Rechercher

Pfizer prolonge son accord de coopération avec la société israélienne CytoReason

Cette start-up de Tel Aviv utilise l'apprentissage automatique pour construire des modèles informatiques de maladies - ce qui permet de développer plus rapidement des médicaments

Ricky Ben-David est journaliste au Times of Israël

L'immeuble de Pfizer sur la East 42nd Street à New York City. (Crédit : ChainGangPictures via iStock by Getty Images)
L'immeuble de Pfizer sur la East 42nd Street à New York City. (Crédit : ChainGangPictures via iStock by Getty Images)

Une start-up israélienne utilise le machine learning pour construire des modèles computationnels de maladies humaines afin d’accélérer la découverte de traitements.

Le géant pharmaceutique Pfizer a prolongé un accord de coopération existant avec la société israélienne CytoReason, spécialisé dans l’apprentissage automatique pour la découverte de médicaments et le développement, a déclaré jeudi la société.

Pfizer et CytoReason ont lancé leur collaboration pour la première fois en 2019 afin d’utiliser les modèles numériques de la société israélienne du système immunitaire humain et des maladies dans la quête du développement de médicaments innovants par Pfizer.

CytoReason a déclaré que sa solution a « fourni à Pfizer de nombreuses informations dans un certain nombre de programmes de R&D sur plus de 20 maladies. »

Mikael Dolsten, directeur scientifique et président de la recherche mondiale de Pfizer, a déclaré que l’extension de la collaboration avec CytoReason « s’appuiera sur nos capacités existantes en matière de science des données, et améliorera encore notre capacité à prendre des décisions basées sur les données de notre portefeuille. Nous sommes enthousiastes à l’idée de poursuivre ce partenariat fructueux, qui nous a aidés à étudier des questions biologiques difficiles afin d’éclairer potentiellement le développement de nouvelles thérapies au profit des patients. »

David Harel, PDG et cofondateur de CytoReason, a déclaré que le travail de la société en collaboration avec Pfizer « a démontré comment nos modèles informatiques peuvent potentiellement trouver le bon traitement pour les bons groupes de patients, dans de multiples domaines thérapeutiques. »

« A travers cette collaboration et grâce à notre base croissante de clients dans le monde entier, nous avons pour objectif de faire de notre plateforme une référence en ce qui concerne les médicaments, que ce soit en termes de découverte, de développement et de gestion de portefeuille », a ajouté Harel.

CytoReason est une entreprise qui a été fondée en 2016 pour permettre aux firmes pharmaceutiques d’utiliser la technologie informatique innovante qui a été développée par la start-up – elle consiste en une sorte de GPS permettant de naviguer dans le système immunitaire. Ce logiciel basé sur l’apprentissage automatique collecte et combine des données à partir d’une grande variété de sources : des données recueillies en interne, des recherches ou des études cliniques sur le système immunitaire qui ont été publiées. Toutes ces informations, dans leur ensemble, offrent ainsi un large aperçu de la biologie des maladies. Cette technologie permet de construire un simulateur informatique et numérique du corps humain qui pourra être utilisé pour anticiper les réponses apportées aux médicaments – donnant une orientation sur ceux qui sont le plus susceptibles de guérir les patients.

Le cofondateur et directeur général de CytoReason, David Harel. (Autorisation)

CyToReason, pour résumer, permet aux firmes pharmaceutiques « de développer leurs molécules sur une plateforme qui utilise l’intelligence artificielle pour simuler la réponse, plutôt que d’attendre des essais sur les animaux qui doivent être suivis d’essais cliniques », explique Harel au Times of Israël au cours d’un entretien téléphone. « Cela aide aussi à réduire les coûts ».

Les coûts – et le temps – sont deux facteurs d’une importance déterminante dans la recherche et dans le développement des médicaments. Il faut en moyenne des milliards de dollars et presque une décennie pour développer un nouveau médicament en raison des longs essais et du travail de laboratoire nécessaire. Selon une étude faite en 2016 qui a examiné les coûts de R&D intervenant dans le développement d’un nouveau médicament, il s’avère qu’ils iraient de 1,4 milliards de dollars à 2,8 milliards de dollars après approbation sur le marché.

Avec Pfizer, CytoReason a travaillé sur « des modèles informatiques de maladies humaines dans les secteurs de l’immunologie et de l’oncologie », continue Harel. Un travail conjoint qui, jusqu’à présent, a concentré ses recherches sur les cibles biologiques des maladies ainsi que sur un composé expérimental interférant avec la CCR6, une protéine élevée dans certaines maladies auto-immunes comme le lupus ou les MICI (maladies inflammatoires chroniques de l’intestin).

Les MICI sont des maladie chroniques qui affectent le système digestif – elles comprennent la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, ou colite ulcéreuse. Des crises de ces maladies peuvent durer plusieurs jours, plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

CytoReason a d’ores et déjà travaillé avec certaines des plus grandes firmes pharmaceutiques, notamment avec l’entreprise française Sanofi, l’entreprise suisse Ferring and Roche, et GSK au Royaume-Uni.

Le travail de CytoReason avec Sanofi s’est concentré sur le développement d’un nouveau traitement contre l’asthme et sa collaboration avec Ferring se focalise sur les MICI.

Le siège de CytoReason se trouve à Tel Aviv et il emploie environ 65 personnes dans tout Israël, aux États-Unis et en Europe. Sa technologie avait été initialement développée au Technion – Institut israélien de technologie. Jusqu’à présent, la compagnie a soulevé la somme de 10 millions de dollars auprès d’investisseurs, selon la base de données de Start-Up Nation Central.

Shoshanna Solomon a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...