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Première frappe iranienne en Égypte pour montrer sa capacité à intensifier le conflit – sources

Selon deux sources iraniennes, l'attaque de drone contre un méthanier américain dans le port de Damiette visait à démontrer que l'Iran peut encore perturber le trafic maritime mondial alors que la guerre s'étend

Des pompiers s’efforcent d’éteindre l’incendie qui ravage un méthanier provoqué par une frappe par de drone iranien dans le port égyptien de Damiette, le 29 juillet 2026. (Crédit : Capture d’écran/X ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)
Des pompiers s’efforcent d’éteindre l’incendie qui ravage un méthanier provoqué par une frappe par de drone iranien dans le port égyptien de Damiette, le 29 juillet 2026. (Crédit : Capture d’écran/X ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Selon deux sources iraniennes anonymes citées par le New York Times jeudi, Téhéran serait bien à l’origine de l’attaque de drone menée mercredi contre un méthanier américain en Égypte.

Il s’agit de la première attaque visant l’Égypte depuis le début de la guerre.

Selon ces sources, cette attaque visait à « montrer que le transport maritime mondial et l’approvisionnement énergétique pourraient être encore plus gravement perturbés si l’Iran choisissait d’intensifier le conflit ».

Les deux responsables n’ont toutefois pas précisé si l’attaque avait été menée directement par le régime iranien ou par l’un de ses proxys.

Un communiqué du ministère égyptien du Pétrole avait confirmé mercredi soir un incendie au port de Damiette, sans toutefois mentionner l’hypothèse d’une attaque de drone. Une information confirmée dans la matinée de jeudi.

« La situation a été prise en charge immédiatement, conformément aux plans d’urgence et d’intervention rapide », indiquait le ministère, sans toutefois préciser la cause de l’incendie. « Les procédures nécessaires sont en cours pour évaluer les conséquences de la situation. »

Irak, Arabie saoudite : la guerre au Moyen-Orient se propage

L’armée américaine a annoncé mercredi soir de nouvelles frappes « puissantes » sur le sol iranien, quelques heures après que Donald Trump a averti que les Etats-Unis allaient frapper « fort » l’Iran, et alors que le conflit au Moyen-Orient s’étend en Arabie saoudite et en Irak.

Ces frappes, lancées à 20H00 heure de Washington (00H00 GMT jeudi), « constituent une réponse puissante aux attaques iraniennes avortées d’hier contre les forces américaines basées au Moyen-Orient », a soutenu le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

L’armée américaine avait annoncé dans la nuit de mardi à mercredi avoir intercepté des missiles en provenance de l’Iran visant ses forces « au Moyen-Orient ». La télévision iranienne avait ensuite fait état de frappes américaines dans le nord-ouest du pays.

« Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée », a déclaré le président américain dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News mercredi. « On va les frapper très fort, parce que c’est à notre tour », a-t-il insisté plus tard devant la presse depuis la Maison Blanche.

Washington avait annoncé des frappes en Irak dans la nuit de mardi à mercredi contre des groupes armés pro-iraniens, menées conjointement avec l’Arabie saoudite, visée plus tôt par des missiles en provenance du territoire irakien.

Ces attaques dans plusieurs villes d’Irak ont fait 20 morts – dont cinq Iraniens – et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué ce réseau de factions à majorité chiite, intégré aux forces armées irakiennes et englobant des groupes armés pro-Iran.

« Notre riposte contre l’ennemi américain est inévitable, et pourrait frapper ses instruments en Arabie saoudite », a soutenu mercredi dans un communiqué la Résistance islamique en Irak, une puissante alliance terroriste irakienne pro-Iran.

Si M. Trump a affirmé, selon le journaliste de Fox News, que les frappes étaient « coordonnées avec le gouvernement irakien », la présidence irakienne a dénoncé une « violation flagrante de la souveraineté de l’Irak ».

Le Conseil ministériel irakien pour la sécurité nationale a ensuite indiqué avoir adopté « un plan de sécurité global (…) pour faire face à toute violation de la souveraineté de l’Irak et empêcher toute entité d’utiliser le territoire irakien pour menacer les Etats voisins ».

Les groupes pro-iraniens en Irak ont démenti être derrière les tirs ayant visé des installations pétrolières dans l’est de l’Arabie saoudite.

« Des avions de combat américains et saoudiens ont frappé plusieurs sites logistiques et d’armement terroristes dans l’est de l’Irak », a écrit le Centcom.

Téhéran a condamné les frappes dans le pays voisin.

Dans la capitale iranienne, des habitants exhalent leur lassitude.

« On ne sait pas vraiment si nous sommes en guerre ou en paix (…) Ce que je vois, c’est une population profondément découragée et déprimée », déclare à l’AFP Golrokh, une retraitée de 60 ans.

Avant les dernières frappes, le conflit entre l’Iran et les Etats-Unis s’était étendu à un autre front opposant les rebelles yéménites houthis à l’Arabie saoudite.

Ryad soutient militairement le gouvernement yéménite face aux Houthis, soutenus par l’Iran.

Les Houthis ont affirmé mardi avoir visé avec des missiles un pétrolier saoudien en mer Rouge, l’accusant d’avoir « violé le blocus naval » dont ils menacent le royaume, premier exportateur de brut au monde.

« Guerre par procuration »

Le gouvernement yéménite a accusé mercredi les Houthis de vouloir imposer des droits de passage aux navires transitant par la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d’étranglement à son extrémité sud.

L’Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l’Iran verrouille de nouveau le stratégique détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule.

Les Gardiens iraniens ont d’ailleurs annoncé mercredi avoir frappé et arrêté trois pétroliers qui tentaient de franchir ce détroit, par lequel transitait avant la guerre quelque 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié dans le monde.

De son côté, Washington a annoncé de nouvelles sanctions visant des entités iraniennes liées aux Gardiens, accusées d’extorquer des revenus aux navires transitant par ce détroit.

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