Tsahal expulse des Palestiniens de leurs domiciles, une opération qui viserait à mettre fin au harcèlement des pro-implantations
L'armée revient sur son ordre d'évacuation, mais certains Palestiniens disent ne toujours pas avoir été autorisés à regagner leur foyer à Qusra, qui reste assiégé ; selon Huckabee, Tsahal est à Qusra à sa demande, il dénonce les « terroristes »
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

L’armée israélienne a ordonné jeudi l’évacuation de 15 habitations dans le village de Qusra, au nord de la Cisjordanie, dans le cadre d’une opération qui visait, selon les déclarations officielles, à démanteler plusieurs avant-postes israéliens illégaux encerclant la localité.
Mais tandis que les Palestiniens ont reçu l’ordre de quitter la zone, les résidents de ces avant-postes, qui assiégeaient depuis dimanche deux habitations à Qusra, sont quant à eux restés sur place.
On ignore pourquoi l’armée israélienne a jugé nécessaire d’expulser les Palestiniens de leurs maisons pour déloger les extrémistes juifs de la zone ; peu après que cette affaire a fait la une des journaux, l’armée a annulé l’ordre d’évacuation.
Certains Palestiniens ont été autorisés à regagner leurs foyers, mais l’une des deux familles assiégées a déclaré au Times of Israel que l’accès à sa maison lui était toujours interdit.
Par ailleurs, l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a qualifié les partisans du mouvement pro-implantations de « terroristes ». Il a annoncé que les forces de sécurité israéliennes se trouvaient sur les lieux à la demande de l’ambassade des États-Unis.
L’armée israélienne a pour sa part indiqué que des soldats opéraient à Qusra depuis jeudi matin « afin de protéger les habitants et de maintenir la sécurité dans la zone ».
יום חמישי ברציפות בקוסרה. המתנחלים עדיין מול הבתים למי שתהה. (לפי עדות מוקדמת יותר פונו לכמה דקות אך לפי התיעוד הם שם כרגע) pic.twitter.com/KFHwFBjBa2
— Nurit Yohanan (@nurityohanan) August 13, 2026
« Les forces ont reçu pour instruction d’autoriser les habitants du village à rester dans leurs maisons », a déclaré l’armée israélienne dans un communiqué, revenant sur son ordre d’évacuation initial. Les soldats entreront toutefois dans les bâtiments inoccupés de la localité, a précisé l’armée.
Dans la matinée de jeudi, des soldats s’étaient rendus au domicile des familles assiégées. Ils leur avaient ordonné de quitter les lieux pour trois jours en raison d’une opération militaire.
Un habitant de Qusra a confié au Times of Israel que les soldats avaient intimé aux résidents de 15 habitations du village de quitter leurs foyers, dans le cadre d’une opération militaire visant à évacuer les avant-postes illégaux de la région.
Les forces de l’armée israélienne et de la police des frontières sont arrivées à Qusra jeudi avant l’aube, afin de tenter de déloger les extrémistes juifs qui assiégeaient les deux habitations du village, ont indiqué des habitants au Times of Israel. Une tentative similaire menée mercredi avait échoué.
Selon les habitants, l’armée israélienne a démoli toutes les structures de fortune érigées par les partisans du mouvement pro-implantations dans la zone. Néanmoins, des images ont révélé que plusieurs d’entre eux se trouvaient toujours à proximité des maisons assiégées ; les habitants ont par ailleurs avoué qu’ils avaient encore peur de sortir de leurs maisons.
Un habitant a indiqué que les partisans du mouvement pro-implantations qui se trouvaient devant les maisons s’étaient repliés vers le haut de la colline, dans un ancien avant-poste établi il y a plusieurs mois et qui, selon lui, n’a pas été évacué.
החיילים גירשו כעשרים משפחות מבתים שונים בכפר קוסרא, ותפסו את גגותיהם. בזמן הזה, עשרות מתנחלים מתחבאים בבתים בפאתי הכפר כדי להמנע מפינוי ע"י הצבא. התושבים כאן לא מבינים למה הם אלה שמגורשים מבתיהם, מתי יוכלו לחזור ו אם יפונו כל המאחזים בסביבה או רק זה שהתפרסם עכשיו בחדשות. pic.twitter.com/uZJ52NQMMO
— Alon-Lee Green – ألون-لي جرين – אלון-לי גרין ???? (@AlonLeeGreen) August 13, 2026
L’armée a confirmé que les forces de sécurité avaient détruit pendant la nuit les structures de deux avant-postes illégaux situés dans les villages de Qusra et Jalud, en Cisjordanie.
Kusay Abu Ridi, habitant de l’une des maisons assiégées à Qusra, a déclaré au Times of Israel que des soldats étaient entrés chez lui, et lui avaient ordonné de quitter les lieux dans la demi-heure suivante, sans lui donner aucune explication.
Interrogée sur la question, l’armée israélienne a indiqué que des soldats étaient stationnés dans des habitations de la zone afin de protéger les habitants. Elle n’a pas répondu à l’allégation selon laquelle les propriétaires de ces habitations auraient reçu l’ordre de partir.
La radio de l’armée Galei Tsahal a rapporté que l’armée israélienne avait prévu une opération de plusieurs jours pour mettre fin à cette situation à Qusra. Certains habitants ont rapporté que l’armée leur avait fait part d’une opération de trois jours.
« Les soldats de l’armée israélienne sont déployés dans des habitations du village en position défensive, afin de maintenir une présence sur place et de protéger les habitants, notamment dans l’une des maisons palestiniennes dont les occupants seraient assiégés, pour assurer leur sécurité », a affirmé l’armée israélienne.
Huckabee, au lendemain de la parution d’un article faisant état de la colère de l’administration Trump face à l’« anarchie » que laisse régner Israël en Cisjordanie, a publié une déclaration condamnant avec force l’« acte terroriste odieux » commis à Qusra.
L’ambassadeur américain a ajouté que Washington était « TRÈS impliqué » dans les initiatives visant à mettre fin au siège mené par les extrémistes juifs, affirmant sur X que « l’armée et la police israéliennes sont intervenues à notre demande pour déloger les terroristes israéliens à l’origine de ces actes ».
« Les agissements de ceux qui ont perpétré cet acte terroriste odieux, destiné à intimider et à harceler cette famille, sont révoltants. Rien ne peut excuser un tel comportement de violence », a-t-il souligné.
L’une des maisons assiégées appartient à Loui Ridi, un Américain d’origine palestinienne qui vit dans l’Ohio. Le frère et le neveu de 18 ans de ce dernier se trouvaient piégés à l’intérieur.
Ridi a expliqué au Times of Israel avoir contacté l’ambassade des États-Unis pour obtenir de l’aide.
La chaîne publique Kan a rapporté mercredi que des responsables de la Maison Blanche avaient abordé la question du siège et conclu qu’Israël ne prenait pas l’affaire au sérieux. Selon Ynet, des responsables américains s’interrogeaient sur les raisons pour lesquelles Israël laissait une telle « anarchie » régner en Cisjordanie.
Au cours de l’opération de mercredi, des résidents d’implantations ont bloqué la route menant aux habitations à l’aide de pierres, et ont affronté les forces de sécurité. Les soldats ont fini par démanteler les structures temporaires, mais sont repartis sans avoir délogé les extrémistes juifs.
Avant la première tentative de l’armée, des informations sur son plan auraient été divulguées aux médias, incitant des dizaines de militants du mouvement pro-implantations à affluer dans la région pour apporter leur soutien à l’avant-poste.
Suite aux affrontements avec les pro-implantations, le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a ordonné le déploiement dans la région d’un bataillon d’infanterie supplémentaire de l’armée permanente, afin de renforcer le contrôle opérationnel. L’armée a dit travailler avec la police israélienne et le Shin Bet pour rétablir l’ordre et « poursuivre les émeutiers en justice ».
L’armée israélienne a ajouté que les soldats qui avaient été filmés en train de prier devant les habitations aux côtés des extrémistes juifs au lieu de les déloger étaient passibles de sanctions disciplinaires.
Les détracteurs accusent le gouvernement et les forces de l’ordre de fermer les yeux sur les attaques violentes perpétrées quasi-quotidiennement par des partisans extrémistes du mouvement pro-implantations, des attaques devenues de plus en plus meurtrières ces dernières années. Dans ce cadre, les arrestations sont rares, et les poursuites judiciaires le sont encore davantage.
Le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu a injecté des millions de dollars dans les avant-postes illégaux, dans lesquels résident bon nombre des auteurs des attaques contre les Palestiniens.
Le ministre des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich, également responsable de la politique des implantations au sein du ministère de la Défense, a fait savoir que l’objectif du prochain gouvernement israélien serait de pousser les Palestiniens à abandonner la région.
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