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Orban et la « race » hongroise: le comité d’Auschwitz se dit « horrifié »

Le discours rappelle aux survivants de la Shoah "les périodes sombres de leur propre exclusion", a réagi Christoph Heubner ; la communauté juive hongroise s'est aussi insurgée

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban après sa victoire aux élections législatives, à Budapest, le 6 avril 2014. (Crédit : Attila Kisbenedek/AFP)
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban après sa victoire aux élections législatives, à Budapest, le 6 avril 2014. (Crédit : Attila Kisbenedek/AFP)

Le comité international d’Auschwitz s’est dit mardi « horrifié » après les propos du Premier ministre hongrois Viktor Orban contre « les races mixtes », appelant l’Union européenne à « prendre ses distances avec de tels relents racistes ».

Le discours du dirigeant nationaliste, « stupide et dangereux », rappelle aux survivants de l’Holocauste « les périodes sombres de leur propre exclusion et persécution », a réagi Christoph Heubner, vice-président de l’organisation, dans une déclaration transmise à l’AFP.

Il a appelé le chancelier autrichien Karl Nehammer, qui accueille jeudi M. Orban en visite officielle à Vienne, à se démarquer au nom de l’UE. Il faut « faire comprendre au monde qu’un Monsieur Orban n’a pas d’avenir en Europe », dont il « nie sciemment les valeurs ».

Dans un discours samedi en Transylvanie roumaine, où réside une importante communauté hongroise, le Premier ministre de 59 ans, connu pour sa politique anti-migrants, avait réaffirmé avec virulence son rejet d’une société « multi-ethnique ».

« Nous ne voulons pas être une race mixte », qui se mélangerait avec « des non-Européens », a-t-il dit.

Les pays « où des peuples européens et extra-européens cohabitent ne sont plus des nations. Ces pays ne sont rien d’autre que des conglomérats de peuples », a lancé Viktor Orban qui avait tenu des propos similaires dans le passé mais sans utiliser le terme de « race », selon des experts.

« Pur texte nazi »

Il a aussi fait apparemment allusion aux chambres à gaz en fustigeant le plan de Bruxelles de diminuer de 15 % la demande européenne de gaz. « Je ne vois pas comment ils peuvent y contraindre les Etats membres, quoiqu’il existe un savoir-faire allemand dans ce domaine, comme le passé l’a montré », avait-il ironisé.

Fait rare sous l’ère Orban, Zsuzsa Hegedus, une sociologue le conseillant de longue date, a remis mardi sa démission.

Dans une lettre diffusée par les médias locaux, elle dénonce « une position honteuse » et « un pur texte nazi digne de (Joseph) Goebbels », en référence à l’ancien chef de la propagande de l’Allemagne nazie.

En réponse, M. Orban a mis en avant « la politique de tolérance zéro de son gouvernement quand il s’agit d’antisémitisme et de racisme », selon un courrier rendu public. « Tu ne peux pas sérieusement m’accuser de racisme après 20 ans de collaboration », s’est-il défendu.

La communauté juive hongroise s’était également insurgée en début de semaine. « De nombreuses espèces différentes peuplent notre planète. Sur deux pattes, travaillant, parlant et pensant parfois, une seule espèce vit pourtant sur cette terre: l’Homo Sapiens Sapiens. Cette race est une et indivisible », a écrit sur Facebook le grand rabbin Robert Frölich.

Dans la classe politique, le ministre roumain des Affaires étrangères Bogdan Aurescu a jugé « inacceptables » de telles « idées ».

Quant à la Commission européenne, elle a dit « ne jamais commenter les propos tenus par des responsables politiques européens ».

« Ce qui est clair, c’est que l’UE a un certain nombre de valeurs qui sont inscrites dans les traités et elle met en œuvre des politiques qui sont en relation avec ces valeurs et ces articles du traité », s’est contenté de réagir le porte-parole Eric Mamer, interrogé lors du point presse habituel.

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