Nouvel élément dans l’affaire de la fillette éthiopienne, Haymanut Kasau, disparue
L'unité cynophile de la police a annoncé en novembre reprendre ses recherches dans cette zone pour retrouver la petite mais aussi trois hommes et un adolescent disparus ces huit dernières années
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La disparition de Haymanut Kasau, fillette de 9 ans dont la famille est sans nouvelles depuis près de deux ans, revient à la une des médias israéliens après avoir été occultée par la crise des otages à Gaza.
Depuis mercredi soir, cette affaire qui avait suscité une vive émotion dans le pays début 2024, a fait l’ouverture de tous les journaux télévisés et les grands titres de la presse internet et papier après des informations, non confirmées par la police, sur l’arrestation d’un suspect.
La fillette, arrivée d’Ethiopie avec ses parents en 2021, a été vue la dernière fois le 25 février 2024 au soir près du centre d’intégration pour nouveaux immigrants de Safed (nord).
La police et des bénévoles ont fait des recherches dans la zone dans les semaines qui ont suivi sa disparition, puis de nouveau plus récemment mais sans résultat tangible.
Selon la chaîne de télévision N12, à la suite d’une agression cette semaine sur une jeune fille d’origine éthiopienne à Beer Sheva (sud), un suspect a été arrêté et entendu dans le cadre de la disparition de la petite Haymanut.
Interrogée, le visage flouté par la télévision, cette jeune fille de 12 ans a dit qu’elle connaissait l’homme qui a tenté de l’agresser, chez elle, en l’absence de ses parents. Elle l’aurait croisé lors de son passage par le centre d’intégration de Safed, où elle a côtoyé la jeune disparue.
Les autorités ont interdit la divulgation d’informations sur les détails de l’enquête. La police israélienne n’a pas répondu à une demande de l’AFP souhaitant obtenir confirmation des informations publiées dans la presse israélienne.
L’avocat du suspect, Ran Alon, interrogé par la chaîne N12, a assuré que son client était « une personne sans antécédents judiciaires et menant une vie normale ».
Le 1er décembre, lors d’une réunion parlementaire consacrée à cette affaire, la famille a demandé au Shin Bet, l’Agence de la sécurité intérieure, de prendre la suite de l’enquête et de qualifier sa disparition d’enlèvement.
Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir a annoncé le même jour qu’il allait demander au Shin Bet d’envisager de répondre à cette demande, qui donnerait plus de moyens pour la retrouver.
« Je n’en peux plus des paroles, il est possible que la police a fait beaucoup de recherches mais le résultat est qu’il n’y a pas le moindre indice indiquant où est ma fille », avait déclaré devant des députés le père de la fillette, Tafsaï Kasau.
« La police a fait tout ce qu’elle pouvait », lui a assuré le commissaire divisionnaire Avi Ayache : « En 26 ans d’ancienneté, je n’ai jamais autant vu d’actions entreprises pour retrouver une personne disparue. »
Les trois députés d’origine éthiopienne siégeant au Parlement ont à plusieurs reprises accusé les autorités de ne pas en avoir fait assez pour résoudre cette affaire.
Racisme et discriminations
« Je ne sais pas si c’est à cause de la couleur de notre peau mais nous voulons comprendre pourquoi nous n’avons toujours pas de réponses », a déclaré en novembre une tante de la fillette, interrogée par le site d’information Ynet.
La famille a aussi demandé que la photo de la petite soit diffusée dans tout le pays « comme l’ont été les photos des otages à Gaza ».
La presse locale et les réseaux sociaux évoquent d’autres disparitions inquiétantes dans la région de Safed, qualifiée parfois de « triangle des Bermudes israélien ».
L’unité cynophile de la police a annoncé en novembre reprendre ses recherches dans cette zone pour retrouver la petite Haymanut mais aussi trois hommes et un adolescent disparus au cours des huit dernières années.
Descendant de communautés restées coupées des autres juifs pendant des siècles et reconnues tardivement par le rabbinat d’Israël, 80 000 Ethiopiens, se désignant comme « Beta Israel » (« Maison d’Israël »), sont arrivés dans le pays en 1984 et 1991, via deux ponts aériens organisés par les autorités israéliennes.
La communauté juive éthiopienne compte environ 177 000 membres en Israël, dont près de 84 000 nés dans le pays, selon la dernière estimation officielle disponible.
Ces dernières années, ils ont organisé une série de manifestations pour dénoncer le racisme et les discriminations auxquels ils disent être exposés.
la Communauté du Times of Israël !







