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Réforme: Ben Gvir obtient sa « garde nationale » en échange de son soutien à la pause

L'accord a été conclu après que le ministre de la Sécurité nationale a, semble-t-il, menacé de quitter la coalition ; les critiques évoquent "une milice privée"

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, participant à un rassemblement en faveur de la réforme du système judiciaire prévue par le gouvernement, à Jérusalem, le 27 mars 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)
Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, participant à un rassemblement en faveur de la réforme du système judiciaire prévue par le gouvernement, à Jérusalem, le 27 mars 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir a annoncé lundi qu’il avait accepté de soutenir l’appel à une pause dans le processus législatif qui entoure le projet de réforme judiciaire gouvernemental en échange de la promesse qu’il pourrait mettre sur pied sa « garde nationale », qu’il réclame depuis longtemps.

Ben Gvir a fait circuler une lettre écrite aux médias, datée de lundi et signée par Netanyahu, dans laquelle le Premier ministre s’engage à soulever la question de la formation d’une telle instance au sein du ministère de la Sécurité nationale lors de la prochaine rencontre du cabinet, dimanche.

Une annonce qui a été faite alors que Ben Gvir, semble-t-il, menaçait de quitter le gouvernement, mettant en péril la coalition, si Netanyahu devait décider d’interrompre la campagne législative de la réforme du système de la justice dans le pays.

Netanyahu, pour sa part, n’a fait aucune référence à un tel engagement dans son discours prononcé lundi soir, lorsqu’il a fait savoir que le processus serait interrompu jusqu’au retour des députés à la Knesset, au lendemain de Pessah.

« La réforme sera adoptée. La garde nationale sera établie. Le budget que j’ai demandé pour le ministère de la Sécurité nationale sera alloué dans sa totalité », a écrit Ben Gvir sur Twitter dans la matinée de lundi. « Personne ne nous fera peur. Personne ne réussira à modifier la décision qui a été prise par le peuple ».

Gilad Kariv, député d’Avoda, a critiqué la promesse faite à Ben Gvir par Netanyahu, écrivant sur le même réseau social : « La garde nationale doit être placée sous les ordres de la police, pas sous le contrôle du groupe d’extrême-droite Lehava et du reste des kahanistes » – en référence aux disciples du rabbin anti-arabe extrémiste Meir Kahane.

Le député Itamar Ben Gvir aux côtés du président de Lehava, Benzi Gopstein, dans le quartier de Sheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, le 6 mai 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Kariv a exhorté les services de sécurité du Shin Bet à s’opposer ouvertement « aux milices approuvées par la loi de Ben Gvir ».

L’ancien commissaire de police, Moshe Karadi, a expliqué pour sa part que Ben Gvir allait former « une milice privée qui répondra à ses besoins politiques » et qui n’hésitera pas à recruter « des Jeunes des collines extrémistes » dans ses rangs. « Il démantèle la démocratie israélienne », a-t-il ajouté, qualifiant une éventuelle législation qui serait adoptée dans ce but « d’indication très distincte et dangereuse de ce qu’Israël est en train de se transformer en dictature ».

Il a estimé qu’il était impensable de mettre en place une telle unité qui n’aurait des comptes à rendre qu’au ministre. « Il est impossible d’avoir une force opérationnelle qui ne dépend pas du chef de la police », a-t-il indiqué.

De son côté, le député Yesh Atid Ram Ben-Barak s’est moqué de Ben Gvir pour sa médiatisation de la lettre dans la mesure où cette dernière « prouve qu’il n’a aucune confiance dans les paroles de Netanyahu… C’est incroyable de voir qu’il y a des gens qui croient encore Bibi [Netanyahu]. »

Ayman Odeh, le président de l’alliance radicale arabe Hadash-Taal, a écrit sur Twitter que « dans ce gouvernement de droite, ce sont les criminels qui nomment les juges et ce sont les terroristes qui dirigent une armée privée. Tous les démocrates doivent se battre, quel qu’en soit le prix, contre cette folie ! »

Cela fait longtemps que Ben Gvir réclame la création d’une dite « garde nationale » qui serait placée sous son autorité directe.

Il a indiqué qu’il cherchait à établir une garde nationale, qui sera composée de volontaires et qui serait déployée au moment de troubles ethniques – comme lors des émeutes entre Juifs et Arabes qui avaient eu lieu dans certaines villes israéliennes au mois de mai 2021, alors qu’Israël était en guerre contre les groupes terroristes de la bande de Gaza.

Le mois dernier, il avait confirmé auprès du Times of Israel qu’il prévoyait toujours d’incorporer la police des frontières dans son intégralité dans une nouvelle garde nationale dans le cadre d’une initiative visant à renforcer les capacités de maintien de l’ordre de forces de police en proie à une pénurie de personnels, même si la manière dont cette initiative aiderait à atteindre cet objectif reste indéterminée.

La police des frontières fait officiellement partie de la police et elle est soumise à l’autorité du commissaire, même si une partie de ses forces est placée sous le contrôle du commandement opérationnel de l’armée israélienne.

Photo d’illustration : des membres de la police des frontières patrouillent à Jérusalem, le 23 janvier 2023. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Au mois de janvier, Ben Gvir avait présenté un cadre pour la garde nationale – un cadre qui présentait certaines caractéristiques similaires à celles présentées dans un arrangement proposé par son prédécesseur, l’ancien ministre de la Sécurité publique Omer Bar-Lev, et par le Premier ministre de l’époque, Naftali Bennett. Toutefois, ce plan prévoyait que la police des frontières travaillait aux côtés de la garde nationale et qu’elle n’en faisait pas partie.

Barlev et Bennett avaient approuvé un plan de création d’une « garde israélienne » qui aurait été composée d’officiers en activité ou de réservistes, ainsi que de bénévoles formés par des professionnels de la police des frontières. Depuis l’annonce qui avait été faite au mois de juin dernier, l’idée a eu du mal à trouver un écho.

Ben Gvir, au mois de janvier, avait annoncé que la garde nationale relèverait du commandement du commissaire de police Kobi Shabtai et qu’elle ne serait pas placée sous son autorité directe, comme c’était d’ailleurs proposé dans l’accord de coalition qui avait été signé entre le Likud et sa faction d’extrême-droite Otzma Yehudit.

Toutefois, Ben Gvir exerce actuellement des pressions en faveur de l’adoption d’une législation controversée qui subordonnerait officiellement le commissaire de police au ministre de la Sécurité nationale.

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