concessions législatives d’ampleur.

Bezalel Smotrich, de l’Union des partis de droite, a répété dimanche que sa formation voulait faire avancer une législation qui amenderait la loi qui assure l’immunité des députés contre les poursuites judiciaires. Actuellement, un député peut obtenir l’immunité si sa demande est acceptée par la majorité des parlementaires de la Knesset – à la Commission intérieure et en séance plénière. L’Union des partis de droite cherche à revenir à une version de la loi qui était en vigueur jusqu’en 2005, selon laquelle un député bénéficiait automatiquement d’une immunité à moins que la Commission interne et une majorité de députés ne votent pour sa levée.

Le député de l’Union nationale, Bezalel Smotrich, à la Cour suprême de Jérusalem, le 27 mars 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Smotrich a nié dimanche vouloir modifier la loi pour venir en aide à Netanyahu, sous la menace de plusieurs inculpations dans trois dossiers. « La loi sur l’immunité ne vise pas à servir le Premier ministre. Il ne s’agit pas de ça ici, et cette législation – ou un texte qui y ressemble – est nécessaire même si Netanyahu s’y oppose », a affirmé Smotrich. « C’est une loi qui veut servir le public et la démocratie israélienne, une loi qui a pour objectif de… permettre aux responsables élus de consacrer leur temps et leurs efforts à l’Etat, et non pas à des audiences au tribunal », a-t-il ajouté.

Une source, au sein du parti, a affirmé au Yedioth Ahronoth que Netanyahu pourrait, en fait, s’opposer à un tel texte qui le placerait en conflit ouvert avec le procureur de l’Etat. Mais le Yedioth a également noté que la présentation d’une telle législation par l’Union des partis de droite arriverait pour le Premier ministre à point nommé, en lui permettant de clamer qu’il n’en a pas été à l’initiative – tout en en bénéficiant potentiellement.

Netanyahu nie toutes les accusations de malversations et assure ne pas avoir besoin d’une quelconque immunité, ayant la certitude qu’il ne sera finalement pas inculpé. Néanmoins, pendant la campagne électorale, il s’est montré contradictoire sur le soutien qu’il apporterait à une telle initiative législative, notamment à une loi dite « française » qui lui assurerait l’immunité pendant tout son mandat de Premier ministre.

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