Ouverture du procès de l’ex-ministre accusé d’espionnage pour l’Iran
Rechercher

Ouverture du procès de l’ex-ministre accusé d’espionnage pour l’Iran

Le tribunal a ordonné que l'ex-ministre accusé d'avoir mené des missions d'espionnage pour l'Iran reste derrière les barreaux pendant le reste du procès

Gonen Segev à la cour de district de Jérusalem, le 5 juillet 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Gonen Segev à la cour de district de Jérusalem, le 5 juillet 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le procès d’un ex-ministre israélien accusé d’avoir espionné pour le compte de l’Iran a commencé à huis-clos à Jérusalem dans la matinée de jeudi, avec la possibilité, à terme, de la prononciation d’une peine capitale dans ce qui est devenu l’affaire d’espionnage de plus haut-niveau jamais enregistrée dans l’histoire israélienne.

Gonen Segev, ancien ministre de l’Energie et des infrastructures qui avait quitté l’Etat juif après avoir purgé une peine de prison pour trafic de drogues il y a plus d’une décennie, s’est présenté devant la cour de district de Jérusalem vingt-quatre heures après que le procureur d’Etat a diffusé l’acte d’inculpation entier et lourdement rédigé à son encontre.

Le procès a lieu à huis-clos pour des raisons sécuritaires. L’inculpation, dont une partie n’a pas été rendue publique, comprendrait 50 chefs d’accusations associées à des missions d’espionnage réalisées au nom de l’Iran et à une complicité présumée de l’ex-haut responsable avec la République islamique dans sa guerre contre Israël.

Même si cela reste improbable, Segev pourrait potentiellement être condamné à la peine de mort pour une série d’accusations s’apparentant à un crime de trahison de l’Etat. Les tribunaux peuvent condamner à la peine capitale les individus reconnus coupables de telles activités mais cette sentence n’a été jusqu’à présent appliquée qu’au leader nazi Adolf Eichmann.

Le ministre de l’Energie de l’époque, Gonen Segev, pose pour une photo dans son bureau à Jérusalem le 10 janvier 1995. (Flash90)

Segev a été inculpé le mois dernier devant un tribunal de Jérusalem et accusé d’espionnage aggravé – une forme sévère d’espionnage – ainsi que de complicité avec l’ennemi en période de guerre, tentative d’espionnage aggravé et de douzaines d’autres chefs d’inculpation portant sur des tentatives de transmission d’informations à l’ennemi, selon l’acte d’inculpation qui a été rendu public mercredi.

La cour de district de Jérusalem a prolongé la détention provisoire de l’ex-ministre jusqu’à la fin des poursuites judiciaires menées à son encontre, après l’ouverture officielle du dossier.

Il aurait rencontré des responsables iraniens du renseignement de manière répétée au cours des six dernières années, fournissant des informations aux Iraniens.

Segev a nié oeuvrer contre les intérêts d’Israël.

L’audience, placée sous l’autorité du magistrat Rafi Carmel, a eu lieu à huis-clos en raison de la sensibilité du dossier.

Il n’a fallu que 20 minutes pour lire l’acte d’inculpation contre l’ancien homme politique déchu.

Segev a refusé de répondre aux questions des journalistes alors qu’il se rendait au tribunal.

Le procureur Geula Cohen a expliqué que de nombreux éléments restaient soumis à une ordonnance de non-publication.

« Nous tentons de rendre autant de détails que possible disponibles au public comme nous l’avons fait jusqu’à présent. Mais il y a encore des choses auxquelles le public ne peut être exposé », a-t-il expliqué.

Raoul Wootliff et Judah Ari Gross ont contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...