Rupture entre Otzma Yehudit et HaBayit HaYehudi pour un siège à la Knesset
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Rupture entre Otzma Yehudit et HaBayit HaYehudi pour un siège à la Knesset

Le partenaire d'extrême-droite de l'Union des partis de droite a déclaré qu'il souhaitait coopérer avec d'autres concurrents pour les prochaines élections

Les candidats de l'Union des partis de droite (de gauche à droite) Rafi Peretz, Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich posent pour une photo, le 9 avril 2019. (Autorisation)
Les candidats de l'Union des partis de droite (de gauche à droite) Rafi Peretz, Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich posent pour une photo, le 9 avril 2019. (Autorisation)

Le parti d’extrême-droite Otzma Yehudit a fait savoir dans la matinée de mardi au ministre de l’Education Rafi Peretz qu’il mettait un terme à sa coopération avec la formation HaBayit HaYehudi, ce dernier se refusant à honorer les termes de leur accord de fusion pré-électoral.

« De manière regrettable, nous n’avons pas été traités ces derniers mois avec équité, et votre comportement et celui d’autres au sein de HaBayit HaYehudi ont consisté à nous utiliser puis à nous mettre à l’écart », a écrit Otzma Yehudit dans un courrier adressé à Peretz.

En envoyant la lettre à Peretz et à son parti HaBayit HaYehudi, Otzma Yehudit a semblé indiquer qu’il souhaitait encore travailler avec l’Union nationale – troisième partenaire de l’Union des partis de droite.

Avant les élections du mois d’avril qui devaient désigner la 21e Knesset, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait orchestré l’alliance passée entre le parti extrémiste Otzma Yehudit d’un côté et HaBayit HaYehudi et l’Union nationale de l’autre – les deux formations avaient déjà fusionné – pour tenter de garantir qu’ils franchiraient le seuil électoral à eux trois.

L’alliance, dirigée par Peretz, avait finalement raflé cinq sièges à la Knesset. Toutefois, après que Netanyahu a échoué à former une coalition majoritaire, le Premier ministre a dissous le parlement et demandé un nouveau scrutin prévu en date du 17 septembre.

Le ministre de l’Education Rafi Peretz arrive pour la réunion hebdomadaire de cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 24 juin 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Selon des responsables d’Otzma Yehudit, l’accord de l’Union des partis de droite stipulait que si des responsables de formation étaient nommés ministres, ils démissionneraient de la Knesset en appliquant « la loi norvégienne » – permettant à Itamar Ben Gvir d’Otzma Yehudit, placé plus bas sur la liste, de faire son entrée au parlement.

La semaine dernière, Netanyahu a désigné deux députés de l’Union des partis de droite à la tête de ministères dans son cabinet par intérim : Peretz s’est saisi du portefeuille de l’Education et Bezalel Smotrich de celui des Transports.

Mais depuis, Peretz n’a pas pris les appels téléphoniques d’Otzma Yehudit et n’a montré aucune intention de démissionner, ont accusé des responsables d’Otzma.

Dans son courrier de mardi adressé à Peretz, Otzma Yehudit a mis en cause son ingratitude face à la contribution apportée par les électeurs de la formation, qui aura aidé l’Union des partis de droite à récolter cinq sièges.

« Ce n’est pas ainsi qu’on traite des partenaires, ce n’est pas ainsi qu’on les remercie et, en tant que ministre de l’Education, vous savez que la définition précise d’un tel comportement est l’ingratitude », dit la missive.

« Nous tentons d’élaborer d’autres alliances qui renforceront la droite lors du prochain scrutin », a ajouté le parti sans donner de détails.

L’Union nationale de Smotrich a répondu au courrier dans un communiqué, affirmant qu’il avait l’intention d’honorer les termes de l’accord et appelant à l’unité de la droite religieuse.

Le ministre des Transports Betzalel Smotrich arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 24 juin 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

« La nuit dernière, le comité central du parti a ratifié l’accord existant entre l’Union nationale, HaBayit HaYehudi et Otzma Yehudit », a fait savoir l’Union nationale. « Nous appelons, nous implorons nos partenaires à faire de même aujourd’hui ».  »

« Nous ne pouvons pas nous accorder, une fois encore, le privilège de guerres inutiles dans le camp de droite », a-t-elle précisé.

« L’Union nationale continuera à faire tout ce qui est en son pouvoir pour mettre en place une liste électorale conjointe avec les partis sionistes religieux et avec la droite », a ajouté la formation.

La Treizième chaîne a fait savoir que Peretz avait évité de se conformer à la loi norvégienne en clamant que l’accord ne s’appliquait qu’à la 21e Knesset et que sa mise en oeuvre n’était pas d’actualité dans la mesure où un nouveau scrutin était prévu pour le mois de septembre.

Smotrich, pour sa part, souhaiterait encore démissionner de la Knesset pour permettre l’entrée de Ben Gvir. Dans les jours qui avaient précédé les élections du 9 avril, un enregistrement avait émergé, dans lequel Smotrich avait juré de faire tout ce qu’il pourrait pour permettre à Ben Gvir de siéger au sein du parlement israélien.

Il clamait également dans cette séquence que cette initiative avait la bénédiction de Netanyahu.

Ces tensions surviennent alors que les partis variés de droite cherchent à créer un front d’unité plus important encore en vue du scrutin du mois de septembre.

L’arrivée de Ben Gvir à la Knesset causerait probablement du souci à Peretz et Netanyahu, Otzma Yehudit ayant fait l’objet de vives critiques de la part des députés israéliens et des groupes juifs majeurs dans le monde entier.

Itamar Ben Gvir, membre du parti Otzma Yehudit, prend la parole lors d’une campagne électorale à Bat Yam, le 6 avril 2019. (Flash90)

Les leaders d’Otzma Yehudit sont des disciples auto-proclamés de feu le rabbin Meir Kahane, qui soutenait l’expulsion violente des Arabes d’Israël et de la Cisjordanie et qui avait proposé une législation mettant hors la loi les relations sexuelles inter-ethniques.

Le parti Kach de Kahane avait été déclaré illégal par les autorités israéliennes.

Otzma Yehudit affirme maintenant soutenir les encouragements à l’émigration des non-Juifs d’Israël et l’expulsion des Arabes israéliens qui refusent de déclarer leur loyauté envers Israël et d’accepter un statut diminué au sein d’un Etat juif élargi – dont la souveraineté s’étendrait dans toute la Cisjordanie.

Ben Gvir fait partie des responsables d’Otzma Yehudit à avoir accroché une photographie de Baruch Goldstein, meurtrier de masse, à un mur de son habitation.

Goldstein avait tué 29 fidèles musulmans lors d’une fusillade qui avait entraîné un carnage au Tombeau des patriarches de Hébron, en 1994, faisant également 125 blessés.

L’union de la formation avec HaBayit HaYehudi avait été orchestrée par Netanyahu qui souhaitait empêcher de gâcher des votes en faveur la droite si les partis devaient individuellement échouer à franchir le seuil électoral d’entrée à la Knesset, qui s’élève à 3,25 %.

Il avait promis deux postes ministériels à HaBayit HaYehudi dans son futur gouvernement et offert la 28e place sur sa liste du Likud à un membre de HaBayit HaYehudi.

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