Pour la Syrie, le “terrorisme” israélien menace toute la région
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Pour la Syrie, le “terrorisme” israélien menace toute la région

Le ministre des Affaires étrangères condamne les frappes israéliennes en réponse aux tirs de mortiers dans le Golan et affirme que l’Etat juif “aide” les groupes terroristes

Walid Al-Moualem, vice Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de Syrie, devant la 71e Assemblée générale des Nations Unies, à New York, le 24 septembre 2016. (Crédit: AFP/Kena Betancur)
Walid Al-Moualem, vice Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de Syrie, devant la 71e Assemblée générale des Nations Unies, à New York, le 24 septembre 2016. (Crédit: AFP/Kena Betancur)

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Muallem, a condamné samedi les frappes israéliennes dans le sud de la Syrie, déclarant que « les politiques agressives [de l’armée israélienne] ne menacent pas seulement la Syrie, mais la région toute entière. »

S’exprimant devant l’Assemblée générale des Nations unies, Muallem a déclaré que l’Etat syrien affrontait non seulement des « terroristes mercenaires sur son territoire » dans la guerre civile qui dure depuis cinq ans, mais a également « été confronté à un autre genre de terrorisme, le terrorisme d’Israël qui occupe une partie précieuse de notre terre dans le Golan syrien depuis le 4 juin 1967. »

Les « pratiques oppressives et agressives » d’Israël, a-t-il déclaré, « ne sont plus confinées au Golan occupé, et affectent actuellement la sécurité et la vie des Syriens dans la partie sud du pays. »

Israël a saisi le plateau du Golan pendant la guerre des Six Jours en 1967, et annexé le territoire en 1981.

La fumée monte du village syrien de Jubata al-Khashab, après des frappes de l'armée israélienne sur des positions de l'armée syrienne en représailles après un tir de mortier syrien sur le plateau du Golan, le 10 septembre 2016. (Crédit : AFP/Jalaa Marey)
La fumée monte du village syrien de Jubata al-Khashab, après des frappes de l’armée israélienne sur des positions de l’armée syrienne en représailles après un tir de mortier syrien sur le plateau du Golan, le 10 septembre 2016. (Crédit : AFP/Jalaa Marey)

Les attaques israéliennes en Syrie, que l’armée israélienne mène habituellement en réponse aux tirs d’obus de mortiers ou de roquettes qui atterrissent dans la partie israélienne du Golan, servent à « aider de toutes les manières les organisations terroristes qui opèrent dans la région », a déclaré Muallem.

« La Syrie réaffirme que les politiques agressives d’Israël ne menacent pas seulement la Syrie, mais toute la région, particulièrement étant donné l’arsenal nucléaire d’Israël », a-t-il déclaré à l’Assemblée.

Muallem a aussi affirmé que l’attaque de la coalition menée par les Etats-Unis sur une position de l’armée syrienne le 17 septembre était « intentionnelle », contrairement aux déclarations américaines.

« Le gouvernement syrien rend les Etats-Unis pleinement responsables de cette agression », a-t-il déclaré.

Des combattants syriens pro-régime dans les rues de Ramussa, après leur prise de contrôle d'un district stratégiquement important dans la banlieue d'Alep la veille, le 9 septembre 2016. (Crédit : AFP/George Ourfalian)
Des combattants syriens pro-régime dans les rues de Ramussa, après leur prise de contrôle d’un district stratégiquement important dans la banlieue d’Alep la veille, le 9 septembre 2016. (Crédit : AFP/George Ourfalian)

Washington a affirmé que ce raid contre les forces syriennes il y a une semaine dans la région de Deir Ezzor, qui a tué au moins 90 soldats et incité Damas à mettre fin à une trêve, était une bavure.

Ce raid « a permis au groupe Etat islamique (EI) de prendre le contrôle du site » bombardé, près de l’aéroport de Deir Ezzor, a affirmé le ministre. « Cette lâche agression prouve clairement que les Etats-Unis et leurs alliés sont complices de l’EI et d’autres groupes terroristes armés ».

Muallem a assuré que Damas « ne ménagera aucun effort dans sa lutte contre le terrorisme » et s’est déclaré confiant dans la victoire finale du régime de Bashar el-Assad.

« Ma confiance dans la victoire est désormais encore plus grande, a-t-il expliqué, parce que l’armée syrienne fait de grands progrès dans sa guerre contre le terrorisme » avec le soutien de la Russie, de l’Iran et de la « résistance nationale libanaise » [le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah], qui sont les « vrais amis » de la Syrie.

Rencontrant la presse à New York, le dirigeant de l’opposition syrienne Riad Hijab a estimé que la Russie avait perdu le droit de co-présider avec les Etats-Unis le processus diplomatique en Syrie.

« Les enfants de Syrie ne sont pas des terroristes, a-t-il affirmé. Il est temps pour la communauté internationale de mettre fin à cela ».

Muallem a réitéré les accusations de Damas contre le Qatar et l’Arabie saoudite, pour avoir « envoyé en Syrie des milliers de mercenaires équipés d’armes très perfectionnées », et contre la Turquie pour avoir « ouvert sa frontière à des dizaines de milliers de terroristes ».

Il a accusé « certains d’exploiter la tragédie humanitaire et les souffrances des Syriens, en particulier dans les zones tenues par les terroristes ».

« Certains pays, a-t-il dit, continuent de verser des larmes de crocodile sur la situation des Syriens dans certaines zones […] pendant que ces mêmes pays continuent de soutenir et d’armer les terroristes […] qui empêchent la livraison de l’aide humanitaire. »

Il a réaffirmé que Damas restait « ouvert à une solution politique » selon les termes définis par le communiqué de Genève et sous la médiation de l’ONU.

Il a aussi promis que son gouvernement « était prêt à continuer de coopérer » avec une mission d’enquête de l’ONU qui cherche à déterminer la responsabilité d’attaques au gaz de chlore dans le nord de la Syrie.

Cette mission, dont le mandat vient d’être prolongé d’un mois par l’ONU, a déjà conclu que l’armée syrienne avait mené au moins deux de ces attaques en 2014 et 2015.

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