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Ni Aolain fustige la séparation « systématique » des garçons dans les camps syriens

De retour d'une visite en Syrie, l'experte de l'ONU a dénoncé cette pratique justifiée par "le risque sécuritaire non-démontré que feraient courir les garçons à l'adolescence"

Des enfants réfugiés arrivant à la frontière turque alors que des Syriens fuyant la ville assiégée d'Alep attendent pour passer la frontière, à Bab al-Salama, près de la ville d'Azaz, au nord de la Syrie,  le 6 février 2016. (Crédit : Bulent Kilic/AFP)
Des enfants réfugiés arrivant à la frontière turque alors que des Syriens fuyant la ville assiégée d'Alep attendent pour passer la frontière, à Bab al-Salama, près de la ville d'Azaz, au nord de la Syrie, le 6 février 2016. (Crédit : Bulent Kilic/AFP)

Les adolescents garçons sont systématiquement séparés de leurs mères dans les camps de détention du nord-est de la Syrie, ce qui leur cause des dommages irréparables et constitue une « violation des lois internationales », a dénoncé vendredi une experte de l’ONU.

De retour d’une visite de cinq jours en Syrie, Fionnuala Ni Aolain a déclaré à des journalistes à Genève avoir observé que « des centaines d’adolescents garçons étaient séparés de leurs mères sans aucune base légale ».

« Cela concerne tout particulièrement les ressortissants d’autres pays que la Syrie et l’Irak », a-t-elle précisé.

Cette pratique est justifiée par « le risque sécuritaire non démontré que feraient courir les enfants garçons lorsqu’ils atteignent l’âge de l’adolescence », a-t-elle expliqué, assurant avoir vu des enfants de seulement 11 ans séparés de leur mère.

« Tous les enfants que j’ai rencontrés étaient visiblement traumatisés par la séparation », a-t-elle indiqué, soulignant que cette « pratique systématique des séparations forcées (…) était une violation évidente des lois internationales ».

Ni Aolain, rapporteuse spéciale de l’ONU sur la promotion et la protection des droits de l’Homme dans la lutte anti-terroriste, est la première experte en droits humains des Nations unies à avoir eu accès aux camps de détention et aux prisons du nord-est de la Syrie, contrôlé par les Kurdes.

On estime que 52 000 jihadistes et membres de leurs familles, de 57 nationalités différentes, sont actuellement détenus dans les camps surpeuplés d’al-Hol et de Roj, où la violence est endémique et les privations nombreuses.

60 % d’entre eux sont mineurs, et la plupart ont moins de 12 ans, a affirmé Ni Aolain.

Si elle reconnaît que la situation locale est très complexe sur le plan politique et sécuritaire, l’experte estime que cela ne justifie en rien « la détention massive, arbitraire et pour un temps indéterminé d’enfants ».

Leur rapatriement doit être organisé « de façon urgente », a-t-elle insisté, soulignant qu’au côté des autorités locales, soutenues par les États-Unis, tous les pays d’origine de ces enfants portaient la responsabilité des violations des droits humains qui s’y produisent.

Les pays occidentaux font face à des critiques croissantes pour leur refus de rapatrier davantage de leurs ressortissants partis en Irak et en Syrie pour rejoindre les groupes jihadistes comme l’organisation terroriste État islamique.

Il y a eu « un certain mouvement positif », les camps ayant compté jusqu’à 70 0000 prisonniers au maximum, mais au rythme actuel des rapatriements, ils « resteront ouverts au minimum pour 20 ans » supplémentaires, a averti Ni Aolain.

« Pensez à ce que cela signifie pour un enfant de deux ans qui vit actuellement dans l’un de ces endroits. Il semble n’y avoir pas de prise de conscience que cela enfreint absolument les lois internationales de retenir prisonnier des enfants pour ce qui semble être une période interminable, du berceau jusqu’à la tombe », s’est-elle indignée.

Les pays d’origine ne rapatriant généralement que les femmes et les enfants, cela signifie que les garçons ayant atteint un certain âge n’auront probablement nulle part où aller, a observé l’experte.

Elle a aussi souligné le manque de logique de cette pratique de séparation du point de vue de la sécurité, alors que certains hommes adultes sont autorisés à rester dans le camp avec le reste de la population de prisonniers.

L’experte a par ailleurs dénoncé le fait qu’elle n’a pas eu accès à « l’Annexe » du camp d’al-Hol, où sont retenus 10 000 étrangers.

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