Saisie de matériel à destination de Gaza servant à la fabrication de bombes
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Saisie de matériel à destination de Gaza servant à la fabrication de bombes

Des responsables affirment que les produits chimiques, dissimulés dans l'équipement médical, peuvent être utilisés "pour créer des explosifs et les rendre plus puissants"

Produits explosifs découverts par les contrôleurs de l'Autorité des frontières dans une cargaison d'articles médicaux au passage de Kerem Shalom, le 4 février 2018. (Ministère de la Défense)
Produits explosifs découverts par les contrôleurs de l'Autorité des frontières dans une cargaison d'articles médicaux au passage de Kerem Shalom, le 4 février 2018. (Ministère de la Défense)

L’Autorité israélienne des Frontières a découvert des boîtes de produits chimiques – souvent utilisés pour fabriquer des explosifs – dissimulés dans une cargaison d’équipement médical destinée à la bande de Gaza la semaine dernière, a déclaré dimanche le ministère de la Défense.

Le ministère n’a pas précisé quels types de produits chimiques avaient été saisis dimanche dernier, mais il a déclaré qu’ils auraient pu être utilisés par des groupes terroristes dans la bande de Gaza pour fabriquer à la fois des engins explosifs improvisés et de simples roquettes. Le ministère n’a pas expliqué pourquoi il refusait de dire de quels produits chimiques il s’agissait.

« Les boîtes contenaient des produits chimiques à double usage destinés à créer des explosifs et à rendre les explosifs plus puissants, qui étaient dissimulés dans une cargaison d’équipement médical à destination de la Bande », a déclaré le ministère dans un communiqué.

Depuis que le groupe terroriste du Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza, Israël et l’Égypte ont maintenu un blocus autour de l’enclave côtière afin de l’empêcher d’importer des armes et du matériel.

Israël autorise l’entrée dans la bande de Gaza de biens à usage exclusivement civil et maintient des contrôles stricts sur l’importation de biens à double usage qui peuvent être utilisés à des fins malfaisantes. Ces produits, y compris les engrais chimiques, ne sont pas nécessairement soumis à des restrictions, mais font l’objet d’une surveillance étroite et doivent faire l’objet d’une autorisation spéciale afin de s’assurer qu’ils soient utilisés à des fins pacifiques.

Les produits chimiques confisqués dimanche dernier ont été identifiés par un laboratoire nouvellement construit au passage de Kerem Shalom, qui sert de principal point d’entrée pour les marchandises et l’aide humanitaire dans la bande de Gaza.

« Le laboratoire… a été créé il y a quelques mois au point de passage de Kerem Shalom pour rechercher des produits chimiques problématiques dont l’entrée à Gaza est interdite de crainte qu’ils ne soient utilisés par des groupes terroristes », a déclaré le ministère.

L’enquête sur l’envoi illicite est menée par l’Autorité des frontières, aux côtés de la police israélienne et du service de sécurité du Shin Bet.

« Cette découverte s’ajoute aux dizaines de tentatives de contrebande déjouées par les employés de l’Autorité des frontières de Kerem Shalom en 2017 », a ajouté le ministère.

Des tenues militaires de contrebande destinées à Gaza et saisies sur le port d’Ashdod le 15 janvier 2018 (Crédit : Autorité fiscale israélienne/Douanes d’Ashdod)

Le mois dernier, les douaniers ont saisi une cargaison de matériel militaire qui, selon eux, était destinée au Hamas.

La cargaison comprenait des milliers de gilets, de bottes militaires et de vestes lourdes de couleur camouflage. La cargaison, qui venait de Chine, était en route pour Gaza et si elle n’avait pas été découverte, elle aurait été transférée par camion par le poste-frontière de Kerem Shalom.

Jeudi, des soldats israéliens ont arrêté quatre suspects palestiniens, dont un armé, qui sont entrés en Israël depuis le sud de la bande de Gaza, a indiqué l’armée.

Selon l’armée, l’un des suspects portait une grenade et deux couteaux lors de son arrestation.

Un porte-parole de l’armée a déclaré que les suspects étaient surveillés par des soldats avant même qu’ils franchissent la barrière de sécurité entourant la bande de Gaza.

Ils ont été arrêtés peu de temps après leur entrée en territoire israélien, a-t-il dit.

Les intentions des suspects n’étaient pas claires dans l’immédiat. Dans certains cas, des Gazaouis sont entrés en Israël avec des armes non pas pour commettre des attentats, mais pour être arrêtés et conduits en prison. Ils préfèrent cela que de rester dans l’enclave côtière assiégée, dirigée par le groupe terroriste du Hamas.

« Les suspects ont été appréhendés et transférés pour subir des interrogatoires », a déclaré l’armée.

Selon les chiffres révélés par le site d’information Walla, en 2016 et en 2017, environ 60 Palestiniens sont entrés en Israël depuis Gaza.

Depuis début 2018, douze Palestiniens se sont infiltrés en Israël, ce qui fait craindre que la tendance ne cesse de prendre de l’ampleur face à la détérioration de la situation humanitaire à Gaza.

La barrière de sécurité est équipée d’une multitude de capteurs et de caméras pour venir en aide aux soldats qui patrouillent régulièrement la zone. Les infiltrés sont généralement capturés en quelques instants, bien que certains suspects aient réussi à ne pas se faire capturer avant plusieurs heures.

L’armée construit actuellement une nouvelle barrière à Gaza, qui comprend à la fois une partie souterraine conçue pour contrecarrer les tunnels d’attaque des groupes terroristes, ainsi qu’une haute clôture en acier destinée à empêcher les infiltrations aériennes.

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