Quatorze Israéliens ayant eu une injection de rappel infectés par la COVID-19
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Quatorze Israéliens ayant eu une injection de rappel infectés par la COVID-19

Les données sont insuffisantes pour tirer des conclusions sur l'efficacité de la troisième dose ; les ministres s'opposeraient sur un confinement potentiel

Une Israélienne reçoit une injection de rappel dans une maison de retraite de Jérusalem, le 4 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Une Israélienne reçoit une injection de rappel dans une maison de retraite de Jérusalem, le 4 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Quatorze Israéliens ont été testés positifs à la COVID-19 malgré l’administration d’une injection de rappel, selon des données du ministère de la Santé qui ont été rendues publiques dimanche par la Douzième chaîne.

Selon la chaîne, deux personnes contaminées après avoir reçu la troisième dose ont été hospitalisées.

Il est difficile de dire si les 14 malades ont contracté la COVID-19 avant ou après avoir bénéficié de la piqûre de rappel. De tels exemples sporadiques ne sont pas suffisants pour que les responsables de la santé puissent tirer des conclusions sur l’efficacité générale d’une troisième dose dans la lutte contre le variant Delta de la maladie.

Onze des 14 cas concernent des Israéliens âgés de plus de 60 ans et les trois autres sont âgés de moins de 60 ans, mais sont immunodéprimés, a noté la Douzième chaîne. Les deux personnes prises en charge à l’hôpital sont sexagénaires.

Ce sont environ 420 000 Israéliens qui ont reçu une troisième dose jusqu’à présent dans le cadre d’une campagne qui a été lancée la semaine dernière.

De leur côté, au cours d’une réunion qui a eu lieu dimanche, les ministres du gouvernement se sont opposés sur la perspective d’un confinement pendant les Grandes fêtes dans le contexte de hausse des cas de COVID-19 dans le pays, selon des fuites qui ont été reprises par la presse israélienne.

Des informations transmises par la Douzième chaîne, par la Treizième chaîne et ailleurs ont indiqué que la ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton, qui avait suscité la controverse en qualifiant le projet de faire vacciner les enfants directement dans les écoles de « crime », a déclaré pendant la réunion que l’option d’un confinement devait être « retirée de l’ordre du jour ».

Le Premier ministre Naftali Bennett, au centre, et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, à gauche, lors d’une réunion du cabinet au ministère des Affaires étrangères de Jérusalem, le 8 août 2021. (Crédit : Ohad Zwigenberg/POOL via Flash90)

Elle a ajouté que de tels discours entraînaient l’instabilité économique et que « les gens s’angoissent… pour leur gagne-pain », ont précisé les médias. « Nous avons bien vu les tableaux – peu importe que les pays imposent ou non un confinement, les tableaux des taux de morbidité se ressemblent dans un cas et dans l’autre ».

Le ministre des Renseignements, Elazar Stern, a déclaré que « nous devons éliminer le mot ‘confinement’ de notre lexique. C’est nous qui entraînons le sentiment, chez les gens, d’une vie passée sous la menace ».

Hamad Amar, ministre au ministère des Finances, a fait remarquer que l’Australie avait entamé son huitième confinement et que pourtant, les cas de coronavirus étaient encore en augmentation. Il a affirmé que « le confinement n’est pas une solution ».

D’autres ministres ont souligné la nécessité d’un confinement et l’importance d’évoquer ouvertement cette possibilité avant de l’imposer.

La ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton à Jérusalem, le 14 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/FLASH90)

« Je ne pense pas que nous devions effrayer le public, moi non plus – mais la vérité, c’est que la réalité est effrayante », aurait commenté le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev. « La pire situation, ce serait de ne pas mentionner le mot ‘confinement’ puis d’en imposer un dans quatre semaines ».

« Nous devons dire la vérité – tout dépendra du public », a ajouté Barlev, voulant apparemment dire que le renforcement des campagnes de sensibilisation et le respect des règles sanitaires pourraient permettre d’éviter un confinement.

Lors de la réunion, par ailleurs, la ministre de l’Égalité sociale, Meirav Cohen, aurait protesté, aux côtés d’autres ministres, contre l’exclusion des synagogues des nouvelles limitations apportées aux rassemblements sous le système du Pass vert, qui a été remis en fonction.

Depuis dimanche, les regroupements de toute taille, qu’ils soient organisés en espace clos ou à l’extérieur, sont limités aux seules personnes vaccinées, en rémission de coronavirus ou présentant un test négatif. Tandis que le plan, à l’origine, comprenait les synagogues et autres lieux de culte, les regroupements de moins de 50 personnes sont dorénavant dispensés de restriction concernant les offices de prière.

« Cela fait mal de voir cette décision prise par le cabinet du coronavirus d’exclure les synagogues du Pass vert. Comme si nous n’avions pas tiré les leçons des vagues précédentes », a regretté Cohen. « Il n’y a aucune justification à cette exception. Elle a aussi entraîné, dans le passé, la mort de dizaines – si ce n’est de centaines – de personnes qui s’étaient rendues dans les synagogues et une telle décision nuit gravement à la solidarité sociale », a-t-elle ajouté.

Le secrétaire de cabinet Shalom Shlomo a répondu à Cohen en disant que cette initiative relevait d’une instruction légale et non d’une décision politique. L’exemption des services religieux a été déterminée dans un accord conclu entre le ministre de la Santé Nitzan Horowitz et le procureur-général Raz Nizri, qui avait fait part de son inquiétude face à une éventuelle atteinte de la liberté religieuse en cas d’interdiction faite aux citoyens non-vaccinés de prendre part aux prières communautaires.

Quand Cohen a demandé à Shlomo de présenter un document ordonnant l’exemption des synagogues, ce dernier a répondu qu’il n’y en avait pas.

Le Premier ministre Naftali Bennett, à droite, et la ministre de l’Égalité sociale Meirav Cohen à Jérusalem, le 27 juillet 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le Premier ministre Naftali Bennett aurait alors mis un terme au débat et expliqué que la question des synagogues serait abordée « dans un forum plus petit », faisant probablement référence au cabinet dit « du coronavirus » qui réunit les ministres dont les portefeuilles sont en liaison directe avec la pandémie.

Pour sa part, le ministère de la Santé a diffusé de nouveaux chiffres, lundi matin, qui continuent à montrer une hausse continue du nombre de cas graves du coronavirus. 360 sont grièvement atteints par la COVID-19, contre 348 dimanche et 257 jeudi.

902 148 ont attrapé le coronavirus depuis le début de la pandémie, qui a entraîné 6 542 morts.

Le ministère de la Santé a ajouté que plus de 5,8 millions de personnes, au sein de l’État juif, avaient reçu une première dose de vaccin au moins, que 5,4 millions de personnes avaient terminé leur parcours vaccinal et 420 000 personnes avaient d’ores et déjà bénéficié d’une piqûre de rappel. La population israélienne est constituée de 9,3 millions de personnes.

Plus d’un million d’Israéliens éligibles à la vaccination n’ont pas reçu une seule dose, selon le ministère de la Santé.

La ministre des Transports, Merav Michaeli, aurait suggéré pendant la réunion de dimanche que les caisses d’assurance-santé prévoient de manière préemptive des rendez-vous pour les personnes non-vaccinées qui leur permettraient de recevoir les injections.

Bennett, ainsi que le ministre de la Santé Horowitz, a fait part de son intérêt pour cette proposition et il a précisé qu’elle serait examinée par son bureau.

Les Israéliens présentent des certificats de vaccination à l’entrée du Kadosh Cafe de Jérusalem, le 8 août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les ministres ont approuvé jeudi l’élargissement significatif des restrictions sur les rassemblements – avec un pass sanitaire qui s’applique dorénavant aussi aux hôtels, aux restaurants et aux clubs de gym. les regroupements de toute taille, qu’ils soient organisés en espace clos ou à l’extérieur, sont limités aux seules personnes vaccinées, en rémission de coronavirus ou présentant un test négatif.

La Douzième chaîne a annoncé, vendredi, que les responsables de la Santé avaient indiqué qu’un confinement ne serait nécessaire que si et quand Israël atteindrait le seuil des 600 à 700 personnes dans un état critique.

« Le coronavirus va être là pendant de nombreuses années et il y aura de nombreux variants de plus, et nous devons apprendre à vivre avec », aurait déclaré le ministre des Finances, Avigdor Lieberman, lors de la réunion de dimanche.

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