Pas de négociations avec Israël sans restitution du Golan à la Syrie, dit Assad
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Pas de négociations avec Israël sans restitution du Golan à la Syrie, dit Assad

Cette annonce réfute les spéculations sur d'éventuels pourparlers concernant la levée des sanctions américaines qui accablent l'économie de la Syrie

Le président syrien Bashar el-Assad lors d'un entretien accordé au palais présidentiel à Damas, en Syrie, en septembre 2016. (Présidence syrienne via AP)
Le président syrien Bashar el-Assad lors d'un entretien accordé au palais présidentiel à Damas, en Syrie, en septembre 2016. (Présidence syrienne via AP)

Le président syrien Bachar al-Assad a déclaré lors d’un entretien accordé à l’agence de presse russe d’Etat jeudi que des négociations de paix avec Israël ne pourraient avoir lieu que si les Israéliens restituaient le plateau du Golan à la Syrie, faisant passer la région sous le contrôle du pays.

Dans l’interview, il a indiqué que des pourparlers de paix ne pourraient commencer que lorsque l’Etat juif serait prêt à « rendre les terres syriennes occupées ».

Israël a capturé le plateau du Golan à la Syrie pendant la guerre des Six jours de 1967, et les deux pays sont depuis théoriquement en guerre.

Les propos d’Assad seraient venus répondre à des spéculations récentes qui auraient laissé entendre que la Syrie était intéressée par des négociations avec Israël dans le but de pouvoir alléger les sanctions économiques écrasantes qui ont été imposées par les Etats-Unis.

Ibrahim Hamidi, éminent journaliste spécialisé dans les affaires de diplomatie au sein du journal Asharq al-Awsat et expert des affaires syriennes, avait estimé que le silence adopté par la Syrie sur les récents accords de normalisation conclus entre Israël et les Emirats arabes unis, d’une part, et Bahreïn, d’autre part, en plus d’une livraison dans ce pays ravagé par la guerre d’aides humanitaires en provenance des EAU, pouvait indiquer que la Syrie était intéressée à l’idée de prendre place à la table des négociations, aux côtés de l’Etat juif, pour apaiser les Américains.

Des personnes montées sur un vieux tank à proximité de la frontière avec la Syrie, sur le plateau du Golan, face à la ville syrienne de Quneitra, le 23 mars 2019. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)

Interrogé sur une éventuelle normalisation avec Israël, Assad a déclaré que cette dernière deviendrait possible « seulement lorsque nos terres nous seront restituées, c’est très simple », a-t-il dit.

Assad a également souligné dans l’interview que la Syrie ne négociait pas avec Israël.

Israël et la Syrie se sont affrontés au cours de trois guerres majeures depuis la fondation de l’Etat juif. Après la capture par Israël du plateau du Golan en 1973 et d’âpres combats, Israël avait élargi sa souveraineté sur le plateau en 1981 – cette dernière a été reconnue par l’administration Trump au mois de mars 2019. Des efforts de paix intermittents entre Israël et la Syrie, en 1990, avaient échoué en raison des demandes faites par le père de Bachar, l’ancien président Hafez al-Assad, de retrouver le Golan dans son entièreté, et en raison de son insistance continue, au cours de ces négociations en coulisses, en faveur d’au moins un accès continu au Lac de Tibériade.

Plus récemment, l’armée israélienne a agi de manière à empêcher la guerre civile syrienne de déborder sur son territoire et lancé des centaines de raids militaires prenant pour cible des convois et des dépôts d’armements, entre autres. Ces opérations avaient pour but d’empêcher des armes d’arriver entre les mains du groupe terroriste du Hezbollah et de déjouer les efforts livrés par l’Iran d’établir une présence majeure de ses soldats sur le territoire.

De la fumée suite à une prétendue frappe aérienne israélienne visant le sud de Damas, en Syrie, le 20 juillet 2020. (AFP)

Au mois de juin, une loi américaine, la Loi de protection des civils en Syrie César, a été mise en vigueur, entraînant une campagne majeure de pressions financières sur le gouvernement syrien pour ses abus aux droits de l’Homme commis pendant la guerre civile qui a fait au moins 380 000 morts, selon l’opposition syrienne.

La première série de sanctions a visé 39 personnes ou entités, notamment Assad personnellement ainsi que son épouse, Asma. En outre, elle pénalise, aux Etats-Unis, toute entreprise faisant du commerce avec le régime de Damas.

Les craintes d’actions entreprises contre les investisseurs étrangers, sous les dispositions de la loi César, ont encore davantage dévasté une économie déjà anéantie en obscurcissant les perspectives de reconstruction.

L’AFP a contribué à cet article.

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