Richard Gere compare Hébron à la ségrégation dans le ‘vieux Sud’ des États-Unis
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Richard Gere compare Hébron à la ségrégation dans le ‘vieux Sud’ des États-Unis

En visite dans la ville de Cisjordanie, l'acteur a expliqué que la rue Shuhada, fermée, lui rappelait les lois de Jim Crow avant le mouvement américain en faveur des droits civils

Richard Gere sur la Shuhada Street à Hébron, le 13 mars 2017 (Capture d'écran : Deuxième chaîne)
Richard Gere sur la Shuhada Street à Hébron, le 13 mars 2017 (Capture d'écran : Deuxième chaîne)

L’acteur de Hollywood Richard Gere a comparé la situation à Hébron à la ségrégation dans le sud américain à l’époque de Jim Crow au cours d’un récent déplacement dans la ville divisée de Cisjordanie.

Dans une séquence diffusée par la Deuxième chaîne mercredi, Gere a expliqué que la séparation dans la municipalité – qui accueille quelques centaines de familles juives parmi des dizaines de milliers de Palestiniens – était la même que celle qu’avait vécu le « vieux Sud » des Etats Unis.

Cette visite de la ville a eu lieu il y a dix jours et a été organisée par le groupe anti-occupation Breaking the Silence.

Hébron est la seule ville de Cisjordanie divisée en secteurs sous contrôle israélien (à 20 %) et palestinien (à 80 %). D’autres villes palestiniennes, en Cisjordanie, dépendent pleinement de l’Autorité palestinienne, même si Israël détient dans l’ensemble l’autorité en Cisjordanie.

Des guides de Breaking the Silence ont déambulé avec Gere le long de la rue Shuhada, l’ancienne rue principale et pôle commercial de Hébron. Les magasins arabes de la rue ont fermé leurs portes lors des émeutes de 1994 qui avaient été déclenchées par le massacre du Tombeau des Patriarches, au cours duquel un habitant israélien Baruch Goldstein avait tué 29 Palestiniens. La rue a été fermée à la circulation palestinienne durant la deuxième intifada.

En comparant la rue, aujourd’hui interdite aux Palestiniens, aux photos de cette artère commerciale vibrante au début des années 1990, la star hollywoodienne a déclaré que la situation ressemblait à la ségrégation raciale qui avait préparé l’éclosion du mouvement pour les droits civils.

Richard Gere pose pour une photo aux côtés d'un soldat dans la ville de Hébron en Cisjordanie, le 13 mars 20017 (Capture d'écran : Deuxième chaîne)
Richard Gere pose pour une photo aux côtés d’un soldat dans la ville de Hébron en Cisjordanie, le 13 mars 20017 (Capture d’écran : Deuxième chaîne)

« C’est exactement ce qu’était le ‘vieux Sud’ en Amérique. Les Noirs savaient où ils pouvaient aller », a-t-il indiqué à ses guides.

« Ils ne pouvaient pas boire à telle fontaine, ils ne pouvaient pas aller là ou là, ils ne pouvaient pas manger à tel endroit. Et c’était bien assimilé – vous ne franchissiez pas la limite si vous ne vouliez pas vous faire frapper à la tête ou être lynché ».

Il a également expliqué avoir été frappé par l’étrangeté de la situation.

« C’est quelque chose qui me rend fou, là… C’est vraiment bizarre et véritablement étrange », a-t-il dit. « Qui est propriétaire de la ville et ce sentiment de ‘je suis protégé, je peux faire tout ce que je veux' ».

Après le passage d’une voiture appartenant à un Israélien et circulant à grande vitesse, Gere a comparé la scène entière au film futuriste ‘Mad Max’, qui décrit l’effondrement d’une société. Il a également ajouté que « c’est une énergie qui est vraiment lugubre… C’est comme un vieux film de cow-boy ou quelque chose dans le genre ».

Lior Ashkenazi, Joseph Cedar et Richard Gere à la première de "Norman". (Crédit : autorisation)
Lior Ashkenazi, Joseph Cedar et Richard Gere à la première de « Norman ». (Crédit : autorisation)

Gere s’était rendu auparavant sur le Tombeau des Patriarches à Hébron en compagnie du réalisateur Joseph Cedar.

Gere se trouvait en Israël pour la première du nouveau film de Cedera intitulé « Norman », dans lequel il joue le rôle de Norman Oppenheimer.

Sur le chemin qui le menait à la rue Shuhada, Gere a pris le temps de poser pour des photographies avec des soldats qui voulaient initialement lui bloquer l’accès à la zone.

Breaking the Silence a été fondé en 2004 par un groupe de combattants vétérans de l’armée israélienne. L’organisation collecte des rapports, habituellement anonymes, concernant des abus présumés de soldats israéliens en Cisjordanie. Elle a souvent croisé le fer avec les politiciens israéliens et les autorités militaires, et ses détracteurs dénoncent ses rapports comme étant malhonnêtes, inexacts et faisant partie d’une campagne visant à détériorer l’image d’Israël à l’étranger.

Au mois de janvier, un projet de loi prévoyant l’interdiction de l’organisation d’événements du groupe dans les écoles israéliennes a passé le stade de la lecture préliminaire.

Jessica Steinberg et Raoul Wootliff ont contribué à cet article.

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