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Paris : une plaque à la mémoire des grands résistants juifs Flore et Georges Loinger

Résistants membres de l’OSE et des réseaux Bourgogne et Garel, Flore et Georges Loinger ont participé au sauvetage de centaines d'enfants juifs durant la Seconde Guerre mondiale

Georges Loinger durant une cérémonie lors de la journée de commémoration de la Shoah aux abords du siège de l'ONU à Genève,  place de la Nation, en Suisse, le 20 avril 2009. (Crédit : AP Photo/Keystone, Salvatore Di Nolfi)
Georges Loinger durant une cérémonie lors de la journée de commémoration de la Shoah aux abords du siège de l'ONU à Genève, place de la Nation, en Suisse, le 20 avril 2009. (Crédit : AP Photo/Keystone, Salvatore Di Nolfi)

Une plaque à la mémoire de Flore et Georges Loinger a été dévoilée le mois dernier sur la façade de l’immeuble où ils vécurent, rue du Ranelagh, à Paris.

Résistants membres de l’OSE et des réseaux Bourgogne et Garel, Flore et Georges Loinger ont participé au sauvetage de centaines d’enfants juifs durant la Seconde Guerre mondiale.

Ensemble, ils ont dirigé la maison d’enfants au Château de la Guette (à Villeneuve-Saint-Denis, en Seine-et-Marne).

Flore Loinger (née Rosenzweig) est née le 10 janvier 1911, et décédée en 1995. Elle a participé au mouvement de jeunesse sioniste Hatikvah, où elle a rencontré son futur époux, Georges Loinger.

Georges Loinger est né à Strasbourg en août 1910 dans une famille juive orthodoxe. Il a été fait commandeur de la Légion d’honneur, titulaire de la médaille de la Résistance et de la Croix de Guerre, et a présidé l’Association de la Résistance juive de France (ARJF). Il est décédé fin 2018 à l’âge de 108 ans.

En 1940, alors qu’il est prisonnier de guerre en Bavière, il reçoit une lettre de son épouse, qui dirige alors la maison abritant 125 enfants juifs allemands, dont les parents avaient été arrêtés en 1938 en Allemagne. Il s’évade et rejoint La Bourboule (Puy-de-Dôme) en zone libre où elle s’est repliée avec les enfants. Comme ils risquent d’être arrêtés, le couple les sauve en les dispersant, d’abord dans des maisons de l’Oeuvre de Secours aux Enfants (OSE) puis dans des familles ou institutions chrétiennes ou laïques.

Par la suite, Georges Loinger fera passer quelque 350 enfants juifs en Suisse, via Annemasse. Certains convois connaîtront des fins tragiques.

Il fait partie du réseau Garel entre 1942 et 1944.

Il choisit avec ses compagnons de résistance le nom d’ « Organisation juive de combat » : « Fin 1943, lors d’un parachutage d’armes de Londres, nous avons trouvé dedans un paquet avec un livre qui racontait la révolte du ghetto de Varsovie », avait-il confié à l’AFP.

Après la guerre, il œuvrera pour faciliter le passage des rescapés du nazisme en Palestine mandataire et jouera un grand rôle dans l’affaire de l’Exodus lorsqu’il fera escale en France.

Celui qui était le doyen de la Résistance juive en France a aussi participé à la création de « la Fraternité d’Abraham » qui prône le rapprochement des trois religions monothéistes.

Interrogé en 2005, alors qu’il recevait les insignes de commandeur de la Légion d’honneur, il avait répondu qu’il estimait avoir fait simplement « ce qu’il avait à faire ».

Il a écrit plusieurs livres racontant son expérience, notamment : Aux frontières de l’espoir ; Les Résistances juives pendant l’occupation ; L’odyssée d’un résistant : témoignage d’un centenaire, enfant d’Alsace.

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