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Réduire la perte de cheveux due à la chimio? Des étudiants du Technion récompensés à Paris

Les étudiants ont reçu deux prix et six accessits au concours international Genetically Engineered Machine

Illustration : Une patiente sous chimiothérapie allongée dans un lit d'hôpital. (Crédit : iStock via Getty Images)
Illustration : Une patiente sous chimiothérapie allongée dans un lit d'hôpital. (Crédit : iStock via Getty Images)

Des étudiants israéliens tentent de mettre au point une technologie permettant de réduire la perte de cheveux induite par la chimiothérapie. Leurs projets ont récemment séduit les juges d’un concours international de biologie, leur valant deux prix et six accessits.

Une substance appelée « décursine » peut favoriser la croissance des cheveux, selon diverses études publiées ces dernières années. Mais cette découverte n’a pas donné lieu au développement de produits d’usage courant, car le composé est produit à partir d’une fleur saisonnière rare, selon un processus coûteux et laborieux.

Une douzaine d’étudiants de premier cycle de l’Institut de technologie Technion-Israël ont décidé de travailler sur un moyen de produire synthétiquement la décursine pour la rendre accessible et aider un grand nombre de personnes confrontées à la perte de leurs cheveux. Ils se concentrent uniquement sur la chute de cheveux des personnes sous chimiothérapie, car il s’agit d’un processus différent de la perte de cheveux naturelle et, selon eux, plus adapté au traitement par la décursine.

L’équipe du Technion travaille sur une bactérie spéciale conçue pour produire de la décursine. Les étudiants affirment qu’ils ont terminé toute la planification et qu’ils sont prêts à tester leur conception en laboratoire. Leur objectif est de mettre au point une méthode évolutive et de permettre l’inclusion de la décursine dans les shampooings et autres produits capillaires destinés aux patients atteints de cancer et traités par chimiothérapie.

L’équipe d’étudiants a participé au concours international Genetically Engineered Machine à Paris, et a été sélectionnée la semaine dernière comme meilleur projet de bio-fabrication et comme l’équipe ayant les méthodes de mesure biologique les plus précises. Elle s’est également classée parmi les quatre premières équipes dans six autres catégories, notamment pour la meilleure présentation.

« C’était incroyable de voir notre travail apprécié et de constater que tout ce sur quoi nous avons travaillé au cours des six derniers mois est reconnu », a déclaré au Times of Israel, Maia Lehrman, l’une des étudiantes. « Nous espérons que ce travail aidera de nombreux patients cancéreux confrontés à la perte de leurs cheveux. »

L’équipe du Technion à l’origine de la technologie visant à réduire la chute de cheveux induite par les traitements de chimiothérapie, de droite à gauche : Iser Snoyman, Amit Nelkin, Nova Noiman, Baraah Rashed, Matan Hoory, Ran Benayoun et Yasmin Habib ; Assis : Irina Shkalikov, la chef d’équipe Maya Lerman, Mazal Faraj, Reut Laufer et Yana Shklovski. (Crédit : Technion)

La décursine est un composé dérivé des racines de l’Angelica gigas, une plante cultivée exclusivement en Chine et en Corée. Elle possède de nombreuses propriétés bénéfiques, notamment la capacité de supprimer l’inflammation et de prévenir l’apoptose – ou mort cellulaire programmée, qui concerne notamment les cellules des cheveux. Mais non seulement la plante est rare, mais elle ne contient qu’une infime quantité de décursine, ce qui rend le processus d’extraction très compliqué.

« Nous avons maintenant mis au point trois enzymes, contenues dans des bactéries, qui produisent à leur tour une substance appelée décursinol, qui peut être transformée en décursine », a expliqué Lehrman. « Nous voulons être les premiers à produire de la décursine en masse. »

Le concours international Genetically Engineered Machine a été créé en 2004 au Massachusetts Institute of Technology (MIT) pour donner aux étudiants une chance de faire l’expérience de la recherche scientifique et appliquée dans le monde de la biologie synthétique. Pour la première fois cette année, le concours s’est déroulé hors du Massachusetts, à Paris.

Le concours, qui s’est déroulé sur trois jours, s’est achevé vendredi. Roee Amit, professeur à la faculté de biotechnologie et de FoodTech du Technion, dirige les équipes de son institution depuis 2012, et a déclaré que le succès rencontré par les participations précédentes est de bon augure pour celle-ci.

« Au-delà de la participation et de la victoire, il est important de comprendre que certains des développements des équipes du Technion ont déjà été transformés en pistes appliquées et commerciales et ont un réel impact dans le monde », a-t-il déclaré.

« L’un des exemples les plus marquants est Koracell, qui a été fondé sur la base de la technologie développée par nos étudiants en vue d’une compétition iGEM en 2019 », a ajouté Amit. « Le groupe a développé une technologie innovante pour la production de miel sans abeilles en utilisant une bactérie génétiquement modifiée. Cette technologie permet de concevoir précisément la texture et le goût du miel, et constitue également une plate-forme pour simuler d’autres processus métaboliques naturels. »

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