Nucléaire : le stock iranien d’eau lourde dépasse le plafond autorisé – AIEA
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Nucléaire : le stock iranien d’eau lourde dépasse le plafond autorisé – AIEA

Lors d'un contrôle mené par l'agence, l'AIEA a constaté pour la première fois un dépassement depuis que Téhéran a annoncé en mai son désengagement progressif de l'accord

Une photo montre l'intérieur d'une usine de production d'eaux lourdes à Arak en Iran, le 27 octobre 2004 (Crédit : AP/Fars News Agancy, File)
Une photo montre l'intérieur d'une usine de production d'eaux lourdes à Arak en Iran, le 27 octobre 2004 (Crédit : AP/Fars News Agancy, File)

Les réserves iraniennes d’eau lourde, qui peuvent servir à la production de plutonium utilisé dans la confection d’armes atomiques, ont dépassé la limite fixée par l’accord international sur le programme nucléaire de Téhéran, a indiqué lundi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Lors d’un contrôle mené par l’agence dimanche, le stock d’eau lourde de l’Iran « s’élevait à 131,5 tonnes », une quantité supérieure au stock autorisé de 130 tonnes. C’est la première fois que l’AIEA constate un dépassement de cette valeur depuis que Téhéran a annoncé en mai son désengagement progressif de l’accord.

Le constat de cette nouvelle entorse à l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien est intervenu après que « le 16 novembre 2019, l’Iran a informé l’Agence que son stock d’eau lourde avait dépassé les 130 tonnes », a indiqué lundi un document de l’AIEA remis aux pays membres du conseil des gouverneurs de cet organe de l’ONU qui se réunit cette semaine à Vienne.

L’eau lourde n’est pas radioactive en elle-même mais elle est utilisée dans certaines filières de réacteurs nucléaires comme modérateur pour ralentir les neutrons issus des fissions nucléaires. La production de plutonium est susceptible d’offrir une alternative à l’enrichissement d’uranium pour la fabrication d’une bombe atomique.

En réaction au retrait unilatéral des Etats-Unis de l’accord de 2015, l’Iran a renoncé depuis mai à toute une série d’engagements pris dans le cadre de ce texte dont les Européens, les Chinois et les Russes restent parties prenantes.

Asphyxié par le retour des sanctions américaines, Téhéran entend mettre la pression sur les pays européens pour l’aider à contourner la politique de Washington.

Ainsi l’Iran ne respecte plus aujourd’hui la limite imposée par l’accord à ses stocks d’uranium enrichi (300 kg). Il s’est aussi affranchi également du plafond lui interdisant d’enrichir l’uranium en isotope 235 à un taux supérieur à 3,67 %.

Depuis septembre, le pays produit de l’uranium enrichi dans son usine de Natanz (centre) avec des centrifugeuses interdites par l’accord.

L’usine de transformation de l’uranium de l’Iran près d’Ispahan, qui retraite le concentré de minerai d’uranium en hexafluorure d’uranium gazeux, qui est ensuite acheminé à Natanz et envoyé dans les centrifugeuses pour enrichissement, le 30 mars 2005. (AP/Vahid Salemi)

En application de la quatrième phase de son plan de désengagement, Téhéran a annoncé le 7 novembre avoir relancé l’enrichissement d’uranium dans son usine souterraine de Fordo (centre).

L’Iran avait aussi averti en mai qu’il pourrait reprendre son projet de construction d’un réacteur à eau lourde – susceptible de produire un jour du plutonium – à Arak (centre), mis en sommeil en vertu de l’accord.

À l’automne 2016, peu après l’entrée en vigueur de l’accord de 2015, Téhéran avait annoncé avoir légèrement dépassé la quantité autorisée d’eau lourde mais était ensuite revenu dans les clous en exportant le surplus.

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