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Netanyahu: « Soyons clairs », Israël n’a pas l’intention de déplacer la population de Gaza

Le Premier ministre a noté que l'armée n'occupera pas la bande en permanence ; un député Likud confie que Netanyahu lui a dit être favorable à l'émigration volontaire

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un message sur la guerre entre Israël et le Hamas, le 10 janvier 2024. (Capture d'écran : Vidéo)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un message sur la guerre entre Israël et le Hamas, le 10 janvier 2024. (Capture d'écran : Vidéo)

Le Premier ministre a déclaré, mercredi soir, qu’Israël « n’a pas l’intention d’occuper Gaza en permanence ou de déplacer sa population civile », rejetant ainsi les appels lancés par les ministres de la ligne dure de son gouvernement à reconstruire les implantations israéliennes sur le territoire et à encourager l’émigration volontaire des Palestiniens.

Cette vidéo en anglais qui a été postée sur les réseaux sociaux a été diffusée la veille d’une audience de la Cour de Justice internationale de la Haye qui sera consacrée à un dossier initié par l’Afrique du sud, un dossier qui accuse Israël de commettre un génocide à Gaza.

« Soyons clairs et laissez-moi préciser certains points », a dit Netanyahu. « Israël n’a pas l’intention d’occuper Gaza en permanence ou de déplacer sa population civile. Israël combat les terroristes du Hamas, pas la population palestinienne, et nous le faisons en conformité totale avec le droit international ».

« Notre objectif est de débarrasser Gaza des terroristes du Hamas et de libérer nos otages. Une fois cet objectif atteint, la bande de Gaza pourra être démilitarisée et déradicalisée, ce qui offrira en conséquence la possibilité d’un meilleur avenir pour Israël comme pour les Palestiniens ».

Au même moment, un haut-membre du parti du Likud a tenu à insister, mercredi, sur le fait que Netanyahu avant précédemment exprimé son soutien à l’idée de l’émigration volontaire des Palestiniens de l’enclave côtière, excluant cette initiative face à l’opposition des États-Unis.

« Le Premier ministre m’a dit, il y a deux semaines et dans cette même pièce, que l’idée était bonne », a déclaré le député Danny Danon au Times of Israel, confirmant apparemment des informations antérieures qui avaient laissé entendre que le Premier ministre avait indiqué, lors d’une réunion de faction du Likud, qu’il œuvrait à faciliter le départ volontaire des civils à Gaza.

« Notre problème, c’est de trouver des pays désireux d’intégrer les Gazaouis et nous travaillons là-dessus », aurait ajouté Netanyahu alors qu’il répondait à une question posée par Danon, lors d’une rencontre hebdomadaire du parti au parlement.

« Nous avons eu une réunion de faction, il y a quelques semaines et je l’ai interrogé sur l’émigration volontaire des Gazaouis ; il m’a dit que c’était une bonne idée mais que ce n’était pas facile de trouver des pays qui les acceptent », a confirmé Danon, disant que pour lui, la volte-face du Premier ministre sur le sujet a été entraînée par les pressions américaines.

« Au cours des derniers jours et à cause des pressions subies de la part de quelques pays, il a fait savoir que ce n’était pas un positionnement du gouvernement et qu’Israël n’en faisait pas la promotion. [le secrétaire d’État américain Antony] Blinken a expliqué avoir obtenu des assurances à ce sujet », a continué le député.

Le Bureau du Premier ministre a refusé, pour sa part, de réagir aux paroles prononcées par Danon.

Pendant une conférence de presse qui a eu lieu à Tel Aviv, mardi, Blinken a déclaré aux journalistes que les civils palestiniens « ne doivent pas être poussés à quitter Gaza ». Il a ajouté que Netanyahu « m’a réaffirmé, aujourd’hui, que ce n’est pas une politique promue pour le gouvernement ».

Les responsables israéliens ont nié les informations qui avaient laissé entendre qu’Israël s’était engagé dans des négociations avec des nations étrangères de manière à ce qu’elles acceptent, sur leur territoire, des milliers d’immigrants originaires de Gaza – et le porte-parole du gouvernement, Eylon Levy, a qualifié ces accusations établissant que l’État juif cherchait à faire partir les résidents de la bande de « scandaleuses et mensongères ».

Danon — qui a fait de « la facilitation de l’émigration volontaire des Gazaouis désireux de partir se réinstaller ailleurs » l’un des piliers du plan qu’il a proposé pour l’après-guerre – a expliqué qu’un certain nombre d’ambassadeurs étrangers avaient fait part « d’une grande inquiétude concernant l’idée d’une émigration volontaire » pendant une table ronde diplomatique consacrée au lendemain de la guerre à Gaza qui était organisée par ses soins et coparrainée par le député Ram Ben-Barak, de Yesh Atid, mercredi.

Danon a dit que les diplomates avaient affirmé que « pendant la guerre, avec la destruction d’un si grand nombre d’habitations, ce ne peut pas être volontaire ».

« Je leur ai répondu que nous pouvions attendre mais que je pensais que ce n’était pas quelque chose d’humanitaire de dire à la population de Gaza que jamais elle n’obtiendra la permission de se réinstaller ailleurs », a-t-il noté – un argument qu’il avait déjà présenté récemment dans une opinion écrite avec Ben-Barak et qui avait été publiée dans le Wall Street Journal.

S’adressant aux diplomates, mercredi, Ben-Barak a souligné que « Gaza appartient de plein droit à ses résidents », une déclaration conforme avec ce qu’il avait dit auparavant : « Les résidents de Gaza doivent pouvoir… choisir s’ils veulent rester ou non à Gaza ».

Cet ancien directeur-adjoint du Mossad a cherché à se différencier, avec Danon, du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir et du ministre des Finances Bezalel Smotrich. Ces deux derniers ont appelé de manière répétée à « l’émigration volontaire » des civils de Gaza, s’attirant les critiques des ministres du cabinet et des gouvernements étrangers.

Dans un tweet qui avait suivi les critiques lancées à l’encontre de son Opinion parue dans le WSJ, Ben-Barak avait affirmé avoir été mal compris, disant que « les Palestiniens « doivent être autorisés  » et je le souligne, ‘autorisés’ – à choisir s’ils veulent rester à Gaza et espérer que Gaza sera un meilleur lieu où vivre sous un régime qui se préoccupera du bien-être des résidents et de leur qualité de vie ».

« Ce qui est très exactement le contraire de l’approche du transfert », avait-il ajouté.

Ben Gvir est un disciple de feu le rabbin Meir Kahane, qui prônait l’expulsion de tous les Arabes d’Israël et de Cisjordanie. Il a appelé à encourager « l’émigration de centaines de milliers de personnes de Gaza ».

Smotrich, pour sa part, a récemment affirmé que « une politique de déplacement est nécessaire » parce « qu’un petit pays comme le nôtre ne peut pas se permettre de vivre dans une réalité où, à quatre minutes de nos communautés, il y a un foyer de haine et de terrorisme où deux millions de personnes se réveillent, tous les matins, en aspirant à la destruction de l’État d’Israël et avec un désir de massacrer, de violer et d’assassiner des Juifs partout où ils se trouvent ».

Les ministres d’extrême-droite Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, à la Knesset le 29 décembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Alors qu’il y a « un fort soutien à l’émigration parmi les députés du Likud, nous comprenons également quelles seraient les répercussions diplomatiques d’un tel projet et nous laissons donc le Premier ministre ouvrir la voie sur ce sujet », a expliqué un autre parlementaire du Likud, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat pour évoquer la dynamique intérieure du parti.

« Nous vivons dans un monde globalisé et même si c’est quelque chose qui, à nos yeux, est une bonne solution, nous ne sommes pas seuls sur cette planète », a-t-il ajouté, déclarant que la proposition de Danon et de Ben-Barak « est différente de celle de Smotrich et de Ben Gvir. Je ne pense pas qu’il y ait de soutien, au Likud, pour ces choses dont parle Smotrich – comme de payer les gens pour qu’ils s’en aillent. »

Le gouvernement de Netanyahu a affiché sa réticence à l’idée de rendre public un plan pour l’après-guerre à Gaza et une réunion qui était consacrée à ce sujet, la semaine dernière, s’est soldée par une querelle virulente entre les ministres et les hauts-responsables militaires.

Prenant la parole lors de la réunion des diplomates qui était organisée mercredi à la Knesset, l’ambassadeur français Frédéric Journès a fait part de sa préoccupation sur l’avenir de Gaza, rappelant l’occupation, par les États-Unis, de l’Afghanistan et de l’Irak.

« Le génie social n’est pas quelque chose de facile », a-t-il déclaré.

Afin d’atteindre un tel objectif, a dit l’envoyé roumain, Radu Ioanid, ancien responsable du Musée de commémoration de la Shoah américain, un programme de « dé-Hamasification » similaire au programme de « dénazification » qui avait été mené par les alliés en Allemagne, après la Seconde Guerre mondiale, pourrait s’avérer être nécessaire.

Shalom Yerushalmi a contribué à cet article.

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