Primaires du Likud : Deux chefs d’implantation soutiennent Gideon Saar
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Primaires du Likud : Deux chefs d’implantation soutiennent Gideon Saar

Le président du conseil régional de Samarie et membre du Likud, Yossi Dagan, remercie le Premier ministre mais estime qu'il ne pourra pas former un gouvernement

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

De gauche à droite, l'ex-député du Likud  Gideon Saar et le président du Conseil régional de Samarie Yossi Dagan dans une tente de protestation aux abords de la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 29 octobre 2017. (Crédit : Miri Tzachi)
De gauche à droite, l'ex-député du Likud Gideon Saar et le président du Conseil régional de Samarie Yossi Dagan dans une tente de protestation aux abords de la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 29 octobre 2017. (Crédit : Miri Tzachi)

Un éminent dirigeant d’implantation a fait savoir mardi, qu’il apportait son soutien au rival de Benjamin Netanyahu au sein du Likud, Gideon Saar, réclamant l’organisation de primaires à la tête du parti au vu de l’impasse politique qui empêche la formation d’un gouvernement.

Le président du conseil régional de Samarie Yossi Dagan ajoute ainsi son nom à une petite liste, qui ne cesse toutefois d’augmenter, de dirigeants municipaux du Likud qui ont fait part de leur soutien à Saar – sans grand enthousiasme – alors que la perspective d’un troisième scrutin, cette année, ne cesse de se préciser.

Dagan a déclaré que Netanyahu était « l’un des plus grands leaders d’Israël » dans un message publié sur sa page Facebook.

« Mais nous devons nous rappeler que la gouvernance continue du camp national tout entier fait face à un danger tangible », a clamé Dagan, fondateur de la branche pro-implantations « Mon Likud » au sein de la formation de droite qui a recruté des centaines de nouveaux membres vivant au-delà de la Ligne verte.

« Dans la réalité qui est celle d’aujourd’hui et dans la mesure où il semble impossible de mettre en place un gouvernement, il faut que des primaires à la tête du parti soient organisées », a-t-il ajouté.

Benjamin Netanyahu et le président du conseil de Yesha, Hananel Dorani, le 7 novembre 2017. (Autorisation)

Malgré l’appui des partis moins importants d’extrême-droite et religieux, Netanyahu n’est pas parvenu à rassembler une coalition de droite ou d’unité après deux essais successifs. La principale formation rivale, Kakhol lavan, a insisté sur le fait qu’elle n’intègrerait pas un gouvernement dirigé par Netanyahu, en proie à des déboires judiciaires, et Saar a publiquement défié Netanyahu au poste de numéro un du Likud.

La majorité des ministres et des députés continuent à soutenir Netanyahu, mais un nombre croissant de politiciens locaux se rangent du côté de Saar.

Ce faisant, Dagan a déclaré que ce dernier était un dirigeant digne d’estime et un allié du mouvement pro-implantations.

Hananel Dorani, ancien chef de l’organisation-cadre pro-implantations du Conseil de Yesha et président actuel du conseil local de Kedumim, a également fait savoir qu’il appuyait Saar dans une annonce lundi sur Facebook.

Dorani a indiqué qu’il gardait l’espoir que Netanyahu pourrait être en mesure de former un gouvernement dans la semaine précédant la date du 11 décembre, au cours de laquelle un député a l’opportunité de rassembler 61 signatures auprès de ses pairs pour obtenir la charge de tenter de mettre en place une coalition.

« Mais telles que les choses apparaissent aujourd’hui, la situation ne semble pas vouloir changer, et nous faisons face à la probabilité d’une troisième campagne électorale qui… renverra le bloc de droite loin des 61 sièges tandis que le bloc de gauche renforcera son pouvoir », a écrit Dorani.

Réclamant l’organisation de primaires anticipées, le maire de Kedumim a donné son soutien à Saar et l’a salué pour s’être opposé au désengagement de Gaza, en 2005, même si cela avait signifié que le politicien avait dû s’opposer frontalement au dirigeant de son propre parti, le Premier ministre de l’époque, Ariel Sharon.

« C’est Gideon Saar qui pourra former un gouvernement et sauver le camp nationaliste », a conclu Dorani.

Le Premier minister Benjamin Netanyahu (droite) avec le chef des implantations Yossi Dagan lors d’un événement commémorant les 50 ans des implantations en Cisjordanie, el 18 o’ut 2017. (Jacob Magid/Times of Israel)

Ces soutiens de la part de Dagan et Dorani, qui se situent chacun à l’opposé d’un spectre politique finalement assez étroit, laissent entrevoir la possibilité d’une insatisfaction à l’égard de Netanyahu en Cisjordanie.

Dorani provient de l’establishment qui a traditionnellement pris la défense du Premier ministre et qui a évité la confrontation publique avec ce dernier, alors que Dagan a pris la tête de manifestations organisées aux abords de l’habitation et du bureau du Premier ministre à Jérusalem.

Mais aucun des deux camps n’avait soulevé jusqu’à cette semaine l’idée d’appuyer ouvertement un départ de Netanyahu.

David Elhayani, président du conseil de Yesha, à la tête du conseil régional de la vallée du Jourdain, a indiqué au Times of Israel conserver sa loyauté à l’égard de Netanyahu – qui a été mis en examen dans trois dossiers pour corruption – et ajouté qu’il était en train d’écrire une lettre de soutien pour le leader du Likud.

Ce courrier a été publié mardi soir et a été signé par huit des 24 maires de localités israéliennes en Cisjordanie – bien que Elhayani ait été le seul président de conseil régional à l’avoir ratifié.

Le maire de la vallée du Jourdain a été rejoint par des chefs de conseils locaux et notamment par Shai Alon, maire de Beit El, et Eliyahu Libman, maire de Kiryat Arba.

De gauche à droite : le président du conseil régional du Gush Etzion Shlomo Ne’eman, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président du conseil de Yesha David Elhayani à un point d’observation du Gush Etzion, le 19 novembre 2019. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Cette lettre ouverte a remercié Netanyahu pour être « resté fort » face aux pressions exercées sur Jérusalem par l’administration Obama pour limiter l’expansion des implantations, et salué le leader du Likud pour sa promesse pré-électorale d’annexion de la vallée du Jourdain.

« Nous espérons tous que vous continuerez à diriger le pays », ont écrit les huit maires à Netanyahu.

Cette missive écrite à l’initiative d’Elhayani est parue alors que la Treizième chaîne faisait savoir que Netanyahu avait frénétiquement téléphoné aux chefs d’implantations, leur demandant vivement de le soutenir ouvertement dans les heures qui ont suivi les déclarations de Dorani et de Dagan en soutien à Saar.

Le Premier ministre a courtisé avec assiduité le soutien de la communauté pro-implantations, jurant de ne pas faire évacuer ces dernières et promettant leur annexion, ainsi que celle de la vallée du Jourdain toute entière. Netanyahu s’est également enorgueilli d’une hausse du nombre de constructions en Cisjordanie au cours des dernières années, sous l’œil permissif de l’administration Trump.

Ses opposants ont critiqué le responsable du Likud qui, selon eux, a entrepris des démarches vides ou cyniques en faveur des chefs d’implantation en échange de leur soutien alors que sa situation judiciaire ne cessait de s’assombrir.

Le président du conseil local de Karnei Shomron Igal Lahav, arrivé deuxième au scrutin visant à désigner le dirigeant du conseil de Yesha, la semaine dernière, a refusé d’accorder son plein appui à Netanyahu comme à Saar.

Il a expliqué au Times of Israel que les contributions apportées par le Premier ministre en titre au mouvement pro-implantations étaient dignes d’éloges et de reconnaissance. Ce membre du Likud a néanmoins clairement établi que Saar serait un candidat légitime à la tête du parti et dénoncé les efforts livrés par les alliés de Netanyahu d’affubler à l’ex-ministre de l’Education l’étiquette de « gauchiste ».

Plusieurs maires de villes situées sur le territoire israélien ont également fait part de leur soutien à Saar.

« Le temps du changement est arrivé », a ainsi commenté le maire d’Akko, Shlomo Lankri, des propos repris lundi par le site Ynet.

Saar est le seul membre du Likud à avoir annoncé qu’il se présenterait contre Netanyahu lors des prochaines primaires.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu serre la main de Gideon Saar (à droite) à son arrivée au centre du patrimoine Menachem Begin à Jérusalem, le 11 mars 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le mois dernier, Netanyahu a accepté l’organisation des primaires, mais elles n’auront probablement pas lieu avant la date-limite de formation d’un gouvernement qui a été fixée au 11 décembre.

Saar accuse Netanyahu d’être responsable du prolongement de l’impasse politique dans laquelle le pays est bloqué depuis plusieurs mois en refusant de partir.

Tandis qu’un grand nombre de personnalités de l’opposition ont appelé Netanyahu à démissionner après l’annonce de ses mises en examen, le frondeur a cité le bourbier politique dans lequel est plongé l’Etat juif comme principale raison justifiant le départ de son rival.

« Le Premier ministre doit prendre ses responsabilités – non à cause de son inculpation, mais à cause de la situation dans laquelle le pays se trouve, à savoir privé d’un gouvernement », a lancé Saar le mois dernier.

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