Rubio: Israël a tenu ses engagements, le Hamas doit désarmer ; les otages seront restitués
Depuis le quartier général du cessez-le-feu, Rubio salue les progrès à Gaza, affirme qu’Israël a tenu ses engagements et que le Hamas doit se démilitariser avant toute phase suivante
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Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a tenu vendredi une conférence de presse en Israël depuis le Centre de coordination civile-militaire (CMCC) américano-israélien de Kiryat Gat, qui supervise la mise en œuvre du cessez-le-feu à Gaza.
Au cours de son intervention, Rubio a qualifié cette mission « d’historique », détaillant les efforts conjoints de Washington et de ses alliés pour maintenir la trêve, garantir l’acheminement de l’aide humanitaire et préparer le déploiement d’une Force internationale de stabilisation.
Il a également abordé la question du désarmement du groupe terroriste palestinien du Hamas, le rôle contesté de l’UNRWA, la participation éventuelle de la Turquie et de l’Autorité palestinienne (AP) à la gestion de l’après-guerre, ainsi que l’opposition américaine à tout projet d’annexion en Cisjordanie et la perspective de nouvelles normalisations régionales à la suite de la trêve.
« Il s’agit d’une mission historique », a déclaré Rubio depuis le CMCC à Kiryat Gat, chargé de superviser la mise en œuvre du cessez-le-feu. La mise en œuvre du plan ne sera « pas un parcours linéaire », a-t-il prévenu. « Il y aura des hauts et des bas, des rebondissements et des revirements. Mais nous avons de nombreuses raisons d’être optimistes quant aux progrès réalisés. »
Le secrétaire d’État a précisé que la présence de personnel américain, « issue du département d’État et d’autres entités associées », allait continuer à s’étoffer afin de « fournir du personnel pour des tâches telles que les interventions d’urgence et la coordination de l’aide humanitaire ».
Il a ajouté que, pour permettre le passage aux phases suivantes du plan de cessez-le-feu, le CMCC concentrait désormais ses efforts sur la pleine réussite de la phase initiale.
« Nous devons mener à bien le processus dans lequel nous sommes engagés : veiller à ce que le cessez-le-feu soit respecté sans interruption, garantir que les populations reçoivent l’aide vitale dont elles ont besoin sans qu’elle soit pillée, volée ou détournée, et, dans le même temps, créer les conditions nécessaires pour que la Force internationale de stabilisation puisse intervenir dès qu’elle sera opérationnelle, afin d’assurer la stabilité indispensable à la poursuite du plan », a-t-il déclaré.
Rubio a également souligné que, « de l’autre côté de la ligne jaune », dans les zones de Gaza dont l’armée israélienne s’est retirée conformément aux termes du cessez-le-feu, « un groupe terroriste demeure armé et a pris des mesures contre sa propre population », en référence au Hamas.
Il a exhorté les médias à « accorder davantage d’attention au fait que le Hamas a commis des exactions contre des Gazaouis, ces derniers jours », ajoutant qu’il s’agit d’un aspect du conflit encore trop peu médiatisé.
« Pas de plan B »
Le secrétaire d’État a écarté l’idée qu’Israël ait besoin d’une « autorisation » américaine pour reprendre les combats contre le Hamas si le groupe terroriste continuait de représenter une menace. Il a toutefois insisté sur le fait que le plan de cessez-le-feu soutenu par Washington, largement appuyé par les partenaires régionaux, restait « le meilleur » et « le seul » cadre viable.
Interrogé sur la possibilité qu’Israël relance ses opérations militaires de manière indépendante en cas de réarmement du Hamas, Rubio a répondu « que cela n’avait rien à voir avec une autorisation ou une approbation. Nous sommes tous déterminés à faire fonctionner ce plan. Il n’y a pas de plan B. C’est le meilleur plan, le seul plan. C’est celui qui, selon nous, peut réussir – et qui est déjà en passe de réussir ».
Concernant le désarmement du Hamas, il a rappelé que « si le Hamas refuse de se démilitariser, ce sera une violation de l’accord, et il devra être appliqué. Je ne vais pas entrer dans les détails des mécanismes qui permettront de le faire respecter, mais il devra être appliqué. »
Il a ajouté qu’il s’agissait « d’un accord, et un accord nécessite que certaines conditions soient respectées. Israël a tenu ses engagements et il se tient à la ligne jaune ; la suite dépendra de la démilitarisation. »
Rubio a reconnu que le désarmement complet du Hamas et la démilitarisation de Gaza dans le cadre de la deuxième phase de l’accord constitueraient « un projet à long terme ». Il a toutefois souligné la volonté de Washington « d’aider à créer les conditions pour que les habitants de Gaza n’aient plus à vivre sous la terreur du Hamas et puissent construire une vie, un emploi et un avenir meilleur ».
« Pas de rôle pour l’UNRWA »
Rubio a fermement écarté toute participation de l’UNRWA à l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza dans le cadre du plan de cessez-le-feu, qualifiant l’agence onusienne de « filiale du Hamas ».
Interrogé sur le rôle éventuel de l’organisation onusienne, Rubio a répondu sans ambiguïté que « l’UNRWA ne jouera aucun rôle dans ce domaine. »
« L’ONU est présente », a-t-il précisé. « Nous voyons le travail accompli par le Programme alimentaire mondial (PAM), ainsi que celui de plusieurs organisations humanitaires, notamment la Samaritan’s Purse. En tout, c’est un ensemble d’environ huit à douze organisations qui opèrent ici », a-t-il expliqué.
« Nous sommes prêts à travailler avec elles, à condition qu’elles puissent garantir le bon fonctionnement de l’aide. Mais pas avec l’UNRWA. L’UNRWA est devenue une filiale du Hamas », a-t-il insisté.
Israël affirme depuis longtemps que l’agence a été infiltrée par le Hamas et que plusieurs de ses employés ont pris part au pogrom du 7 octobre 2023, au cours duquel les terroristes du Hamas ont assassiné plus de 1 200 personnes dans le sud d’Israël, déclenchant la guerre.
La composition de la future force internationale reste ouverte
Rubio a indiqué que la participation de la Turquie et de l’Autorité palestinienne (AP) à Gaza à la future Force internationale de stabilisation n’était pas encore décidée, soulignant qu’Israël devait pouvoir être « à l’aise » avec les pays qui stationnent des troupes sur le terrain.
Le gouvernement israélien s’est toujours opposé à un rôle de l’AP dans la gouvernance de Gaza après la guerre, tandis que les relations entre Israël et la Turquie se sont nettement dégradées depuis le début du conflit.
« Cette force n’a pas encore été formée, le travail est toujours en cours », a précisé Rubio. « Évidemment, lorsqu’elle le sera, il faudra qu’elle soit composée de pays avec lesquels Israël se sent à l’aise. »
Il a indiqué que « de nombreux pays avaient déjà manifesté leur intérêt », sans en citer la liste.
Évoquant les informations selon lesquelles Jérusalem aurait fixé une ligne rouge concernant la présence de troupes turques à Gaza, Rubio a déclaré qu’il préférait ne pas « entrer dans les détails sur qui serait accepté ou non. Ce qui est clair, c’est que chaque membre de cette force devra avoir les capacités et la volonté nécessaires – mais aussi être accepté par tous, y compris Israël. »
Concernant l’AP, Rubio a reconnu « la nécessité d’une réforme avant qu’un rôle à Gaza puisse lui être confié », ajoutant que cette éventualité « reste à déterminer, si tant est qu’elle ait un rôle à jouer ».
« La gouvernance future de Gaza devra être élaborée collectivement avec Israël et les partenaires régionaux. Pour que cela fonctionne, tout le monde doit être d’accord », a-t-il souligné.
Le secrétaire d’État a également rappelé que Gaza « ne peut pas être un territoire gouverné par ceux qui souhaitent l’utiliser comme base pour attaquer Israël ».
« Si c’est le cas, il y aura une autre guerre. Il ne peut y avoir de paix tant qu’un territoire sert de rampe de lancement pour menacer la sécurité d’Israël. Tout le monde le sait, et tous ceux qui ont signé cet accord le comprennent », a-t-il affirmé.
Enfin, Rubio a déclaré que les corps des otages décédés encore retenus à Gaza seront restitués.
« Cela va se produire. Si ce n’est pas le cas, alors l’accord aura été violé – mais cela va se produire », a-t-il assuré.
Opposition américaine à toute annexion
Rubio a également réaffirmé l’opposition des États-Unis à toute annexion de la Cisjordanie, estimant qu’un vote récent à la Knesset visant à relancer un projet en ce sens pourrait « menacer » le processus de paix.
« Cela ne se produira pas », a-t-il déclaré, qualifiant le vote de « provocation » sans portée législative réelle faisant écho aux propos du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a qualifié ce vote de « provocation de l’opposition ».
Rubio a déclaré qu’il comprenait que ce vote était dû à « des éléments qui ont tenté de l’utiliser pour embarrasser Netanyahu » lors de la visite du vice-président américain JD Vance en Israël cette semaine.
« Plus important encore, d’un point de vue législatif, il n’est pas structuré de manière à pouvoir aboutir », a déclaré Rubio. « Mais cela menacerait également l’ensemble du processus. »
« Tout le monde doit comprendre que si une telle chose [l’annexion] se produisait maintenant, de nombreux pays impliqués dans ce processus refuseraient probablement d’y être associés », a-t-il averti, soulignant que « c’est une menace pour le processus de paix, et tout le monde le sait. »
Il a poursuivi en assurant qu’il « ne s’immisçait pas dans la politique israélienne », et se concentrait « sur la paix et la sécurité. »
Normalisation régionale
Le secrétaire d’État Marco Rubio a également évoqué la possibilité de nouvelles normalisations entre Israël et le monde arabe à la suite du cessez-le-feu, estimant qu’une normalisation régionale plus large « pourrait être une conséquence naturelle des progrès réalisés ».
Faisant référence aux accords d’Abraham conclus en 2020 entre Israël et plusieurs pays arabes, il a déclaré que Washington souhaitait « compter autant de membres que possible » parmi les signataires.
« Ce que nous faisons ici pourrait contribuer à créer une dynamique favorable à de nouveaux accords », a-t-il ajouté, tout en refusant de préciser quels pays pourraient prochainement normaliser leurs relations avec Israël.
« Je ne vais pas citer de noms, cela revient à chaque pays de l’annoncer », a-t-il expliqué. « Il y a certains États que nous pourrions probablement ajouter dès maintenant si nous le voulions, mais nous voulons le faire de manière ambitieuse et durable – c’est ce à quoi nous travaillons. »
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