Selon al-Sharaa, Israël fait obstacle à la normalisation avec la Syrie
Le président syrien évoque les discussions en vue d’une normalisation, indiquant qu’elles n’ont pu aboutir car « au dernier moment, nous constatons toujours un changement dans la position israélienne »
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Lors d’un événement organisé par Chatham House à Londres le 31 mars, le président syrien Ahmed al-Sharaa a évoqué les efforts de normalisation entre la Syrie et Israël, en affirmant qu’Israël aurait changé d’avis, refusant finalement de poursuivre les efforts.
Répondant aux questions de Bronwen Maddox, la directrice du think tank britannique spécialisé en affaires internationales, Ahmed al-Sharaa a indiqué que les deux pays avaient « atteint des résultats positifs », avant d’ajouter : « mais au dernier moment, nous constatons toujours un changement dans la position israélienne ».
Israël et la Syrie ont, depuis la chute de Bachar al-Assad, multiplié les efforts en vue d’une normalisation. Cependant, les discussions se heurtent quasi systématiquement à des blocages, Israël mettant en avant sa sécurité et la Syrie, sa souveraineté.
L’événement à la Chatham House portait plus largement sur la reconstruction de la Syrie, sa politique étrangère et sa position vis-à-vis des conflits en Iran et au Liban.
Concernant l’Iran, Ahmed al-Sharaa a affirmé qu’il n’y avait « aucun doute que l’Iran était en première ligne du conflit mené par l’ancien régime contre le peuple syrien ». Il a notamment souligné que l’Iran avait, selon lui, alimenté le conflit en Syrie en contribuant à « déraciner le peuple syrien ». Aujourd’hui toutefois, il explique, sans rancune, n’avoir « aucun problème avec l’Iran à Téhéran, mais avec l’Iran à Damas ». Il a également fait remarquer que l’Iran « occupait des villages et des villes syriennes, déplaçant les populations, et ainsi de suite ».
Face aux ambitions iraniennes en matière de missiles balistiques et de programme nucléaire, il affirme privilégier désormais une approche diplomatique plutôt qu’une solution militaire qui « entraînerait des risques supplémentaires ».
Ahmed al-Sharaa a assuré que son pays resterait en dehors des conflits tant qu’il ne serait pas directement attaqué, soulignant que « quatorze années de guerre suffisent à la Syrie ». « Nous avons payé un prix très lourd et nous ne sommes pas prêts à revivre une nouvelle expérience. Ceux qui ont connu les épreuves de la guerre connaissent la valeur de la paix », a-t-il conclu.
À l’instar de l’Iran, le Hezbollah a été désigné par Ahmed al-Sharaa comme un acteur perturbateur et un allié de l’ancien régime d’Assad. « Nous aussi avons payé le prix de l’intervention du Hezbollah en Syrie au cours des quatorze dernières années. Le Hezbollah a également été un partenaire actif du régime dans la répression et la mort du peuple syrien. »
Soucieux de la situation à la frontière entre la Syrie et le Liban, Ahmed al-Sharaa a déclaré que la Syrie était « désireuse que le conflit ne s’étende pas au Liban », tout en réaffirmant l’importance de sécuriser la frontière afin de lutter contre le trafic d’armes. « La protection des frontières exige que les responsables de leur sécurité empêchent l’entrée d’armes et les activités de contrebande. »
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