Segalovitz quitte Yesh Atid et pourrait rejoindre le Raam de Mansour Abbas
Un sondage du ToI montre qu’une majorité d’électeurs de l’opposition soutiendraient la participation du Raam à une coalition si Segalovitz rejoignait le parti
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Le député Yoav Segalovitz a informé jeudi ses collègues de Yesh Atid qu’il quittait le parti centriste, alors que des informations font état de discussions en vue de son ralliement au parti arabe Raam, dirigé par Mansour Abbas, dont il deviendrait le premier membre juif.
« Je souhaite beaucoup de succès à Yesh Atid et au parti BeYachad, qui continuent d’agir avec détermination pour les citoyens de l’État d’Israël », a déclaré Segalovitz dans un communiqué. BeYachad est le nom de la formation issue de la fusion entre Yesh Atid, le parti de Yaïr Lapid, et le nouveau parti de Naftali Bennett.
Dans un communiqué distinct, Lapid a remercié Segalovitz pour ses dix années au sein du parti, durant lesquelles ce dernier « a agi avec intégrité et professionnalisme dans l’intérêt des citoyens israéliens et pour préserver l’État de droit ».
Cette annonce intervient près d’une semaine après que le site d’information Ynet a révélé l’existence de discussions entre Segalovitz et Abbas concernant son éventuel ralliement à Raam.
Segalovitz n’a pas encore confirmé son intention de rejoindre Raam, mais il n’a pas davantage démenti envisager cette démarche sans précédent, susceptible de rebattre les cartes du paysage politique à l’approche des élections législatives israéliennes d’octobre.
Historiquement islamiste, Raam s’est efforcé ces dernières années de prendre ses distances avec ses racines religieuses pour mettre davantage l’accent sur son identité civique. L’arrivée de Segalovitz pourrait contribuer à rendre Abbas plus acceptable comme partenaire de coalition aux yeux des partis d’opposition sionistes, dont certains font campagne contre la participation de formations à majorité arabe à un éventuel gouvernement.
Ancien haut responsable de la police, Segalovitz est notamment reconnu pour avoir contribué à faire reculer la criminalité dans les communautés arabes israéliennes lorsqu’il était vice-ministre de la Sécurité intérieure au sein du précédent gouvernement dirigé par Bennett et Lapid.
Les taux d’homicides ont explosé depuis la chute de cette coalition et son remplacement par l’actuel gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a nommé le député d’extrême droite Itamar Ben Gvir au poste de ministre de la Sécurité nationale, chargé notamment de la police.
Haaretz a rapporté jeudi qu’Abbas et Segalovitz discutaient de la possibilité de placer ce dernier en deuxième position sur la liste de Raam et d’en faire le candidat du parti au ministère de la Sécurité nationale, en remplacement de Ben Gvir, dans un prochain gouvernement.
Sondage du ToI : Avec Segalovitz, Raam serait accepté par une majorité de l’opposition
Un sondage publié jeudi par Zman Yisrael, site partenaire du Times of Israel, indique, a révélé que la plupart des électeurs des partis actuellement dans l’opposition soutiendraient la participation de Raam à une coalition gouvernementale si le parti d’Abbas venait à inclure Segalovitz dans ses rangs.
Selon le sondage, 56 % des électeurs de l’opposition seraient favorables à l’intégration de Raam, avec Segalovitz, dans la coalition, contre 30 % qui y seraient opposés.
La tendance s’inverse parmi les électeurs de l’actuelle coalition gouvernementale de droite : 55 % s’opposeraient à la participation de Raam à une coalition, contre 11 % qui y seraient favorables.
Dans l’ensemble de l’électorat, les avis sont partagés : 40 % s’y opposeraient et 38 % y seraient favorables, les autres personnes interrogées ne se prononçant pas.
Selon les projections du sondage, la participation de Raam à une coalition donnerait au bloc anti-Netanyahu une majorité de 63 sièges sur les 120 que compte la Knesset.
Si des élections avaient lieu aujourd’hui, le parti centriste Yashar de Gadi Eisenkot arriverait en tête avec 23 sièges, devant le Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui en obtiendrait 21, et BeYachad de Naftali Bennett, avec 15 sièges.
Au total, les partis anti-Netanyahu à majorité juive obtiendraient 57 sièges, soit moins que la majorité requise sans l’appui de Raam, tandis que le bloc pro-Netanyahu en remporterait 51. Raam et le parti arabe Hadash-Taal obtiendraient chacun six sièges.
Le sondage a été réalisé auprès de 500 personnes les 5 et 6 août, avec une marge d’erreur de 4,4 %.
Pas de place pour Zangauker
Par ailleurs, selon la presse israélienne, Yaïr Golan serait revenu sur sa promesse de réserver une place sur la liste de son parti de gauche, les Démocrates, à Einav Zangauker, mère de l’ancien otage Matan Zangauker.
Einav Zangauker a été l’une des figures les plus engagées de la mobilisation en faveur de la libération des otages pendant leurs années de captivité à Gaza, ainsi que l’une des critiques les plus virulentes de ce qu’elle dénonçait comme l’abandon des captifs par le gouvernement.
Golan se serait heurté à l’opposition de membres de son parti qui auraient reculé sur la liste électorale s’il avait accepté d’accorder une place de choix à Zangauker.
Le fils de Zangauker, Matan, avait été enlevé à son domicile du kibboutz Nir Oz par des terroristes palestiniens du Hamas lors du pogrom perpétré par le groupe dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023. Il a été libéré le 13 octobre 2025, en même temps que les 19 autres otages encore en vie, dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu négocié par l’administration du président américain Donald Trump.
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