Pour la justice, on peut dénoncer la négation du génocide arménien
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Pour la justice, on peut dénoncer la négation du génocide arménien

Maxime Gauin avait poursuivi Jean-Marc Toranian, qui l'avait accusé d'être un négationniste ; la justice a relaxé Toranian en retenant "l'excuse de bonne foi"

Des femmes prient durant un service religieux à la cathédrale d'Etchmiadzin, à l'extérieur d'Erevan, le 23 avril 2015, avant la cérémonie de canonisation pour les Martyres du génocide arménien (Crédit : Karen Minasyan/AFP)
Des femmes prient durant un service religieux à la cathédrale d'Etchmiadzin, à l'extérieur d'Erevan, le 23 avril 2015, avant la cérémonie de canonisation pour les Martyres du génocide arménien (Crédit : Karen Minasyan/AFP)

La justice a relaxé mardi au bénéfice de « la bonne foi » le directeur du site des Nouvelles d’Arménie, qui était poursuivi pour diffamation par un chercheur français, qualifié lors du procès en octobre de « négationniste patenté » du génocide arménien de 1915.

Maxime Gauin, un chercheur français financé par un think tank turc, a attaqué le directeur du site des Nouvelles d’Arménie, Jean-Marc Toranian, et un contributeur à son site pour diffamation et injure publique par voie électronique.

Le plaignant poursuivait trois séries de propos publiés en 2013 et 2014, où il est comparé au négationniste Robert Faurisson (régulièrement condamné pour nier la réalité de la Shoah) et qualifié de « véritable tâcheron au service du fascisme turc », notamment pour avoir écrit que « les déportés étaient très bien nourris et accueillis et au cours et au terme de leurs marches forcées ».

Le chercheur pouvait s’appuyer sur un paradoxe : la France a reconnu le génocide arménien en 2001, mais le Conseil constitutionnel a censuré en 2012 la loi pénalisant sa contestation.

Robert Faurisson. (Crédit : capture d’écran Youtube)

Le tribunal a estimé que les propos poursuivis présentaient un caractère diffamatoire, mais a retenu « l’excuse de bonne foi ». Il a aussi jugé que l’injure n’était pas constituée.

Pour Me Henri Leclerc, l’avocat de Jean-Marc Toranian, « ce jugement est très satisfaisant. (…) Puisqu’on n’érige pas en délit le négationnisme des Turcs, qu’au moins on puisse dire que ce sont des menteurs ». « Nier le génocide est bien un mensonge », s’est félicité l’avocat.

Jean-Marc Toranian a salué « une victoire remportée contre un négationniste notoire du génocide arménien ».

Lors du procès, le 17 octobre, Maxime Gauin, qui revendique des publications dans plusieurs revues universitaires américaines, a pleinement assumé contester la qualification de génocide contre les Arméniens.

Il a demandé à la justice de lui accorder réparation pour avoir été « injurié », « blessé ». « Quoi de pire pour un historien que d’être comparé à des faussaires comme Robert Faurisson? », a-t-il demandé.

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