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New York : Un musicien israélien donne un second souffle à l’office du vendredi soir

Le chanteur laïc David Broza a eu une illumination en lisant d'anciennes prières pour son nouvel album "Tefila", commandé par la Synagogue Emanu-El pour attirer un nouveau public

Tefila" met en vedette David Broza à la guitare et au chant, le Chœur Moran à 25 voix d'Israël, des chanteurs de gospel de New York et, à la basse, l'Israélo-Américain Omer Avital, qui a également réalisé les orchestrations. (Crédit: Avec l'aimable autorisation du Temple Emanu-El/ via JTA)
Tefila" met en vedette David Broza à la guitare et au chant, le Chœur Moran à 25 voix d'Israël, des chanteurs de gospel de New York et, à la basse, l'Israélo-Américain Omer Avital, qui a également réalisé les orchestrations. (Crédit: Avec l'aimable autorisation du Temple Emanu-El/ via JTA)

New York Jewish Week – Lorsque Gady Levy, le directeur exécutif de la synagogue Emanu-El Streicker Center, a proposé à l’auteur-compositeur-interprète israélien David Broza de composer une nouvelle musique pour le service du shabbat du vendredi soir, le musicien s’est montré sceptique.

Ma première réaction a été de dire : « Je ne pense pas être la bonne personne – quelqu’un d’autre qui connaît mieux la prière sera plus adéquate », a déclaré David Broza au New York Jewish Week. Pour un Israélien laïc comme lui, le vendredi soir était consacré aux repas en famille, et non à l’office méditatif d’une heure à la synagogue, connu sous le nom de Kabbalat Shabbat.

Mais comme beaucoup d’artistes confinés pendant la pandémie, Broza a réalisé que le fait d’être coincé chez lui l’obligeait à sortir des sentiers battus.

« Une fois que j’ai ouvert l’email [de Levy] et que j’ai commencé à lire les prières, j’ai été immédiatement inspiré par tant de poésie », a déclaré Broza, âgé de 66 ans. « J’ai pris ma guitare, je me suis assis devant la prose ; ma muse s’est aussitôt mise à m’inspirer. Il ne m’a fallu que 14 jours pour composer les 14 prières. »

C’est ainsi que « Tefila » est né, un nouvel album de musique pour Kabbalat Shabbat, ainsi que la pièce maîtresse d’une nouvelle expérience du service du vendredi soir à Emanu-El visant à attirer un nouveau public à partir du 6 mai. Le centre Streicker, la branche éducative et de sensibilisation de la première congrégation réformée de la ville de New York et de sa plus grande synagogue, a fait appel à David Broza pour ce que Levy appelle une chance de « réenvisager » le shabbat pour une cohorte qui, autrement, ne viendrait peut-être pas à la synagogue.

« J’aime le fait que David ne vienne pas d’un milieu religieux », a déclaré Levy. « Nous avons pensé que cela lui permettrait d’envisager les choses d’un angle de vue différent, et nous l’avons laissé faire. »

« Tefila », qui signifie « prière » en hébreu, offre de nouvelles mises en scène pour certaines des prières et des hymnes les plus familières de la liturgie juive – et, pour les habitués de la synagogue, certaines des plus sacro-saintes. Les mélodies entendues lors d’un office du vendredi soir typique peuvent aller de la hazzanut, ou musique cantorale, d’origine européenne, aux airs et accents folkloriques des compositeurs de la fin du XXe siècle, Debbie Friedman et Shlomo Carlebach.

Lorsqu’on lui demande s’il a étudié une partie de ce canon, Broza répond qu’il s’est concentré sur l’essence du texte de prière.

« Dès le début, je me suis plongé dans la poésie, les prières ; j’avais l’intention d’écrire de nouvelles mélodies pour ces prières traditionnelles, dont certaines ont des mélodies très anciennes », a-t-il déclaré. « L’écriture hébraïque m’a littéralement éclairé et m’a guidé vers de nouveaux lieux musicaux. »

Pour le public hors d’Israël, Broza peut être comparé aux artistes américains avec lesquels il a joué et collaboré tels que Jackson Brown, Steve Earle ou le regretté Townes Van Zandt, auteur-compositeur country culte.

Mais sur plus de 40 albums, il s’aventure hors du territoire des auteurs-compositeurs-interprètes pour explorer la musique du monde.

« Tefila » est un répertoire de ces influences, qui commence par un « Shalom Aleichem » aux accents de bossanova. « Barchu » commence par une trompette de corrida (Broza a sorti plusieurs albums en espagnol) et s’envole rapidement vers le free jazz. Son « Lecha Dodi » – une salutation de la « fiancée du sabbat » qui est peut-être le point culminant émotionnellement parlant de l’office du vendredi soir – sonne comme un voyage du flamenco à Bertolt Brecht en passant par la scène de Broadway.

« En acceptant ce projet, j’ai imaginé un ensemble de prières d’une heure qui captiverait le public », a déclaré Broza.

Outre Broza à la guitare et au chant, le Chœur Moran à 25 voix d’Israël, des chanteurs de gospel de New York et, à la basse, l’Israélo-Américain Omer Avital, qui a également réalisé les orchestrations, ont participé à l’élaboration de l’album.

« Je voulais que ce soit inspirant pour moi et donc pour le public », a déclaré Broza.

« Tefila » et le projet Friday Night Hub font partie d’une nouvelle initiative majeure d’Emanu-El pour toucher de nouveaux publics : peu avant sa mort en mars, le président sortant de la synagogue, John Harrison Streicker, a fait don de 10 millions de dollars qui se sont ajoutés au fond déjà existant de 15 millions de dollars pour des efforts visant à atteindre les jeunes juifs, les familles non affiliées et d’autres personnes que Levy appelle les « curieux ».

Le rabbinat a validé le projet, et le rabbin Joshua Davidson de la synagogue Emanu-El prendra part au Hub.

J’espère que les gens m’appelleront et me diront : « Je n’arrive pas à croire que nous sommes vendredi soir », a déclaré Levy, qui a ajouté que pour certains « curieux », la synagogue traditionnelle peut sembler un endroit « effrayant ». « Ce que nous voulons vraiment faire, c’est ce que chaque organisation cherche à atteindre depuis longtemps, à savoir pousser des gens qui n’iraient pas autrement à un événement juif, un événement social qui est aussi un service. »

Même si Broza – qui partage son temps entre New York et Tel Aviv – dirigera un grand nombre des Friday Night Hubs, Levy espère que le projet s’étendra au delà d’un seul interprète ou d’une seule synagogue.

« Mon objectif est également que d’autres synagogues du pays utilisent cette musique », et ce gratuitement, a déclaré Levy. « J’espère que David voyagera et permettra à d’autres synagogues d’utiliser ses mélodies. Si nous réussissons, ce sera la réussite de tous. »

Le premier Friday Night Hub, destiné aux personnes entre 21 et 39 ans, aura lieu le 6 mai à 20 heures, à la Synagogue Emanu-El, 1 E 65th Street à Manhattan. Au son de l’album de David Broza, les fidèles pourront profiter d’un oneg Shabbat préparé par le chef israélo-américain Michael Solomonov et une apparition de l’auteur-compositeur Emily Bear, dont « The Unofficial Bridgerton Musical » a remporté le Grammy Award du meilleur album de théâtre musical.

Inscription et pass vaccinal complet exigés. Pour plus de détails, cliquez ici.

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