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Nucléaire : Gantz exhorte la communauté internationale à se mobiliser contre l’Iran

Sur Facebook, le ministre de la Défense jure qu'Israël luttera contre l'Iran politiquement, économiquement ou militairement, "qu'un accord soit signé ou non"

Le ministre de la Défense Benny Gantz s'exprime pendant la Conférence des présidents des organisations juives américaines majeures à Jérusalem, le 22 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de la Défense Benny Gantz s'exprime pendant la Conférence des présidents des organisations juives américaines majeures à Jérusalem, le 22 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a tenté de détourner une partie de l’attention mondiale de l’invasion de l’Ukraine par la Russie vers ce qu’il a qualifié « d’autre menace planant sur la paix dans le monde », cherchant à rassembler la communauté internationale contre l’Iran alors que, selon des informations, un nouvel accord sur le programme nucléaire de la République islamique pourrait être dorénavant en vue.

Gantz a appelé le monde, dans une publication lundi sur Facebook, à « agir contre les agressions iraniennes », jurant qu’Israël continuerait à intervenir indépendamment d’un accord qui serait conclu entre les puissances mondiales et Téhéran.

« Aujourd’hui, nous devons répéter notre mise en garde : celle que les agressions iraniennes, qu’elles émanent du territoire iranien directement ou des groupes mandataires de l’Iran, sont une menace pour la paix globale et pour la stabilité régionale et qu’elles sont une menace pour l’État d’Israël », a écrit Gantz.

Gantz a rappelé dans son texte les activités malveillantes émanant de la République islamique et les responsables de ces activités – évoquant notamment un incident signalé par l’armée israélienne qui a affirmé avoir intercepté une tentative de transfert de drones armés de l’Iran vers Gaza.

« C’est en ce moment important, en  ce moment même où un accord sur le nucléaire est en cours de négociation à Vienne, que nous devons nous en souvenir : Aujourd’hui, les agressions iraniennes ont lieu alors que le pays ne dispose pas d’arme nucléaire. Si l’Iran devient un État du seuil nucléaire, le pays deviendra encore beaucoup plus dangereux pour la paix mondiale », a continué Gantz.

« Il est temps aujourd’hui que le monde se mobilise pour l’arrêter », a-t-il poursuivi.

Un policier marche devant le Palais Coburg de Vienne, où se déroulent les négociations nucléaires à huis clos avec l’Iran, le 27 décembre 2021. (Crédit : ALEX HALADA / AFP)

Les négociateurs de toutes les parties, ces derniers jours, ont fait savoir qu’un accord potentiel visant à faire revivre le pacte initialement signé en 2015 – le JCPOA (Plan d’action global commun) – était proche. La semaine dernière, Gantz avait estimé qu’un accord pourrait être signé « dans les prochaines semaines, voire peut-être dans les prochains jours ».

« Qu’un accord soit signé ou non, cela ne marquera pas pour nous la fin du chemin – et cela ne doit pas l’être non plus pour les pays de la région et du monde qui doivent continuer à agir contre les agressions iraniennes », a précisé Gantz dans son post de lundi, ajoutant que l’État juif « prendra toutes les mesures nécessaires – politiques, économiques et, si besoin est, militaires – afin de défendre notre souveraineté et de garantir la sécurité des citoyens d’Israël ».

Mais les pourparlers ont essuyé les conséquences des tensions entre la Russie et l’Occident suite à l’invasion russe de l’Ukraine, à la fin du mois dernier. Samedi, la Russie a demandé « des garanties, au moins au niveau du secrétaire d’État » que les sanctions américaines n’affecteraient pas les interactions entre Moscou et Téhéran, ce qui remet en question des mois de négociations menées jusqu’à présent sur la reprise de l’accord de 2015, qui avait imposé à l’Iran une réduction drastique de ses activités d’enrichissement de l’uranium en échange de la levée des sanctions économiques.

Dimanche, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a indiqué que les demandes russes étaient « hors-sujet », l’accord sur le nucléaire et les sanctions imposées à Moscou en raison de l’invasion de l’Ukraine étant « totalement différentes ».

L’accord original de 2015 avait entraîné une levée des sanctions imposées à l’Iran en échange d’une limitation de son programme nucléaire, mais les États-Unis s’étaient retirés du pacte de manière unilatérale en 2018 sous l’administration de l’ancien président Donald Trump, qui avait remis en place de lourdes sanctions économiques.

Ce retrait avait amené l’Iran à revenir sur ses propres engagements et à enrichir son uranium à un degré de pureté guère éloigné du niveau technique requis pour fabriquer une arme atomique.

Israël a vivement recommandé à la communauté internationale d’exercer plus de pressions sur l’Iran et de conserver l’option d’une menace militaire – sans véritable progrès concret.

Le chef de l’opposition, Benjamin Netanyahu, a pour sa part, critiqué le gouvernement pour son prétendu « silence » face aux pourparlers.

« Dans le gouvernement Bennett-Gantz-Lapid, il n’y a que faiblesse, faiblesse et encore plus de faiblesse », a affirmé lundi Benjamin Netanyahu lors d’une réunion du Likud à la Knesset.

Dans une critique implicite de la participation du premier ministre Naftali Bennett aux pourparlers entre l’Ukraine et la Russie, Netanyahu a affirmé que l’accord naissant avec l’Iran est « ce à quoi le gouvernement doit faire face maintenant ».

Bennett, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid et le ministre de la Défense Benny Gantz « ne sont tout simplement pas prêts à affronter même nos alliés », a-t-il dit.

« Le silence d’Israël ces jours-ci, à l’exception de quelques déclarations pro forma, amène nos amis américains » à réduire au silence leur propre opposition à l’accord.

« S’ils ne voient pas, s’ils n’entendent pas Israël s’y opposer, pourquoi devraient-ils s’y opposer eux-mêmes », a ajouté Benjamin Netanyahu, affirmant que « la forte opposition d’Israël au dernier accord » en 2015 « a aidé les États-Unis à sortir de l’accord » en 2018.

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