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Renforcement des restrictions et du port du masque pour le Nouvel-An

Le Pass sanitaire est obligatoire pour les rassemblements de 100 personnes ou plus et le port du masque est requis pour tout événement réunissant 50 personnes ou plus

Une file d'attente à l'entrée d'un centre de dépistage du Magen David Adom à Jérusalem, le 30 décembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Une file d'attente à l'entrée d'un centre de dépistage du Magen David Adom à Jérusalem, le 30 décembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les autorités israéliennes ont imposé de nouvelles restrictions aux rassemblements, jeudi, alors que le nombre de cas de coronavirus a dépassé le seuil des 4 000 nouvelles infections par jour pour la deuxième journée d’affilée, a fait savoir le ministère de la Santé.

Les ministres ont donné le feu vert à l’imposition du Pass sanitaire pour les événements religieux ou en plein air dépassant les 100 personnes et le chef du ministère de la Santé a signé une directive rendant obligatoire le port du masque pour les événements réunissant 50 personnes ou plus. Ces initiatives ont été mises en place pour contrer une nouvelle hausse des cas qui serait entraînée par les fêtards du Nouvel An alors que le variant Omicron, très contagieux, continue de se propager au sein de l’État juif.

Les nouvelles règles sont entrées en vigueur dès jeudi soir, a indiqué le ministère de la Santé, même si elles ne seront présentées aux députés de la Knesset qu’au début de la semaine prochaine, leur approbation étant nécessaire.

Jusqu’à présent, seuls les rassemblements de 1 000 personnes ou plus nécessitaient le Pass – qui n’est délivré qu’aux personnes ayant réalisé tout le parcours vaccinal ou qui ont guéri du coronavirus. Les participants non-vaccinés devaient présenter un résultat de test à la COVID négatif.

Israël avait levé l’obligation du port du masque au mois d’avril, recommandant seulement de le porter lors de larges événements. Les nouvelles dispositions prévoient qu’il devra être arboré à tous les rassemblements de 50 personnes et plus.

Ces nouvelles directives ont été annoncées jeudi soir, quelques heures après que des experts ont indiqué au Premier ministre Naftali Bennett qu’Israël connaîtrait rapidement 20 000 nouveaux cas de coronavirus par jour.

Il y a eu, jeudi, 4 085 nouveaux cas enregistrés entre minuit et 22h30, avec un bilan total de la journée qui devrait être considérablement plus élevé. 4 061 cas avaient été confirmés mercredi. Ces chiffres sont sans précédent dans le pays depuis la fin septembre.

Cette recrudescence qui est dynamisée en grande partie, selon les experts, par le variant Omicron, fait dépasser le seuil des 22 000 au nombre des infections actives – soit plus du double du chiffre qui avait été répertorié il y a une semaine.

En plus des chiffres de la morbidité en hausse, le nombre de cas graves a atteint les 92, jeudi soir. Sur ce nombre de malades, 45 se trouveraient dans un état critique. La majorité des personnes ayant développé une forme grave de la COVID-19 dans le pays n’ont pas été vaccinées.

Le taux d’infection est à 1,62, a indiqué le ministère de la Santé : c’est le taux le plus élevé depuis le mois de juin dernier.

Le professeur Eran Segal de l’institut Weizmann, conseiller du gouvernement, explique que le nombre de cas en hausse suit de près les chiffres qui avaient été présentés antérieurement au gouvernement, et prédit que l’État juif atteindra un nombre-record d’infections quotidiennes la semaine prochaine, dépassant les derniers chiffres-records d’environ 10 000.

Les employés de l’hôpital Ein Kerem travaillent dans l’unité COVID qui vient de rouvrir à Jérusalem, le 27 décembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

« Il semble que cela va continuer comme ça pendant au moins deux semaines », a-t-il commenté devant les caméras de la Douzième chaîne. « Au pic de l’épidémie, nous atteindrons les 20 000 à 30 000 cas par jour, même si je ne suis pas sûr que nous serons en mesure de vraiment mesurer les choses parce que nos capacités de dépistage d’un si grand nombre d’Israéliens par jour seront limitées. »

De nombreux autres pays connaissent d’ores et déjà des chiffres d’infection sans précédent.

Omicron a entraîné, ces derniers jours, des niveaux records de contaminations aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en France et dans d’autres pays européens, obligeant les gouvernements à réimposer des restrictions.

Le nombre de nouveaux cas quotidiens de COVID a dépassé le million pour la toute première fois, selon un bilan tiré jeudi par l’AFP, avec plus de 7,3 millions au cours des sept derniers jours.

Omicron commence déjà à surcharger les hôpitaux aux États-Unis, où la moyenne sur sept jours de nouveaux malades est de 265 427 personnes, selon la Johns Hopkins University.

Michael Mina, épidémiologiste et immunologue à Harvard, a indiqué que ce décompte n’était probablement que le « sommet de l’iceberg », le nombre réel étant certainement beaucoup plus important en raison d’une pénurie de tests.

Un employé d’une unité de soins intensifs COVID avec un malade à l’Institut de cardiologie clinique à Rome, le 30 décembre 2021. (Crédit : Alberto PIZZOLI / AFP)

Au sein de l’État juif, le nombre de patients hospitalisés reste relativement bas et les chiffres semblent indiquer qu’Omicron pourrait être bien moins nuisible que les variants précédents.

Certains experts ont expliqué à Bennett, jeudi, que le système de la santé courait néanmoins le risque d’être dépassé, a fait savoir la Douzième chaîne. Selon cette dernière, d’autres ont mis en garde contre une pénurie de personnels hors du système hospitalier avec la multiplication des mises à l’isolement. Un rapport de l’université hébraïque qui a été présenté au gouvernement, au début du mois, a prédit que le nombre de cas graves de coronavirus pourrait s’élever à un chiffre oscillant entre 1 000 et 2 500.

Bennett avait réexaminé les règles de quarantaine, mardi, les assouplissant en déclarant que le régime de mise à l’isolement antérieur pouvait, en fin de compte, déboucher sur « un confinement qui ne dit pas son nom ».

Le ministre de la Santé, Nitzan Horowitz, a juré jeudi qu’un confinement « n’est pas envisagé pour le moment », ajoutant que les responsables anticipaient des taux d’infection inconnus jusqu’à présent.

« Nous sommes prêts à connaître un nombre élevé d’infections et nous sommes prêts à faire face à toutes les possibilités. La situation est sous contrôle. Nous nous sommes préparés et la situation, en Israël, est bien meilleure si on la compare à la situation dans le reste du monde. Nous avons gagné un temps précieux grâce à des passages à l’action rapides et équilibrés mais cela ne signifie pas pour autant que nous devons faire preuve de complaisance », a noté le ministre de la Santé.

Des Israéliens à Jérusalem, le 29 décembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

« Nous allons continuer de vivre avec le coronavirus », a-t-il ajouté.

Le gouvernement israélien a cherché à éviter d’imposer des restrictions sur les déplacements, s’appuyant plutôt sur une vaccination maximale et sur une campagne d’injection de rappel.

Le directeur-général du ministère de la Santé, Nachman Ash, a expliqué jeudi que l’État juif allait commencer à administrer une quatrième dose de vaccin contre le coronavirus aux personnes immunodéprimées.

Dans une conférence de presse, Ash a expliqué que cette décision avait été prise « en raison des inquiétudes portant sur leur vulnérabilité ».

La semaine dernière, un panel d’experts avait approuvé le principe d’une quatrième dose pour les Israéliens de 60 ans et plus et pour les personnes à risque, mais Ash a choisi de ne pas ratifier cette recommandation.

Ash a déclaré, jeudi, que l’approbation du panel signifiait qu’il pouvait décider de choisir lui-même le bon moment pour autoriser l’administration de la quatrième dose.

Un employé du secteur de la santé prépare un vaccin contre la COVID-19 à l’hôpital Sheba de Ramat Gan, le 28 décembre 2021. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

De leur côté, les plus importants distributeurs ont menacé de se mettre en grève si le gouvernement n’amendait pas de nouvelles règles qui réduisent l’accès dans les boutiques, affirmant qu’elles nuisent gravement à leur revenu tout en échouant à réduire le nombre d’infections.

« Nous avons averti que la morbidité ne descendrait pas d’un iota et c’est précisément ce qui est arrivé », a commenté Shahar Turgeman, président de l’Association des chaînes de vente au détail.

« C’est un Pass sanitaire mensonger », a ajouté Turgeman en évoquant l’obligation de ne permettre qu’aux personnes en possession du précieux document d’entrer dans les grands magasins, alors que toutes ont le droit, sans distinction, de fréquenter les centres commerciaux.

Il a appelé le gouvernement à suspendre ces règles entrées en vigueur dimanche d’ici mardi, appelant, le cas échéant, à la grève générale.

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