Sara Netanyahu a « absolument le sentiment d’avoir subi des violences sexuelles »
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Sara Netanyahu a « absolument le sentiment d’avoir subi des violences sexuelles »

Sara Netanyahu affirme craindre pour sa vie et exhorte chacun à condamner les menaces ; un groupe féministe l’accuse de banaliser la véritable violence conjugale contre les femmes

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara lors de la cérémonie d’investiture du 23e gouvernement à la Knesset, le 17 mai 2020. (Autorisation : Alex Kolomoisky / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara lors de la cérémonie d’investiture du 23e gouvernement à la Knesset, le 17 mai 2020. (Autorisation : Alex Kolomoisky / Flash90)

Sara Netanyahu a affirmé mercredi qu’elle avait subi des « violences sexuelles » de la part des manifestants des rassemblements contre le Premier ministre. Elle prétend qu’elle-même et ses enfants sont « meurtris ».

Dans une interview exceptionnelle accordée à la Douzième chaîne, l’épouse du Premier ministre Benjamin Netanyahu a proclamé : « Je suis une femme meurtrie et mes enfants sont meurtris », en référence au mouvement de protestation grandissant appelant à la démission du dirigeant d’Israël le plus indétrônable, actuellement jugé pour corruption, fraude et abus de confiance.

Sara Netanyahu a déposé une plainte à la police mardi, dénonçant un supposé harcèlement sexuel de la part des manifestants, sur la base des slogans et symboles sexuellement explicites brandis lors des manifestations devant leur résidence à Jérusalem et des menaces contre elle.

« J’ai absolument le sentiment d’avoir subi des violences sexuelles », a-t-elle déclaré mercredi, en référence à « la terrible ‘marche des ballons’ [en forme d’organes sexuels] et l’appel au viol [sur les réseaux sociaux], dans un langage explicite et grossier ».

Ballons phalliques lors d’une manifestation devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, août 2020 (Capture d’écran de Channel 12)

Hagit Peer, à la tête du groupe féministe Naamat, a critiqué Netanyahu, qui est psychologue de profession, pour avoir utilisé le terme « femme battue ».

« Mme Netanyahu n’est pas une femme battue. Il s’agit d’une banalisation du concept et Mme Netanyahu, qui a visité des centres d’hébergement pour femmes dans le passé, le sait parfaitement », a-t-elle déclaré à la chaîne d’information.

Des travailleurs de l’industrie culturelle et artistique manifestent devant la résidence officielle du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 11 août 2020. (Autorisation : Yonatan Sindel / Flash90)

Les Netanyahu se sont récemment plaints de faire l’objet de menaces de meurtre, alors que les manifestations hebdomadaires contre le Premier ministre pour ses affaires de corruption et sa gestion de la pandémie de coronavirus se sont multipliées, ameutant des dizaines de milliers de manifestants.

Netanyahu et certains de ses alliés ont cherché à dépeindre les manifestants comme violents et « anarchistes », et plusieurs personnes ont été arrêtées pour avoir prétendument menacé le Premier ministre.

L’épouse du Premier ministre a déclaré qu’elle attendait une condamnation généralisée des menaces contre elle et sa famille, y compris de la part des députés de gauche.

Des manifestants contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu devant sa résidence officielle à Jérusalem, le 8 août 2020. (Autorisation : Yonatan Sindel / Flash90)

« Chaque femme, et chaque homme, devrait condamner ces gestes. Cela doit venir de tous les bords. J’attends des députés qui s’époumonent pour les droits des femmes, comme [la députée Meretz Tamar] Zandberg et [la députée travailliste Merav] Michaeli, qu’ils prennent une position claire. »

« Je ne souhaite à… personne, ni aux auditeurs, ni à aucune des chaînes de télévision – qui soutiennent ces manifestations – ce qui nous arrive à moi et mes enfants », a-t-elle poursuivi. « Ils décrivent comment ils vont nous assassiner. J’ai lu comment ils vont démembrer mes enfants, des choses terribles. Alors pourquoi est-ce que je n’entends pas des condamnations unanimes ? »

L’épouse du Premier ministre a affirmé qu’elle ne se sentait pas en sécurité et qu’elle était inquiète pour son bien-être.

« La sécurité n’est pas infaillible », dit-elle. « N’oubliez pas que je ne suis pas chez moi tout le temps. Je ne suis pas protégée comme le Premier ministre. Je ne suis pas protégée comme le ministre de la Défense Gantz. Il y a quelques semaines, lors d’un des rassemblements violents, ils ont vraiment essayé de mettre le feu à notre maison et ont brisé les jambes d’un officier de police. »

Lors d’une émeute qui a eu lieu devant la résidence officielle de Netanyahu le 14 juillet, deux hommes (19 et 29 ans) ont tabassé un policier, qui a dû être soigné pour une grave blessure à la jambe, a indiqué la police. Ils ont par la suite été arrêtés. On ignore à quoi elle fait référence pour ce qui concerne la tentative de brûler sa résidence.

Ces dernières semaines ont aussi été marquées par des incidents violents de la part de partisans de droite pro-Netanyahu. Les manifestants ont également accusé la police d’avoir utilisé une force excessive pendant les manifestations.

Des milliers de personnes manifestent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu devant sa résidence officielle à Jérusalem, le 8 août 2020 (Autorisation : AP Photo / Ariel Schalit)

Netanyahu a également protesté contre la couverture médiatique de ces manifestations, qui, selon lui, en exagère la portée de façon disproportionnée.

Pourtant, au début du mois, Yaïr, le fils Netanyahu, a déclaré dans une interview que son père et lui avaient trouvé les déguisements et les affiches amusants.

« J’essaie de ne pas lui montrer les choses les plus grossières, car au final c’est désagréable ; mais vous savez, cela le divertit, en vérité cela lui donne même de la force et de la détermination », a déclaré Yair Netanyahu le 3 août.

Les rassemblements tumultueux ont fait émerger un nouveau type de manifestants – des jeunes Israéliens des classes moyennes, sans aucun passé politique, qui estiment que le règne de Netanyahu, marqué par les scandales, et sa gestion de la crise du coronavirus, les ont privés de leur avenir. Le Premier ministre est actuellement jugé pour corruption dans trois enquêtes, mais nie tout acte répréhensible.

Plusieurs mouvements informels ont uni leurs forces pour présenter Netanyahu comme un leader déconnecté, au gouvernement le plus bouffi de l’histoire du pays, à l’affût de centaines de milliers de dollars d’avantages fiscaux pour lui-même, au moment même où l’épidémie de coronavirus fait rage et le chômage a dépassé les 20 %.

Bien que les manifestations les plus importantes aient lieu à Jérusalem, des manifestations mineures se déroulent à travers le pays.

 

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