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Nir Orbach, fossoyeur de la coalition précédente, à la tête d’un service identitaire

Chargé de superviser les programmes scolaires, ce service est une idée du ministre d'extrême droite Avi Maoz, qui n'est pas « dans une logique de règlement de compte » avec Orbach

Le député de Yamina Nir Orbach lors d'une réunion de la commission des Arrangements à la Knesset, le 21 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le député de Yamina Nir Orbach lors d'une réunion de la commission des Arrangements à la Knesset, le 21 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le vice-ministre d’extrême droite Avi Maoz a annoncé, jeudi, la création du Service de l’identité nationale juive, à la tête duquel il a nommé un ex-député de droite de la précédente coalition, responsable de l’éviction de Benjamin Netanyahu du pouvoir. Il jouera finalement jouer un rôle essentiel dans la chute de ce gouvernement et le retour de Netanyahu sur le devant de la scène.

Élu député sous les couleurs de Yamina, le parti de l’ex-Premier ministre Naftali Bennett, de 2021 à 2022, Nir Orbach prend aujourd’hui la direction du service de surveillance des prestataires de services éducatifs des écoles publiques pour le compte de l’ultraconservateur et anti-LGBTQ Maoz.

Unique député du parti Noam, Maoz avait démissionné en début d’année de son poste de vice-ministre du Cabinet du Premier ministre, au motif que Netanyahu refusait de tenir sa promesse de créer un service de l’identité juive. En mai, il retrouvait son poste et 285 millions de shekels de budget, en vertu d’un accord pour s’assurer de son plein appui au projet de loi de finances 2023-2024.

Maoz, notamment par le biais son parti Noam, affiche ouvertement son opposition aux personnes LGBT, au pluralisme et aux féministes, au grand dam des politiciens et organisations opposés au contrôle des prestataires de services éducatifs qui viennent enrichir les programmes des écoles publiques.

En 2022, Orbach avait claqué la porte de la coalition de huit partis emmenée par le chef de son parti, Bennett, la laissant en minorité à la Knesset.

A l’instar de celui de sa collègue députée de Yamina, Idit Silman – qui avait démissionné en avril pour rejoindre les rangs du Likud de Netanyahu, dont elle est aujourd’hui la ministre de l’environnement – le départ d’Orbach a été le déclencheur de la chute du précédent gouvernement. Yair Lapid avait alors succédé à Bennett et dirigé le gouvernement par intérim jusqu’à la victoire, aux élections du mois de novembre dernier, de la coalition des partis de droite, d’extrême droite et haredim emmenée par Netanyahu.

Orbach avait à l’époque déclaré que la coalition prenait « une direction problématique », suite au refus des députés arabes de la coalition – Mazen Ghanaim (Raam) et Ghaida Rinawie Zoabi (Meretz) – de voter la prorogation du dispositif déjà ancien permettant d’appliquer le droit israélien aux résidents d’implantations de Cisjordanie.

Orbach avait annoncé son retrait de la vie politique en septembre dernier.

Le Premier ministre Naftali Bennett (à gauche) s’entretient avec le député Yamina Nir Orbach à la Knesset, le 11 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Jeudi, Orbach a déclaré par communiqué que les fonctions qui lui étaient confiées relevaient d’une « mission publique d’importance, surtout en ces temps difficiles, marqués par les divisions de la société israélienne ». Il a ajouté que son service « ferait en sorte d’aplanir les différends et placer le plus petit dénominateur commun – à savoir l’identité juive – au cœur du renforcement de l’unité et de la résilience de la nation d’Israël ».

« Les valeurs juives font l’objet d’un consensus. Je suis persuadé qu’il est possible d’agir, ensemble, pour répandre l’amour du peuple juif », a-t-il ajouté.

Dans une déclaration destinée à sa base politique, Maoz s’est dit « conscient de la surprise, voire de l’indignation » que pourrait causer la nomination d’un homme qui a « activement participé » à la formation et au fonctionnement du précédent « gouvernement de triste mémoire ».

« J’ai critiqué Nir Orbach à plusieurs reprises », a rappelé Maoz, ajoutant même avoir organisé des manifestations devant son domicile.

« Je ne suis pas dans une logique de règlement de comptes ou de punition », s’est-il empressé de préciser.

Maoz a déclaré qu’Orbach « mettra en œuvre notre programme, à savoir le renforcement de l’identité juive de l’État d’Israël, qui nous anime tous ». Il a ajouté qu’il collaborerait avec l’ensemble des ministères pour « aplanir les difficultés, faire avancer les projets et assurer le déblocage des lignes budgétaires nécessaires à la mise en œuvre de tous les projets ».

Le député Avi Maoz, à gauche, et le chef du Likud, Benjamin Netanyahu, après avoir signé un accord de coalition, le 27 novembre 2022. (Crédit : Likud)

Ce nouveau service créé par Maoz supervisera Gefen, l’ensemble des fournisseurs autorisés et subventionnés par le ministère de l’Éducation, qui mettent en œuvre plus de 20 000 programmes accessibles aux écoles publiques. Allant de l’éducation sexuelle à la préparation à la bar mitzvah en passant par l’agriculture, ces prestataires externes contribuent de manière importante à l’enseignement public.

Le surnom de ce nouveau service devrait être « Shaveh », mot hébreu qui signifie « équivalent » ou « digne », le titre complet étant « Transparence et information des parents ».

L’un des principaux objectifs de Maoz est de communiquer aux parents des informations sur les contenus des programmes éducatifs, l’identité des prestataires et leur mode de financement. Certains programmes sont en effet subventionnés par le ministère de l’Éducation, mais d’autres sont financés par des donateurs – selon Maoz, des entités étrangères -.

En plus de « la transparence envers les parents », le Service de l’identité juive de Maoz aura trois objectifs, selon les termes un peu vagues de la décision officielle du gouvernement.

Il « renforcera également l’identité juive » au moyen de projets de recherche et des subventions, « aidera les établissements scolaires » sur la question de l’identité juive et publiera des informations sur « l’approfondissement et le renforcement de l’identité nationale juive ».

Plusieurs maires, dont ceux de Hod HaSharon et Givatayim, dans le centre du pays, ont fait savoir que leurs écoles ne travailleraient pas avec le service de Maoz.

Maoz a – encore récemment – demandé l’interdiction des défilés de la Gay Pride, le rétablissement des termes « mère » et « père » sur les formulaires officiels, au lieu de « parent » et l’autorisation des thérapies de conversion des homosexuels, aujourd’hui interdite et grandement remise en cause.

Carrie Keller-Lynn a contribué à cet article.

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