« Pas de panique », disent les experts face à la hausse du taux d’infection COVID
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« Pas de panique », disent les experts face à la hausse du taux d’infection COVID

Le mois dernier, 40 % des cas venaient de l'étranger ; Binyamina devient "ville jaune" mais pour les experts , le pays reste à l'abri d'une vague qui serait grave

Des passagers attendent de se faire dépister au coronavirus à l'aéroport international Ben-Gurion, le 20 juin 2021. (Crédit : Yossi Aloni/FLASH90)
Des passagers attendent de se faire dépister au coronavirus à l'aéroport international Ben-Gurion, le 20 juin 2021. (Crédit : Yossi Aloni/FLASH90)

Le taux de transmission du coronavirus en Israël a grimpé à 1,77 dans un contexte marqué par plusieurs clusters dans des localités du pays, selon les données publiées lundi par le ministère de la Santé.

La ville de Binyamina – qui connaît actuellement une résurgence de la pandémie – est devenue la première localité, depuis début mai, à être catégorisée ville « jaune » selon le système de classification mis en œuvre au sein de l’État juif après que le nombre de personnes infectées est passé de 45 à 80.

Selon la Douzième chaîne, environ 40 % des cas de COVID-19 détectés au sein de l’État juif, ce mois-ci, provenaient de l’étranger. Sur 264 cas identifiés dans le pays depuis le début du mois de juin, 112 concernaient des Israéliens qui étaient revenus dans le pays après un déplacement à l’international.

Les responsables de la santé ont associé ces récentes épidémies au variant Delta du virus qui avait été identifié en Inde pour la première fois. Cette souche est plus contagieuse que les autres et elle serait capable d’outrepasser les défenses du vaccin.

Les responsables ont exprimé leurs inquiétudes concernant le potentiel du variant à entraîner quelque chose qui serait susceptible de ressembler à une reprise épidémique et ils réfléchiraient actuellement à réimposer le port du masque dans les espaces clos – une interdiction qui avait été levée en date du 15 juin. Les enfants, qui ne sont pas vaccinés, sont considérés comme particulièrement vulnérables face à cette mutation.

C’est dans un contexte marqué par ces préoccupations que deux des principales caisses d’assurance-maladie israéliennes ont annoncé, lundi, que les rendez-vous pris pour la vaccination des jeunes Israéliens âgés de 12 à 15 ans avaient fortement augmenté ces derniers jours. La caisse d’assurance-maladie Maccabi a indiqué que les demandes de rendez-vous avaient été multipliées par quatre par rapport aux semaines passées et la Clalit a de son côté annoncé une augmentation de cent pour cent de ses rendez-vous, a noté le site d’information Walla.

Plusieurs experts ont malgré tout appelé au calme dans la journée de lundi, assurant que tout se passait bien dans le pays et qu’il était improbable que l’État juif connaisse une vague épidémique grave.

« On peut en effet constater une hausse du nombre des infections chez les jeunes qui ne sont pas vaccinés », a expliqué Eran Segal, biologiste informatique à l’institut Weizmann des Sciences qui a étudié de près la pandémie, devant les caméras de la Douzième chaîne. « Mais je ne pense pas que nous assistions à une résurgence du virus ».

Eran Segal (Autorisation)

« Le variant indien est la continuation de l’évolution de la COVID tout comme cela avait été le cas du variant britannique, quand ce dernier avait été découvert. A chaque fois qu’un nouveau variant fait son apparition, il se propage rapidement en fonction des changements qui sont survenus dans le virus. »

Selon Segal, le vaccin de Pfizer semble être efficace contre le variant et le pays ne devrait probablement pas connaître d’augmentation grave du nombre de cas ou du nombre de morts en résultat de cette souche particulière.

Ran Balicer, épidémiologiste chargé de la planification de la politique de santé au sein du ministère de la Santé, a pour sa part affirmé au site d’information Ynet qu’il n’y avait aucune raison de paniquer dans la mesure où une partie significative – 85% – de la population israélienne appartenant au troisième âge avait été vaccinée.

« Israël a été largement immunisé et les chances de connaître une vague grave de la maladie, avec une forte hausse de la mortalité, ne sont plus ce qu’elles étaient au mois de janvier », a-t-il continué. « Le potentiel destructeur du virus est plus contenu ici que ce n’est le cas dans n’importe quel autre pays et il faut tout faire pour l’empêcher de se propager – mais aussi pour calmer la panique qui apparaîtrait éventuellement ».

Le professeur Ran Balicer, responsable de l’innovation chez Clalit, le plus grand kupat holim d’Israël, à Tel Aviv, le 10 juin 2020. (Crédit : EMMANUEL DUNAND / AFP)

Vendredi, le ministère de la Santé a suspendu temporairement la nécessité pour tous les voyageurs entrant au sein de l’État juif de se soumettre à un test de dépistage au coronavirus, en réponse à la très importante fréquentation de l’aéroport et aux files d’attente interminables qui se sont formées devant les stations chargées de pratiquer les tests – des files d’attente qui se sont transformées en une foule compacte. Au moins mille personnes sont donc entrées sans se faire dépister, selon la station de radio Kan, même si les voyageurs provenant de zones considérées comme étant à haut-risque – Argentine, Brésil, Afrique du sud, Inde, Mexique et Russie – ont été pour leur part dans l’obligation de se soumettre au test et ce même s’ils étaient vaccinés.

Balicer a expliqué qu’il était « indubitable que ce qui est arrivé à l’aéroport Ben-Gurion est malheureux et que les choses auraient dû être différentes ». Il a néanmoins ajouté que le nouveau variant se trouvait d’ores et déjà dans le pays.

« La barrière de la vaccination que nous avons construite peut être suffisante pour permettre de contenir ces épidémies, en empêchant ainsi une propagation large du virus dans toute la communauté, » a-t-il continué.

Le Premier ministre Naftali Bennett a annoncé, dimanche soir, qu’Israël allait renforcer les tests de dépistage à la COVID-19 ainsi que les restrictions mises en œuvre à l’aéroport Ben-Gurion dans un contexte d’inquiétudes entraînées par le variant Delta, qui a été découvert en Inde et qui pourrait se propager en Israël.

Les voyageurs à l’aéroport Ben-Gurion, le 20 juin 2021. (Crédit : Yossi Aloni/FLASH90)

Une campagne d’immunisation nationale a permis de vacciner contre la COVID-19 la majorité des adultes en Israël et a abaissé le nombre de cas quotidiens qui est passé de milliers, au début de l’année, à seulement 48 dans la journée de dimanche, un chiffre qui est remonté lundi matin à 57 – marquant une légère hausse du taux d’infection constaté ces dernières semaines.

A l’apogée de la pandémie, il y avait eu 88 000 cas actifs au sein de l’État juif et 1 228 cas graves. Lundi, il y avait 358 infections actives et 24 personnes dans un état grave.

Depuis le début du coronavirus sur le territoire israélien, au début de l’année dernière, 839 539 personnes ont attrapé la COVID-19 en Israël et 6 427 Israéliens ont succombé à une forme grave de la maladie.

Il n’y a pas eu de décès consécutif au coronavirus depuis dimanche dernier.

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