Rechercher

Réactions politiques à l’opération Aube contre le Jihad islamique

La Liste arabe unie, composée principalement de partis arabes, a sans surprise fustigé l'opération, ses membres accusant Israël de crimes de guerre

Des roquettes palestiniennes tirées depuis la ville de Gaza en représailles aux précédentes frappes aériennes israéliennes, le 5 août 2022. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)
Des roquettes palestiniennes tirées depuis la ville de Gaza en représailles aux précédentes frappes aériennes israéliennes, le 5 août 2022. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Presque l’ensemble du spectre politique a réagi vendredi au lancement de l’opération Aube contre le groupe terroriste du Jihad islamique palestinien dans la bande de Gaza, à l’exception pour le moment du parti islamiste Raam.

Le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu a choisi de concentrer son soutien sur les forces de sécurité plutôt que sur le gouvernement, en tweetant : « J’offre mon soutien à Tsahal et à nos forces de sécurité. Nous vous aimons et prions pour votre succès. »

Mais le chef du parti d’extrême droite du parti Sionisme religieux, le député Bezalel Smotrich, a écrit un message de soutien directement adressé à Yaïr Lapid : « M. Monsieur le Premier ministre, il y avait et il y a encore beaucoup de divergences d’opinion entre nous sur le gouvernement, sa mise en place et son fonctionnement. En ce moment, vous avez tout notre soutien pour une attaque de grande envergure contre l’ennemi… un bouclage continu en raison des menaces du Jihad islamique est inacceptable. Attaquez avec force et détermination, vous avez le plein soutien de l’opposition. »

La Liste arabe unie, composée principalement de partis arabes, a sans surprise fustigé l’opération, ses membres accusant Israël de crimes de guerre tout en accusant Lapid d’agir dans le but de gagner des voix en amont des élections de novembre.

Le leader de la Liste arabe unie Ayman Odeh porte une pancarte sur laquelle on peut lire « Contre l’occupation » lors d’une manifestation à Tel Aviv, le 15 mai 2021. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Israël a annoncé le début d’une opération militaire dans la bande de Gaza vendredi après-midi avec de multiples frappes menées sur des cibles du groupe terroriste Jihad islamique palestinien, les dirigeants affirmant que ces actions étaient nécessaires après que le groupe a refusé de renoncer à ses intentions de mener des attaques contre le pays.

Le Jihad islamique menaçait en effet depuis mardi d’attaquer en réponse à la récente arrestation de son chef en Cisjordanie, provoquant des jours de fermetures de routes et de confinements communautaires dans des zones proches de la frontière.

Dans une déclaration faite lors du lancement de l’opération, Lapid et le ministre de la Défense Benny Gantz ont déclaré que « le gouvernement israélien ne permettra pas aux organisations terroristes d’établir l’ordre du jour dans les villes proches de la bande de Gaza et de menacer les citoyens d’Israël ».

« Quiconque cherche à nuire à Israël doit savoir que nous les atteindrons. Les forces de sécurité agiront contre les terroristes du Jihad islamique, pour éliminer la menace pesant sur les citoyens d’Israël », a-t-il déclaré.

Gantz a ajouté : « La tâche consiste à protéger les villes israéliennes et les citoyens d’Israël. Nous ne permettrons à personne de menacer ou de nuire aux citoyens d’Israël. Celui qui essaie sera touché. »

Le Premier ministre suppléant Naftali Bennett a souhaité « un Shabbat sûr pour les habitants du sud » sur Twitter, offrant son soutien à Tsahal et ajoutant : « Des jours comme celui-ci, nous ne faisons qu’un ».

Le président Isaac Herzog a déclaré qu’il « embrassait et offrait de la force à Tsahal et aux combattants dans la guerre contre le terrorisme » et a exprimé l’espoir d’un « Shabbat sûr et sécurisé ».

La cheffe du parti travailliste, Merav Michaeli, a déclaré que « les résidents israéliens méritent de vivre en sécurité. Aucun pays souverain n’accepterait qu’un groupe terroriste assiège ses résidents. »

La ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked a déclaré à la Douzième chaîne que le Jihad islamique « cherchait à paralyser la vie dans les communautés frontalières de Gaza et nous n’étions pas prêts à permettre que cela se produise ».

En revanche, plusieurs législateurs arabes ont fustigé l’opération israélienne.

Le président de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, notant la mort d’une fillette de cinq ans dans l’une des frappes israéliennes, a déclaré que « le gouvernement israélien commet des crimes de guerre pour servir des intérêts politiques étroits, et les Gazaouis en paient le prix dans le sang. Le feu doit s’arrêter immédiatement. »

La députée du parti, Aida Touma-Suleiman, a déclaré : « Arrêtez la guerre de choix à Gaza ! Les assassinats et les bombardements entraîneront davantage de souffrances et de destructions à Gaza et n’apporteront pas la sécurité aux citoyens israéliens. »

Le député de la Liste arabe unie Ofer Cassif à la Cour suprême de Jérusalem, le 22 août 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Et son collègue, le député de la Liste arabe unie, Ofer Cassif, a affirmé que Lapid avait ordonné l’opération pour renforcer ses chances aux élections de novembre. L’action de Tsahal est un cas de « sang contre votes », dit Cassif.

Le chef de la faction Balad de la Liste arabe unie, Sami Abu Shehadeh, a déclaré : « Les derniers sondages électoraux ont beaucoup inquiété Lapid et Gantz. Comme [les anciens Premiers ministres] Peres et Olmert avant eux, ils essaient de se frayer un chemin vers le leadership sur le sang palestinien ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...