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Ruth Sulzberger Holmberg, éditrice et militante des droits civiques, meurt à 96 ans

Holmberg avait remis en cause les barrières raciales, les pièges politiques et les adversaires de la cause environnementale au Chattanooga Times

Le siège du New York Times. Illustration. (Crédit : Serge Attal/Flash90)
Le siège du New York Times. Illustration. (Crédit : Serge Attal/Flash90)

Ruth Sulzberger Holmberg, éditrice d’un journal et militante des droits civiques du Tennessee, est morte à l’âge de 96 ans.

Holmberg, membre de la famille qui possède le New York Times, a défié les barrières raciales, les pièges politiques et les adversaires de la cause environnementale pendant les trente années où elle dirigeait le Chattanooga Times, a annoncé le journal jeudi. Elle est morte à Chattanooga.

Après avoir grandi dans une famille médiatique de New York, Holmberg a voulu dirigé le quotidien de Chattanooga, qui est devenu célèbre pour ses articles et ses éditoriaux agressifs et analytiques, qui dénonçaient la ségrégation raciale, exposaient la corruption du gouvernement et réclamaient un air plus propre dans une ville très industrielle, selon le Times.

Pendant des années, elle a été considérée comme un paria dans la ville, où elle était vue comme un intrus libéral de l’Est, juive qui plus est, selon l’article.

Holmberg a été l’éditrice du Chattanooga Times de 1964 à 1992, puis est restée éditrice émérite et présidente jusqu’en 1999, quand le journal a été vendu à une petite chaîne et a fusionné avec un journal concurrent.

Elle était la petite-fille d’Adolph Ochs, qui a acheté le Chattanooga Times en 1878 et le New York Times en 1896, et la deuxième des quatre enfants d’Iphigénie Ochs et Arthur Hays Sulzberger, éditeur du New York Times entre 1935 et 1961.

Son frère, Arthur Ochs Sulzberger, mort en 2012, a été l’éditeur du New York Times et le président et directeur exécutif de Times Company. Une des sœurs, Marian Sulzberger Heiskell, est devenue l’une des dirigeantes du mouvement des droits civiques à New York. Une autre, Judith Sulzberger, morte en 2011, était un médecin affilié au Collège des médecins et des chirurgiens de l’université Columbia.

Bénévole de la Croix-Rouge en Angleterre et en France pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a eu quatre enfants avec son premier mari, Ben Hale Golden, avant qu’ils ne divorcent en 1965. Elle a remplacé son mari au poste d’éditeur du Chattanooga Times en 1964.

Le journal a défendu l’intégration raciale dans les écoles et les universités, soutenu la législation pour les droits civiques au Congrès et les lois sur la propreté de l’air, déclenchant la colère dans une ville où les industries polluantes étaient nombreuses et dont l’air, selon un rapport fédéral de 1969, était le plus sale du pays.

Le Times a également soutenu des réformes visant à éliminer la corruption au sein du gouvernement, à étendre le droit de vote et à donner aux habitants noirs, un tiers de la population, une voix plus importante à la mairie.

En 1972, elle a épousé Albert William Holmberg Jr., qui dirigeait les départements de la production, de la publicité et de la circulation du journal. Il en est ensuite devenu le président.

En 1987, elle est devenue la seconde femme, après Katharine Graham, éditrice du Washington Post, à être élue à la direction d’Associated Press, la plus grande agence de presse des Etats-Unis.

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