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Reprise de la grève des enseignants après l’échec des discussions avec le Trésor

Le gouvernement offre 8 600 shekels de salaire aux nouveaux enseignants et une petite augmentation pour les plus expérimentés, une proposition jugée "ridicule" par le syndicat

Une salle de classe vide dans une école du quartier de Beit Hakerem à Jérusalem, le 21 octobre 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Une salle de classe vide dans une école du quartier de Beit Hakerem à Jérusalem, le 21 octobre 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Le syndicat israélien des enseignants a annoncé, lundi soir, une grève nationale pour toute la journée de mardi, accusant le ministère des Finances de « vouloir tirer profit » des « bonnes intentions » de ses représentants.

Cette grève qui durera toute la journée concerne les écoles maternelles, élémentaires et les collèges. Les lycées et les institutions accueillant des élèves à besoins particuliers sont épargnés par ce mouvement de protestation.

Selon un communiqué émis par un porte-parole du syndicat des enseignants, le ministère des Finances a refusé d’offrir plus de 8 600 shekels comme salaire de départ pour les tous jeunes professeurs et il n’a accepté qu’une petite hausse mensuelle pour les plus expérimentés.

Le syndicat demande un salaire de base, pour les nouveaux professeurs, de 10 500 shekels, ainsi qu’une augmentation significative pour les enseignants pouvant se prévaloir d’ancienneté. Le ministère des Finances avait précédemment accepté d’élever les salaires en les passant à 8 200 shekels.

Cette grève a été annoncée alors que le syndicat et le ministère avaient semblé trouver des accords significatifs, dimanche. Les écoles avaient ouvert normalement dans la journée de lundi.

La responsable du syndicat, Yaffa Ben-David, avait indiqué dimanche que le ministère avait fait « une offre concrète » pour l’augmentation des salaires des enseignants, tout en notant qu’il restait des « désaccords significatifs » qui persistaient entre son organisation et le ministère.

Mais malgré ce ton optimiste adopté après sa rencontre de dimanche avec Kobi Bar-Nathan, le directeur du Bureau des accords sur les salaires et l’emploi au sein du ministère des Finances, Ben-David a accusé le ministère, lundi, de manquer de franchise et elle a expliqué qu’une telle approche choisie était susceptible d’entraîner des dégâts dévastateurs.

« Malheureusement, le Trésor a profité de nos bonnes intentions quand nous avons pris la décision d’arrêter la grève et il a organisé des réunions stériles », a accusé Ben-David. « Les offres qui ont été proposées démontrent une absence totale de respect pour la profession d’enseignant et elles entraîneront l’effondrement de tout le système éducatif ».

Selon le syndicat, le ministère « est bloqué » dans son positionnement et il refuse d’augmenter les salaires des professeurs pouvant se prévaloir d’ancienneté de plus que quelques centaines de shekels.

Le syndicat des enseignants a fait savoir « avoir refusé avec fermeté l’offre qui a été faite » et qui n’apporte « aucune solution réelle pour les professeurs ».

Ben-David a ajouté que « nous négocions avec les officiels du Trésor depuis plus de six mois et la seule offre qui a été mise sur la table est tout simplement ridicule. Les responsables ne se soucient de rien. Ni de l’éducation, ni des élèves, ni de leurs parents. Nous le disons encore une fois : malgré toutes les tentatives de notre part, malgré tous nos gestes de bonne volonté – nous avons ainsi gelé la grève – le Trésor insiste sur son refus de résoudre la crise et il entraîne Israël vers le chaos – et ce sera le cas pendant la prochaine année scolaire aussi ».

« J’en appelle encore au Premier ministre de transition, Yair Lapid et au ministre des Finances, Avigdor Liberman, pour qu’ils interviennent personnellement dans les négociations », a-t-elle dit.

Yaffa Ben-David, secrétaire générale du Syndicat des Israéliens, participe à une conférence de la Israeli Television News Company à Jérusalem le 7 mars 2021. (Crédit : Sindel/Flash90)

Le ministère des Finances a accusé de son côté le syndicat « de porter préjudice aux élèves et à leurs parents » en se mettant en grève « peu avant la fin de l’année scolaire ».

Il a rejeté l’idée de réunions « stériles » avec le syndicat, répétant qu’il travaillait « nuit et jour à trouver un accord qui soit bon pour les professeurs, qui soit bon pour les élèves, qui soit bon pour les parents et pour les directeurs d’établissement, tout en restant dans le cadre des directives données par la procureure-générale ».

La procureure-générale Gali Baharav-Miara avait donné pour instruction au ministère des Finances de négocier avec un budget limité, selon des sources du Trésor qui ont été citées par le site d’information Walla, de façon à ne pas limiter le nouveau gouvernement dans la mesure où la Knesset actuelle est en cours de dissolution et que les Israéliens devraient rapidement retourner aux urnes pour la cinquième fois en l’espace de trois ans et demi.

De plus, le ministère des Finances aurait déclaré que conformément à sa politique, les accords ne peuvent pas simplement porter sur l’argent et que les accords sur les salaires doivent aussi permettre d’améliorer la qualité des services fournis.

« Si nous offrons des salaires plus élevés sans les accompagner de changements qui profitent au système, cela pourrait établir un précédent pour les autres industries avec lesquelles le ministère signe des accords salariaux », a dit l’officiel, qui n’a pas été identifié, à Walla.

D’autres désaccords portent sur le nombre de jours de vacances dans les écoles, que Liberman a proposé de réduire, afin d’alléger la pression sur les parents qui travaillent. Le ministère a indiqué que Ben-David ne souhaitait pas faire suffisamment de compromis pendant la rencontre de lundi – ce qui serait la raison pour laquelle, a-t-il ajouté, aucun accord n’a été signé.

Yaffa Ben-David, à gauche, lors d’une conférence à Jérusalem, le 11 février 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/ Flash90/ File); Le ministre des Finances Avigdor Liberman pendant une conférence de presse à Jérusalem, le 12 juin 2022. (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)

Lundi matin, Liberman a déclaré pendant une réunion de sa faction Yisrael Beytenu que les négociations actuellement en cours avec le syndicat des enseignants étaient « compliquées », ajoutant que « comme dans toutes les négociations, il y a des hauts et des bas, mais j’espère que nous pourrons parvenir à un terrain d’entente assorti d’un calendrier raisonnable et signer un nouvel accord – un accord plein et entier, qui ne sera ni partiel, ni temporaire. Il n’y a aucune raison de gaspiller du temps et de l’argent le cas échéant. »

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