Quelques heures après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son émissaire présumé, Shlomi Fogel, ont démenti la véracité d’un article qui laissait entendre qu’ils avaient, semble-t-il, négocié secrètement avec le Hamas en 2014, la chaîne d’information N12 a révélé de nouveaux détails sur ces échanges présumés, qui ont déclenché une tempête politique.
Selon ce reportage, Netanyahu avait été interpellé à deux reprises par de hauts responsables israéliens de la sécurité au sujet de ce canal secret, affirmant à chaque fois tout ignorer de ce dernier.
La chaîne de télévision a noté que les services de sécurité israéliens avaient découvert en temps réel que Fogel, un associé du Premier ministre, menait des pourparlers avec Ghazi Hamad, un haut responsable du Hamas à Gaza, dans le but de parvenir à un accord de cessez-le-feu dans le cadre de l’opération « Bordure protectrice », cet été-là – alors même que trois généraux et le chef du Shin Bet se trouvaient au Caire pour mener des discussions officielles sur un cessez-le-feu au nom du Premier ministre.
De hauts responsables de la sécurité étaient allés interroger Netanyahu au sujet des activités de Fogel. Il avait reconnu connaître Fogel, mais il avait affirmé ne pas être au courant de telles discussions, disant qu’il n’avait pas envoyé Fogel rencontrer le Hamas, selon le reportage. Netanyahu avait encouragé les responsables de la sécurité à convoquer Fogel et à lui demander de cesser ses activités.
Fogel avait effectivement été convoqué, a noté le reportage télévisé, et il avait affirmé qu’il « agissait avec l’autorisation et avec la permission » nécessaires. Les responsables de la sécurité lui avaient rétorqué qu’ils lui ordonnaient, avec l’accord du Premier ministre, de cesser ses activités.
Mais Fogel n’avait pas arrêté. Quelques jours plus tard, des renseignements avaient indiqué que les discussions entre Fogel et le Hamas se poursuivaient.
Les responsables de la sécurité s’étaient donc rendus une deuxième fois auprès de Netanyahu, qui avait de nouveau affirmé ne rien savoir des pourparlers de Fogel, a précisé le reportage.
Netanyahu avait alors téléphoné à Yossi Cohen, qui devait ultérieurement devenir le chef du Mossad et qui était à l’époque à la tête du Conseil de sécurité nationale, et il lui avait demandé de dire à Fogel d’arrêter, a poursuivi la chaîne. Eyal Zamir, qui était alors secrétaire militaire de Netanyahu – c’est l’actuel chef d’état-major de Tsahal – se trouvait dans la pièce.
Fogel avait néanmoins poursuivi ses efforts et il avait été convoqué une nouvelle fois – il lui avait alors été dit qu’il enfreignait la loi. Il avait, de son côté, sorti « des dizaines de pages » de documents, « contenant tous les comptes rendus de ses réunions… tous les messages qu’il avait dû, sur demande, transmettre à Ghazi Hamad », a noté le reportage télévisé.
Les responsables de la sécurité avaient compris qu’il s’agissait là du modus operandi de Netanyahu. La chaîne a estimé que cet épisode avait fait écho à la nomination, par Netanyahu, du milliardaire philanthrope et dirigeant du Congrès juif mondial Ronald Lauder en tant qu’émissaire personnel secret chargé de négocier avec le président syrien Hafez al-Assad au sujet du plateau du Golan, en 1998, lors de son premier mandat de Premier ministre.