Novichok : Le Royaume-Uni, mécontent de la condamnation par Israël
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Novichok : Le Royaume-Uni, mécontent de la condamnation par Israël

Londres espère des "déclarations fortes de la part de tous les alliés" après une réaction tiède de Jérusalem qui ne mentionne pas la Russie

Des militaires britanniques portant une combinaison de protection travaillent pour évacuer un véhicule lié à l'attaque de l'agent neurotoxique du 4 mars à Salisbury, dans le sud-est de l'Angleterre, le 14 mars 2018. (Adrian DENNIS/AFP)
Des militaires britanniques portant une combinaison de protection travaillent pour évacuer un véhicule lié à l'attaque de l'agent neurotoxique du 4 mars à Salisbury, dans le sud-est de l'Angleterre, le 14 mars 2018. (Adrian DENNIS/AFP)

Les diplomates britanniques cherchent à obtenir d’Israël une condamnation plus ferme de l’attaque de l’agent neurotoxique contre l’ancien espion russe Sergei Skripal et sa fille Yulia, plus tôt ce mois-ci, après que la déclaration tardive d’Israël a omis de mentionner la Russie ou même l’incident.

Selon les médias israéliens, Londres est insatisfait de la réaction israélienne à l’attaque.

« Nous attendons des déclarations fortes de soutien de la part de tous nos partenaires proches, y compris Israël », a déclaré mardi l’ambassade du Royaume-Uni en Israël, en référence apparente au mécontentement face à la condamnation d’Israël.

Le 4 mars, Skripal, autrefois agent double russe, ainsi que sa fille Yulia et un policier britannique, ont été empoisonnés avec un agent neurotoxique rare et puissant. Skripal et sa fille demeurent dans un état critique, tandis que le policier est dans un état grave.

Dans un communiqué du 15 mars, le ministère des Affaires étrangères de Jérusalem a condamné ce qu’il n’a appelé que « l’événement qui s’est produit en Grande-Bretagne ».

« Israël considère avec gravité l’événement qui s’est produit en Grande-Bretagne et le condamne vigoureusement », a déclaré le ministère des Affaires étrangères. « Nous espérons que la communauté internationale coopérera pour éviter de tels événements. »

La déclaration formulée de manière vague par Israël a tranché avec les déclarations faites par d’autres alliés britanniques, qui ont identifié la Russie comme étant derrière tout cela.

Les dirigeants du Royaume-Uni, des États-Unis, de la France et de l’Allemagne ont imputé la tentative d’assassinat à la Russie. Moscou nie être la source de l’agent neurotoxique qui a empoisonné les Skripals.

Selon les médias de Kan et de la Dixième chaîne, le ministère des Affaires étrangères n’a publié sa déclaration qu’à la suite d’une demande directe de l’ambassadeur britannique en Israël aux hauts fonctionnaires du cabinet du Premier ministre un jour plus tôt.

Israël aurait craint la colère de Moscou, qui joue un rôle majeur dans la guerre civile syrienne. Lundi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a félicité le président russe Vladimir Poutine pour sa victoire électorale, évitant de critiquer le vote, comme l’ont fait de nombreux autres pays occidentaux.

La semaine dernière, la Grande-Bretagne a expulsé 23 diplomates russes du Royaume-Uni, coupé les contacts de haut niveau avec Moscou, et a promis des actions ouvertes et secrètes à la suite de l’attaque, plongeant les relations entre le Royaume-Uni et la Russie à un niveau jamais vu depuis la guerre froide.

Les diplomates ont commencé à quitter l’ambassade mardi.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, a déclaré jeudi que Moscou expulserait « certainement » certains diplomates britanniques en riposte.

Skripal a été arrêté par les Russes en 2004 et condamné à 13 ans de prison. Il a été libéré en 2010 dans le cadre de l’échange de prisonniers espions avec les États-Unis et s’est ensuite installé en Grande-Bretagne.

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