Pologne : Le fils d’un rabbin accuse la police d’agression antisémite
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Pologne : Le fils d’un rabbin accuse la police d’agression antisémite

La police de Cracovie a nié cette accusation, disant que Yaakov Gluck - connu pour des querelles avec les Juifs locaux portant sur des fêtes bruyantes - était ivre

Le quartier juif de Cracovie, où vivaient autrefois des milliers de juifs. (Crédit : autorisation)
Le quartier juif de Cracovie, où vivaient autrefois des milliers de juifs. (Crédit : autorisation)

JTA — Le fils d’un rabbin en Pologne a affirmé que la police de Cracovie l’avait agressé aux abords d’une synagogue et que les agents avaient fait le salut nazi devant lui, une accusation démentie par les forces de l’ordre qui ont déclaré que l’homme était ivre et qu’il n’était plus maître de son comportement.

Lors de cet incident survenu dimanche en fin d’après-midi, Yaakov Gluck, âgé de 40 ans et originaire de Brooklyn, a raconté à JTA qu’un employé de la communauté juive l’avait empêché de faire visiter la synagogue Kupa à des amis.

Gluck a ajouté avoir insisté pour que l’employé appelle un autre membre – qui lui permettait régulièrement de montrer la synagogue à des invités – mais que l’homme a préféré appeler la police, qui l’a cloué au sol. Plus tard, a-t-il continué, d’autres agents ont fait le salut nazi pour le narguer alors qu’il se trouvait en détention au commissariat.

Sebastian Gleniu, porte-parole de la police de Cracovie, a nié ces allégations de discours ou de comportement antisémites de la part des agents qui ont arrêté Gluck ou plus tard.

Il a déclaré au site d’information Wirtualna Polska que Gluck était en état d’ébriété et qu’il n’était plus maître de son comportement, qu’il avait obstrué le travail des policiers appelés à la rescousse pour lui faire quitter les lieux et qu’il leur avait crié des insultes.

Gluck, qui a été libéré environ cinq heures après avoir été appréhendé, a précisé auprès de JTA qu’il était resté maître de son comportement mais il a refusé toutefois de dire s’il avait consommé ou non de l’alcool.

Des gens dansent au festival de la culture juive à Cracovie, l’un des nombreux festivals de ce type en Pologne (Crédit : Wojciech Karlinski)

Gluck, qui se rend souvent à Cracovie pour rendre visite à son père Edgar, un rabbin, s’est querellé à plusieurs occasions avec certains membres de la communauté juive pour avoir organisé des fêtes lors du Shabbat à son appartement ou dans les habitations d’amis.

Gluck a affirmé que les responsables de la communauté juive de Cracovie voulaient mettre un terme à ces réjouissances parce qu’ils les considéraient comme une concurrence, mais ses détracteurs ont fait valoir que les fêtes faisaient du bruit, que de l’alcool y était consommé et qu’elles perturbaient le calme du quartier juif de la municipalité.

Le parlementaire de l’Etat de New York, Dov Hikind, qui est juif orthodoxe et représente certaines parties de Brooklyn, a condamné le comportement des policiers polonais impliqués sur la base du récit narré par Gluck.

Le député de New Yok Dov Hikind (Démocrate) représente le 48ème district de Brooklyn depuis 1983, une zone qui inclue l’une des plus grandes communautés orthodoxes hors Israël (Autorisation)

Un responsable des forces de l’ordre « en Pologne qui fait le salut à Hitler devant lui, c’est plus que scandaleux », a écrit Hikind dans un communiqué.

Jonny Daniels, fondateur de l’association From the Depths qui promeut le dialogue entre les Juifs et les Polonais, a déclaré que les incidents antisémites sont rares dans le pays et qu’un incident de ce type impliquant des policiers est sans précédent.

« La condamnation précipitée de la part de Hikind, avant que les faits ne soient avérés en utilisant, par exemple, les images des caméras de surveillance, est irresponsable et contre-productive dans la lutte contre l’antisémitisme en Pologne », a estimé Daniels.

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