Noga Erez et Ori Rousso se confient dans le nouveau documentaire « Noga »
Ce film très attendu sur le duo de musique indie, réalisé par Benji et Jono Bergmann, a été projeté au Festival du film de Jérusalem
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Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Présenté la semaine dernière au Festival du film de Jérusalem, le documentaire « Noga » répond aux nombreuses questions que les fans pouvaient se poser au sujet de Noga Erez et d’Ori Rousso, son partenaire sur la scène et dans la vie. Ensemble, Erez et Rousso se produisent sous le nom d’Erez.
Ce film de 95 minutes dévoile de nombreux aspects de la vie d’Erez et de Rousso, depuis leur manière d’écrire leurs chansons et leurs prestations scéniques jusqu’aux épreuves douloureuses qu’ils ont traversées au cours de leurs onze années de relation, et notamment les trois dernières années, marquées par la guerre et le traumatisme national. À l’issue de la projection, le duo a d’ailleurs demandé au public de les aider à « rétablir l’équilibre ».
« Maintenant que vous connaissez tous les détails intimes de notre vie et bien plus encore, nous aimerions que chacun raconte quelque chose sur lui-même », ont-ils plaisanté depuis la scène à la fin du film.
Le film a été projeté en avant-première à la mi-juin au Festival du film de Tribeca, à New York, avant d’être présenté au Festival international du film de Munich.
Les réalisateurs, les frères autrichiens Jono et Benji Bergmann, ont commencé à filmer le couple il y a cinq ans. Ils montrent des échanges intimes et révélateurs entre Erez et Rousso au sujet de leur relation, notamment leurs réflexions quant à la décision d’avoir un enfant – Erez et Rousso sont désormais les parents d’une petite fille en bas âge.
Les frères Bergmann ont souligné vendredi que « Noga » est leur premier film tourné en temps réel. Son orientation, ont-ils ajouté, a évolué au cours des cinq années qu’a duré sa réalisation, en particulier après l’attaque meurtrière perpétrée par le Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023, au cours de laquelle plus de 1 200 personnes ont été tuées et 251 autres ont été prises en otage.
Le documentaire retrace l’ascension vers la célébrité du duo avant le 7-Octobre : Erez et Rousso ont notamment reçu les éloges de Billie Eilish, collaboré avec Missy Elliott, assuré la première partie de Florence + the Machine au Madison Square Garden, et se sont produits aux côtés de Robbie Williams lors de son concert à Tel Aviv.
Le film prend ensuite un tournant radical. Les réalisateurs filment le couple participant à des manifestations de soutien aux otages et à des rassemblements antigouvernementaux. Ils montrent également le premier concert du duo en Israël après le 7-Octobre, moment où eux-mêmes et leurs fans israéliens cherchaient à retrouver un semblant de normalité en se laissant aller, le temps d’un spectacle. Enfin, ils les suivent en tournée, alors qu’ils se produisent dans des festivals et des salles du monde entier, accueillis par des cris et des slogans anti-israéliens.
Erez, Rousso et leurs musiciens ont continué à donner des concerts aux quatre coins du monde, dans un contexte de haine anti-israélienne toujours plus virulente.
Erez revient sur de nombreux aspects de ce parcours dans ce documentaire entièrement en hébreu et sous-titré en anglais.
Elle évoque son profond désir de réussir en tant que musicienne en dehors d’Israël – une tâche qui s’est considérablement compliquée après le 7-Octobre et le boycott culturel lancé contre les artistes israéliens.
Elle raconte comment elle et Rousso, qui souhaitent simplement faire de la musique, sont sans cesse contraints, dans « 90 % » de leurs interviews et rencontres, de parler de la politique israélienne.
Au cours du film, Erez déclare : « Je suis mise au ban en Israël parce que je suis trop critique, et à l’étranger parce que je ne soutiens pas assez les Palestiniens. »
Si tous deux souhaitent partager leur histoire avec la musique, la politique occupe néanmoins une place importante dans leurs textes aux accents de rap.
Tout au long de la composition et de l’enregistrement de leurs cinq albums (dont les noms sont ceux des cinq chapitres qui composent le film, selon la structure choisie par les Bergmann), Erez et Rousso, entre leurs tournées, sont régulièrement rentrés en Israël. Pour eux, c’est une évidence : c’est leur public israélien qui leur permet de rester concentrés et sereins.
Lors du débat qui a suivi la projection de vendredi, les réalisateurs ont souligné que le monde s’était « complètement transformé » au cours des cinq années qu’a duré la réalisation du film.
« Tout était inédit et imprévisible, mais une chose est restée constante », a déclaré Jono Bergmann. « C’est l’histoire de Noga et Ori, de leur collaboration et de leur relation. »
À bien des égards, ont expliqué les réalisateurs, le partenariat créatif et personnel d’Erez et Rousso fait écho à celui qui les lie en tant que frères, illustrant la manière dont le travail collectif et l’amour peuvent se fondre dans le processus de création.
« D’une certaine manière, chacune des scènes traite de cette thématique », a ajouté Jono Bergmann.
« Il est très important pour nous de présenter ce film ici », a précisé Benji Bergmann. « C’est un lieu particulièrement significatif. »
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