La police enquête sur la présence de benzodiazépines dans des aliments pour bébés
Le ministère de la Santé, qui a ordonné la fermeture de deux succursales de la chaîne de magasins Zol veGadol à Jérusalem, a ouvert une enquête aux côtés des forces de l'ordre
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La police de Jérusalem a ouvert une enquête sur l’éventuelle présence de médicaments psychotropes dans des aliments pour bébés, après l’admission, la semaine dernière, de quatre enfants à l’hôpital Hadassah Ein Kerem de Jérusalem. Ils présentaient tous des symptômes d’intoxication aux benzodiazépines.
La police déterminera s’il y a un lien avec les purées pour bébés de la marque Prinok vendues dans deux magasins d’une chaîne de supermarchés de Jérusalem, Zol VeGadol, et si des traces de ces deux médicaments sédatifs y sont détectées.
Si le ministère de la Santé a déclaré qu’aucun lien de causalité n’avait encore été établi, il a fermé mercredi deux magasins de cette chaîne.
Dans un communiqué, la police a indiqué avoir lancé « une série de mesures d’enquête, tant ouvertes que discrètes, afin de remonter à la source des substances sédatives et de déterminer la manière dont elles ont été introduites dans les produits. À ce stade, toutes les pistes sont examinées ».
D’après les analyses de laboratoire, du clonazépam et du lorazépam, des molécules de la famille des benzodiazépines – qui sont normalement prescrites pour traiter l’anxiété et les troubles paniques – ont été trouvées dans les petits pots.
Tous les enfants qui ont été hospitalisés après avoir consommé ces purées ont depuis quitté l’hôpital.
« Il est important de comprendre que les cas d’intoxication aux benzodiazépines peuvent mettre la vie en danger et qu’elles surviennent généralement chez les enfants à la suite d’une ingestion accidentelle à leur domicile », a commenté dans un communiqué le professeur Saar Hashavia, directeur du service des urgences pédiatriques de l’hôpital Hadassah Ein Kerem et directeur adjoint de l’établissement.
« Cette série de cas est inhabituelle à double titre : d’une part, parce que plusieurs enfants ont été intoxiqués simultanément ; d’autre part, parce qu’il n’y avait aucun accès possible à des médicaments sur ordonnance dans l’environnement de ces enfants », a expliqué le professeur Hashavia.
Dans une interview accordée à la chaîne d’information N12, Yael Bitton, une habitante de Jérusalem, a raconté qu’après que deux de ses filles ont mangé cette purée, « elles se sont toutes les deux effondrées par terre ».
Elle a précisé qu’une autre famille, dont l’enfant a également été hospitalisé, avait acheté la purée dans un magasin de la même chaîne.
La commissaire adjointe Liat Borowski, responsable des enquêtes et du renseignement, a déclaré au média qu’une enquête pénale avait été ouverte afin de s’assurer que « aucune autre partie, notamment une partie étrangère, n’était impliquée dans cette affaire ».
Borowski a précisé que les analyses effectuées à l’hôpital avaient permis de déterminer que les petits pots provenaient du même lot : « Nous examinons donc si une entité étrangère est intervenue pour y introduire ces substances ».
Un porte-parole de Randy, la société qui distribue les aliments pour bébés Prinok en Israël, a déclaré dans un communiqué que, dans la mesure où le produit était vendu dans des centaines de points de vente à travers le pays, « il n’y a aucune crainte s’agissant de la présence de substances étrangères dans le produit », et qu’il s’agissait de « cas isolés ».
Dans un communiqué, le ministère a rappelé au public de s’assurer que tous les produits achetés étaient bien scellés et intacts, et vendus dans leur emballage d’origine.
Le ministère a diffusé une directive professionnelle à l’intention des hôpitaux de la région de Jérusalem afin qu’ils redoublent de vigilance face aux cas de nourrissons et de jeunes enfants présentant à leur arrivée des symptômes pouvant correspondre à une exposition à ces substances de la famille des benzodiazépines.
Le ministère a exhorté les parents dont les enfants ont consommé ce produit à être attentifs à tout changement dans le comportement de leurs enfants, citant notamment une somnolence inhabituelle ou des troubles de l’élocution, et à contacter leur pédiatre ainsi que la ligne d’assistance du ministère au *5400.
Le ministère a réaffirmé qu’il ne s’agissait pas d’un rappel généralisé de tous les produits Prinok, car à l’heure actuelle, aucun indice n’a été trouvé concernant un défaut ou un dysfonctionnement lors de la fabrication, ni concernant une contamination survenue au sein même de l’usine. Il a ajouté que tous les tests effectués sur les produits provenant des importateurs s’étaient révélés être normaux.
« Nous sommes heureux que la vigilance du personnel et sa capacité à appréhender la situation dans son ensemble aient catalysé l’enquête des autorités », a dit Hashavia.
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