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Première audience en appel pour l’Israélienne condamnée aux EAU pour trafic de drogue

La sentence sera reportée jusqu'à ce que les voies de recours de Fidaa Kiwan soient épuisées ; son avocat élabore une "nouvelle stratégie" pour sa libération

Fida Kiwan (Crédit : Autorisation)
Fida Kiwan (Crédit : Autorisation)

L’avocat représentant l’Israélienne condamnée à mort pour trafic de drogue aux Émirats arabes unis a déclaré mardi que la première audience d’appel avait eu lieu aux Émirats et que la sentence de Fidaa Kiwan avait été gelée jusqu’à ce que la procédure d’appel soit terminée.

Dans un message vidéo publié par la chaîne publique Kan mardi, Ahmed Almazrouei, l’avocat de Kiwan, a déclaré qu’il avait comparu devant le tribunal à ses côtés.

« Nous avons tenu aujourd’hui notre première audience d’appel », a déclaré Almazrouei.

L’avocat a déclaré qu’il était en train d’élaborer « une nouvelle stratégie » pour la défense de Kiwan, qu’il présentera lors de la prochaine audience. « Nous espérons que la condamnation à mort sera annulée », a-t-il dit.

Almazrouei a noté qu’en vertu de la loi des Émirats, la peine de mort sera gelée pendant toute la durée de la procédure d’appel. Selon l’appel soumis, Mme Kiwan ne possédait pas les drogues dans le but de les vendre, ce qui constitue le chef d’accusation à l’origine de la condamnation à mort.

D’après la presse israélienne, la prochaine audience d’appel se tiendra le 31 mai à la Cour d’appel fédérale d’Abu Dhabi.

Almazrouei a été engagé par la famille Kiwan pour représenter leur fille lors des délibérations du tribunal dans l’État du Golfe, la famille ayant déclaré qu’elle n’avait pas réussi à mobiliser de soutien significatif de la part des dirigeants politiques israéliens.

Kiwan a été condamnée à mort le mois dernier à Dubaï après avoir été reconnue coupable de possession d’un demi-kilogramme de cocaïne.

Selon sa mère, la famille avait demandé au ministre de la Coopération régionale, Esawi Frej, et au ministère des Affaires étrangères d’intervenir, mais elle s’est heurtée à des obstacles.

Réalisant qu’une stratégie différente était nécessaire, la famille s’est tournée vers le Centre Mossawa, qui défend les droits des citoyens arabes en Israël.

« Si la suspecte avait été juive, les agences gouvernementales auraient pris des mesures pour l’aider, elle et sa famille », a déclaré le groupe de défense dans un communiqué. « Nous avons vu comment [l’ancien] Premier ministre Netanyahu a ramené une suspecte juive de Russie dans son jet privé », a ajouté le groupe, faisant référence au cas de Naama Issachar.

« La suspecte nie que la drogue lui appartenait et affirme qu’elle appartenait au propriétaire de l’appartement où elle séjournait », peut-on lire dans le communiqué.

Naama Issachar saluée par Sara Netanyahu, entourée de sa mère Yaffa et du Premier ministre Benjamin Netanyahu à l’aéroport de Moscou, le 30 janvier 2020 (Crédit : Koby Gideon/GPO)

S’adressant à la radio 104.5FM le mois dernier, Jafar Farah, le fondateur du Mossawa Center et un ami proche de la famille, a déclaré qu’il doutait que Kiwan ait pu se permettre les drogues en premier lieu.

« Je la connais depuis de nombreuses années. Je ne pense pas qu’elle ait l’argent nécessaire pour acheter un demi-kilo de cocaïne. Elle est détenue depuis près d’un an et a fini par recevoir la peine la plus sévère qui existe pour un tel délit. On lui a également promis, officieusement, que si elle disait à la police à qui appartenait la drogue, elle recevrait une peine plus légère, mais il s’est avéré que ce sont les deux autres suspects qui ont fini par recevoir la peine la plus légère », a déclaré Farah.

Les Émirats arabes unis sont connus pour leurs lois antidrogue très strictes, et quiconque est reconnu coupable de trafic de drogue est passible de la peine de mort. Les condamnations à mort ne sont toutefois pas systématiquement appliquées et sont souvent converties en lourdes peines de prison.

Kiwan, une résidente de Haïfa âgée de 43 ans propriétaire d’un studio de photographie, serait venue à Dubaï pour y travailler sur invitation d’une connaissance palestinienne il y a un an. Elle a été arrêtée peu de temps après, le 17 mars 2021, après la découverte de la drogue lors d’une fouille de son appartement.

Le ministère des Affaires étrangères a déclaré le mois dernier qu’il avait connaissance de l’affaire et qu’il « la traitait par l’intermédiaire du service consulaire et de nos représentants dans les Émirats. »

Ce n’est pas la première fois que les Émirats effectuent une saisie importante de drogue impliquant un Israélien. En octobre 2021, un Israélien – Halil Dasuki, 31 ans, originaire de Lod – avait été arrêté à Dubaï, car il était soupçonné d’avoir participé à un projet de contrebande d’une demi-tonne de cocaïne vers les Émirats et, de là, vers Israël.

Israël et les Émirats arabes unis ont normalisé leurs relations en 2020, lorsqu’ils ont signé, avec le Bahreïn, les accords d’Abraham négociés par les États-Unis. Les Émirats sont depuis devenus une destination touristique et commerciale populaire pour les Israéliens et des dizaines de milliers d’entre eux s’y sont déjà rendus.

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