Nucléaire : un journaliste saoudien rassure en hébreu les Israéliens
Rechercher

Nucléaire : un journaliste saoudien rassure en hébreu les Israéliens

Loay al-Shareef, qui serait un proche de la famille royale, a posté une vidéo où il assure aux Juifs que Ryad n’est pas une menace et ne s’intéresse qu’à l’auto-défense

Le président américain Donald Trump (à gauche) et le prince héritier adjoint saoudien, et ministre saoudien de la Défense Mohammed ben Salmane, qui est devenu plus tard cette année-là le prince héritier d'Arabie saoudite, se serrant la main dans la salle à manger de la Maison Blanche à Washington, DC, le 14 mars 2017. (Crédit : NICHOLAS KAMM/AFP)
Le président américain Donald Trump (à gauche) et le prince héritier adjoint saoudien, et ministre saoudien de la Défense Mohammed ben Salmane, qui est devenu plus tard cette année-là le prince héritier d'Arabie saoudite, se serrant la main dans la salle à manger de la Maison Blanche à Washington, DC, le 14 mars 2017. (Crédit : NICHOLAS KAMM/AFP)

Un journaliste saoudien a posté un message vidéo en hébreu disant aux Israéliens et aux Juifs de ne pas craindre la possibilité que son pays obtienne l’arme nucléaire, car elle ne serait pas une menace pour Israël, l’acquisition étant faite pour assurer l’auto-défense contre les agresseurs régionaux.

Loay al-Shareef a publié ce court clip sur sa page Facebook, le 19 mars. Dedans, il évoque les inquiétudes israéliennes après que le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman a déclaré dans un entretien télévisé aux Etats-Unis, au début du mois, que l’Arabie saoudite se doterait de munitions nucléaires si l’Iran parvenait à acquérir une telle arme.

Selon un reportage diffusé sur la chaîne d’information Hadashot au sujet de la vidéo, Shareef est considéré comme proche de la famille royale.

« Suite à la réunion avec le prince Mohammad bin Salman et ses propos sur le développement des armes nucléaires, certains journalistes israéliens ont provoqué Bibi [Benjamin] Netanyahu en évoquant l’Arabie saoudite et en disant que cette dernière pose une menace de type nucléaire », a indiqué Shareef dans un hébreu courant, avec accent toutefois.

« Alors je le leur dis, et je le dis aux Juifs : L’Arabie saoudite a-t-elle jamais menacé ses voisins ? La réponse est non. L’Arabie saoudite a-t-elle l’ambition d’élargir son territoire ? La réponse est non. Le discours du prince Mohammad concernait l’auto-défense en raison de ceux qui représentent une menace pour leurs voisins et qui aspirent à agrandir leurs territoires dans la région. Lisez avec attention les informations, vous en Israël. Merci et à la prochaine fois ».

Selon la page internet du site Arab Media Forum, Shareef a étudié la programmation à l’université d’Etat de Pennsylvanie et parle l’anglais, le français, l’hébreu et l’arabe.

Dans une interview télévisée sur une chaîne américaine qui a été diffusée la semaine dernière, le prince héritier saoudien Salman a parlé de la manière dont son pays répondrait à un Iran qui se serait équipé de l’arme nucléaire.

« L’Arabie saoudite ne veut pas acquérir l’arme nucléaire mais sans aucun doute, si l’Iran devait en développer une, nous suivrions ce mouvement dans les plus brefs délais », a-t-il dit au cours de cet entretien.

Lors d’une réunion du cabinet qui a eu lieu la semaine dernière, Netanyahu a mis en garde contre « la nucléarisation du Moyen-Orient », disant que l’accord iranien sur le nucléaire, sous sa forme actuelle, pourrait mener à une dangereuse course aux armements.

« De nombreux pays au Moyen-Orient disent qu’ils devraient avoir le droit d’enrichir de l’uranium si l’Iran le fait », a déclaré Netanyahu lors de l’ouverture d’une réunion détaillant ses rencontres avec des responsables américains, notamment avec le président Donald Trump, au cours de son voyage de cinq jours aux Etats-Unis.

La Dixième chaîne, qui a cité de hauts-responsables israéliens, a fait savoir après la réunion que Trump a refusé la demande de Netanyahu de s’engager à mettre un terme à l’accord d’urgence déterminant la vente de réacteurs nucléaires à l’Arabie saoudite, disant au Premier ministre que si les Etats-Unis ne fournissaient pas ces réacteurs, les Russes ou les Chinois le feraient.

Netanyahu et son équipe auraient demandé que si les Américains devaient aller plus loin dans la construction des réacteurs, l’Arabie saoudite ne puisse pas enrichir de l’uranium elle-même. Ils ont indiqué que cela devait être une condition préalable à l’accord entier, a dit la chaîne.

Le président américain Donald Trump et le vice-prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui est aussi ministre de la Défense, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 14 mars 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)

Ces derniers mois, l’Arabie saoudite a annoncé ses intentions de s’embarquer dans un programme massif visant à devenir « auto-suffisant » dans la production du carburant nucléaire. Les plans préliminaires suggèrent que les Saoudiens pourraient chercher à construire au moins 17 réacteurs.

Les requêtes de Netanyahu arrivent malgré une amélioration apparente des relations en coulisses entretenues par Jérusalem et Ryad, attisées par un désir partagé d’empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire et de réparer l’accord sur le nucléaire iranien. Cette semaine, les Saoudiens ont accordé à Air India la permission de survoler l’espace aérien saoudien vers Israël, une première en 70 ans. Le premier vol reliant l’Inde à Tel Aviv via le territoire saoudien a décollé de New Delhi jeudi.

En 2015, l’Iran a signé le JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action) avec les puissances mondiales dans lequel l’Iran acceptait de démanteler les aspects de capacité d’armement dans son programme nucléaire en échange de la levée de sanctions économiques.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...