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Projets de lois discriminatoires : La banque Discount prive les intolérants de crédit

Microsoft et Wiz ont exprimé leur inquiétude face aux intentions du nouveau gouvernement de légiférer pour permettre aux entreprises de refuser des services pour motifs religieux

Un Juif ultra-orthodoxe devant un distributeur de la Banque Discount, à Jérusalem, le 1er juillet 2013. (Crédit : Nati Shohat/Flash 90)
Un Juif ultra-orthodoxe devant un distributeur de la Banque Discount, à Jérusalem, le 1er juillet 2013. (Crédit : Nati Shohat/Flash 90)

Entreprises du secteur de la technologie et institutions financières israéliennes font front commun avec la banque israélienne Discount dans leur opposition aux discriminations que le nouveau gouvernement pourrait prochainement autoriser.

La banque Discount a annoncé, dimanche, que son conseil d’administration avait accepté une recommandation de la direction de revoir sa politique de crédit afin de ne pas accorder de crédit aux entreprises ou organisations agissant de manière discriminatoire sur la base de la religion, de la race, du sexe ou de l’orientation sexuelle.

« Nous avons jugé opportun de modifier la politique de crédit de la banque, afin que ce qui est déjà évident devienne officiel », a déclaré le président de la banque israélienne Discount, Shaul Kobrinsky.

« En vertu de cette politique, la banque israélienne Discount n’accordera pas de crédit aux entreprises ou entités qui discriminent les clients de l’État d’Israël. »

« C’est notre engagement et notre responsabilité en tant qu’entité commerciale de poids au sein de l’économie israélienne », a ajouté Kobrinsky.

La déclaration de la banque israélienne Discount est manifestement une réaction à l’accord de coalition entre HaTzionout HaDatit et le Likud, dont une clause stipule que le nouveau gouvernement proposera un projet de loi sur la discrimination pour permettre aux propriétaires d’entreprises de refuser de fournir un service s’il viole leurs croyances religieuses. L’accord n’a pas encore été officiellement signé.

Entre temps, le nouveau Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a nié être animé de pareilles intentions.

Les bureaux de Wiz à Tel Aviv. (Courtoisie)

La loi telle qu’elle existe interdit la discrimination, par ceux qui fournissent des services ou des produits publics, sur la base de la race, de la religion, du sexe, de l’orientation sexuelle ou autres considérations similaires. Quiconque le fait est passible d’une amende.

Michal Braverman-Blumenstyk, vice-présidente du géant de la technologie Microsoft Corp., a rappelé que les discours encourageant le racisme et les discriminations n’avaient pas leur place dans une société civilisée.

« Microsoft est un lieu de diversité d’où toute forme de racisme est bannie », a écrit Braverman-Blumenstyk dans un communiqué publié sur sa page LinkedIn.

« La raison du succès de l’entreprise est la diversité : je me promène tous les jours dans les couloirs de Microsoft et je vois des employés merveilleux – juifs, arabes, ultra-orthodoxes, laïcs, LGBT, femmes et hommes – travailler côte à côte dans la fraternité et avec professionnalisme, persuadés que tout le monde est égal. »

« Israël est un État démocratique et moral, et doit le rester », a déclaré Braverman-Blumenstyk, qui est également directrice-générale du Centre de recherche et développement de Microsoft Israël.

La société israélienne de cybersécurité Wiz a annoncé lundi que toute entreprise souhaitant faire affaire avec la start-up devra se conformer à sa politique de non-discrimination.

La discrimination à l’encontre d’une personne pour quelque raison que ce soit – que ce soit la race, la religion, la nationalité, le pays d’origine, le sexe, l’orientation sexuelle, les perspectives, l’affiliation à un parti, l’âge ou le statut personnel – sera un motif pour Wiz de mettre fin à toute relation commerciale avec la société contractante, a déclaré la startup.

« Les récents appels à la révocation des droits fondamentaux, entendus dans l’arène politique en Israël, préoccupent gravement notre société », a déclaré Wiz.

« Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour prévenir toute forme de discrimination. »

D’autres sociétés et institutions financières, dont More Investment House, Altshuler Shaham Investment House et la compagnie d’assurance AIG Israël, ont fait des déclarations similaires s’engageant à refuser les discriminations.

Les déclarations de la communauté d’affaires israélienne font suite aux propos incendiaires de la future ministre Orit Strouk, du parti HaTzionout HaDatit, la veille, affirmant que les médecins devraient être autorisés à refuser de fournir des traitements qui contreviennent à leur foi religieuse, tant qu’un autre médecin est prêt à le faire.

Le député HaTzionout HaDatit Simcha Rothman a tenu des propos similaires dimanche, affirmant que si un hôtel voulait refuser d’accueillir des homosexuels pour raisons religieuses, il devrait pouvoir le faire.

La semaine passée, plus d’une centaine de hauts dirigeants d’entreprises et de gestionnaires de fonds israéliens se sont joints à un appel, lancé plus tôt ce mois-ci, pour avertir Netanyahu que les politiques souhaitées par sa coalition nuiraient à l’image démocratique et stable d’Israël, et pourraient même porter préjudice à son industrie en faisant fuir des investissements étrangers cruciaux.

Le fonds de capital-risque Pitango a appelé lundi la communauté du capital-risque et l’industrie de la haute technologie à s’opposer à toute manifestation de haine, racisme ou discrimination, qui porte atteinte à la démocratie et l’État de droit en Israël.

La société de capital-risque a affirmé son engagement à ne travailler qu’avec des entreprises et entités qui ne font aucune discrimination en matière de race, religion, nationalité, pays d’origine, sexe, orientation sexuelle, affiliation politique ou âge.

« Pitango travaille depuis des années à la promotion de la diversité, de l’inclusion et de l’égalité pour tous, au sein des populations ultra-orthodoxes, des minorités arabes, de la communauté gay et d’autres populations », a déclaré Chemi Peres, fondateur de Pitango.

« Cet appel illustre notre engagement envers chacun d’entre eux, et nous continuerons à travailler pour eux, plus que jamais. »

Fils du défunt président Shimon Peres, Chemi Peres a souligné que le secteur de la haute technologie demeurait le moteur de la croissance d’Israël.

« La contribution de la communauté high-tech à l’économie israélienne est très importante », a-t-il rappelé.

« Nous devons tous nous engager à maintenir une société égalitaire et inclusive, dans l’intérêt de l’État d’Israël et de son avenir. »

L’équipe du Times of Israel a contribué à la rédaction de cet article.

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