Redoutant l’effondrement du gouvernement, Erdan courtise Herzog
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Redoutant l’effondrement du gouvernement, Erdan courtise Herzog

Il sera "compliqué" de faire voter le budget, a mis en garde le ministre Likud ; un député de l'Union sioniste refuse l'idée d'un gouvernement d'union

Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan assiste à une réunion du comité à la Knesset, le 14 novembre 2017. (Flash90)
Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan assiste à une réunion du comité à la Knesset, le 14 novembre 2017. (Flash90)

Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan a prévenu, jeudi, que le gouvernement pourrait tomber à cause d’un probable échec pour voter un budget et a appelé la faction de l’Union sioniste à se « montrer responsable » et à entrer dans une coalition d’unité nationale avec le Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Mais le député Eitan Cabel, un des principaux membres de l’Union sioniste qui préside la commission de l’Economie de la Knesset, a nié jeudi qu’il y ait une négociation pour former un gouvernement d’unité, contredisant les articles qui affirmaient que le chef de l’opposition Isaac Herzog cherchait à faire entrer son parti dans la coalition.

Le ministre des Finances, Moshe Kahlon de Koulanou, qui fait pression pour un gouvernement d’unité, avait fait allusion mercredi à l’existence de négociations à cette fin entre Netanyahu et Herzog.

Commentant cette éruption de spéculations, Erdan a déclaré à la radio militaire jeudi que quand bien même il ne faisait partie d’aucun pourparlers secrets, « je sais qu’il y a un désir d’élargir le gouvernement… Un gouvernement avec 61 membres à la Knesset [dans une Knesset de 120 législateurs] doit tout le temps essayer de parvenir à une plus grande stabilité ».

Il a déclaré qu’il n’y avait aucun désaccord à ce sujet-là au sein du Likud et que si la coalition reste inchangée, « il sera très difficile de faire passer un budget, a fortiori un budget de deux ans, de sorte que le gouvernement ne sera pas en mesure de rester en place pour beaucoup plus longtemps ».

« J’espère », a-t-il poursuivi, « que l'[Union sioniste] ou d’autres partis feront preuve de responsabilité et rejoindront le gouvernement, parce que ce n’est pas la peine d’aller jusqu’à des élections à ce stade ».

Président de la commision des affaires économiques, le député Eitan Cabel (Union Sioniste), pendant une réunion du comité sur l'accord gazier controversé, le 2 décembre 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Président de la commision des affaires économiques, le député Eitan Cabel (Union Sioniste), pendant une réunion du comité sur l’accord gazier controversé, le 2 décembre 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Cabel, qui est considéré comme un possible rival de Herzog pour la direction du parti, a été catégorique dans son opposition à former une coalition d’unité avec le Likud. « Nous ne pouvons pas entrer dans un gouvernement juste parce qu’ils nous ont offert des postes ministériels », a-t-il déclaré à la radio militaire mercredi.

A la fin du mois de mars, Herzog a été identifié comme étant le deuxième député israélien de haut rang soupçonné de corruption, un jour après que le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri – qui a déjà passé plusieurs années en prison pour détournement de fonds – a révélé qu’il était à nouveau au centre d’une grande enquête pour corruption.

Les rumeurs sur l’imminence d’un gouvernement d’union ont fluctué depuis les élections de l’année dernière.

La veille du vote, Netanyahu avait promis que s’il était élu, il serait à la tête « d’un gouvernement nationaliste. Il n’y aura pas un gouvernement d’unité, parce qu’il n’y a aucun moyen de faire le pont entre nos positions et les positions anti-sionistes et radicales des travaillistes », le plus grand des deux partis qui constituent la faction de l’Union sioniste.

Erdan lance une pique à Netanyahu au sujet du soldat de Hébron

Erdan, dans son interview jeudi a également réagi au tollé public suite à la mort d’un terroriste palestinien neutralisé à Hébron qui a été tué par un soldat de Tsahal le 24 mars. Même s’il a refusé d’évoquer les détails de l’affaire, il a défendu le ministre de la Défense, Moshe Yaalon, et les militaires, contre les attaques sur la décision émergente de poursuivre le soldat.

Interrogé sur l’apparent retournement de Netanyahu, qui a dans un premier temps condamné le meurtre mais qui a ensuite téléphoné aux parents du soldat suspecté d’homicide involontaire, Erdan a déclaré : « je ne vais pas expliquer le comportement du Premier ministre. Je ne peux expliquer que mon propre comportement ».

Lorsque l’on a insisté pour savoir s’il aurait appelé la famille, Erdan a tout simplement répondu : « Je n’ai pas appelé le père du soldat de Hébron ».

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