Selon Smotrich, Otzma Yehudit siègera à la Knesset avec le soutien de Netanyahu
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Selon Smotrich, Otzma Yehudit siègera à la Knesset avec le soutien de Netanyahu

Le n°2 de l'Union des partis de droite a dit que le Premier ministre a accepté que des ministres puissent abandonner leur siège à la Knesset pour assurer l'entrée d'Itamar Ben Gvir

Le chef du parti Ihoud Leoumi, le député Bezalel Smotrich, prend la parole lors d'un événement du Mouvement pour un gouvernement de qualité en Israël, à Modiin, le 4 février 2019. (Hadas Parush/Flash90)
Le chef du parti Ihoud Leoumi, le député Bezalel Smotrich, prend la parole lors d'un événement du Mouvement pour un gouvernement de qualité en Israël, à Modiin, le 4 février 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu aidera à garantir que les partis de l’Union des partis de droite d’extrême-droite obtiennent suffisamment de postes ministériels pour permettre à l’activiste radical Itamar Ben Gvir, numéro 7 sur la liste de l’alliance, d’entrer à la Knesset, a expliqué un leader de la formation dans un enregistrement rendu public mardi.

Dans un enregistrement audio d’une rencontre à huis-clos des activistes de l’Union des partis de droite qui a fuité auprès de la Douzième chaîne, le numéro deux du parti, Betzalel Smotrich, promet que la liste fera tout ce qu’il faut pour garantir que Ben Gvir entrera au Parlement et que Netanyahu apportera son aide en raison de l’accord passé par la faction d’extrême-droite avec le leader du Likud.

L’Union des partis de droite est une alliance de trois partis d’extrême-droite. Deux d’entre eux, HaBayit HaYehudi et l’Union nationale, représentent la communauté Hardal – ou ultra-orthodoxe. Le troisième, le plus controversé, Otzma Yehudit – ou « pouvoir juif » – est constitué d’anciens disciples du rabbin extrémiste Meir Kahane.

Ben Gvir, le membre d’Otzma Yehudit le plus éminent sur la liste de l’Union des partis de droite – la Haute cour de justice a disqualifié la candidature du leader d’Otzma, Michael Ben Ari, en raison d’incitations au racisme – est un avocat connu pour avoir défendu des Juifs soupçonnés de terrorisme. Une photographie du terroriste juif Baruch Goldstein, qui a tué 29 fidèles musulmans qui faisaient la prière au Tombeau des patriarches de Hébron, est pendue au mur de son salon.

Les membres du parti Otzma Yehudit Michael Ben Ari, au centre, Itamar Ben Gvir, à droite, et Baruch Marzel, à gauche, pendant une conférence de presse en réponse à la décision de la haute cour de rejeter la candidature de Ben Ari lors des prochaines élections à la Knesset à Jérusalem, le 17 mars 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

HaBayit HaYehudi et l’Union nationale ont convenu de s’unir avec Otzma Yehudit après avoir subi des pressions intenses de la part de Netanyahu, qui a craint que si l’une des formations devait se présenter séparément, elle ne franchirait pas le seuil électoral de 3,25% – les suffrages en sa faveur étant donc définitivement perdus pour le bloc de droite dont Netanyahu a besoin pour rester Premier ministre pour un quatrième mandat consécutif.

En échange de la formation de l’Union, Netanyahu a accordé à Eli Ben-Dahan, de l’Union des partis de droite, une place garantie sur la liste de la Knesset pour le Likud et a promis à l’Union des partis de droite deux postes au cabinet dans le prochain gouvernement.

Dans l’enregistrement diffusé mardi, Smotrich fait référence à cet accord. L’Union des partis de droite est attachée à ce qu’on appelle « la loi norvégienne », a dit Smotrich, qui permet à un député nommé à un poste au cabinet de démissionner temporairement du parlement, permettant ainsi à la personne inscrite à sa suite sur la liste du parti d’entrer à la Knesset. Quand le ministre quitte son poste, il peut reprendre son siège à la Knesset et le nouveau député est alors dans l’obligation de démissionner.

L’Union des partis de droite a obtenu « dans notre accord avec Netanyahu [l’assurance] qu’il y aura une loi norvégienne double », dit Smotrich. « Même si, dans le pire des cas, l’Union n’obtient que cinq sièges, Itamar [Ben Gvir] entrera encore. Avec l’aide de Dieu, nous serons dans la coalition, et deux députés de notre liste démissionneront pour assumer des fonctions au sein du cabinet – et il entrera ».

Benjamin Netanyahu lors d’une conférence de presse traitant des accusations de publications de fausses informations sur les réseaux sociaux lors de la campagne électorale, à la résidence du Premier ministre à Jérusalem le 1 avril 2019.

Dans l’enregistrement, Smotrich n’établit pas clairement jusqu’où irait Netanyahu pour aider l’Union des partis de droite à garantir que Ben Gvir entre à la Knesset.

Si la formation n’obtient que quatre sièges, par exemple, l’acquiescement du Premier ministre à trois postes du cabinet reste indéterminé.

Smotrich suggère par ailleurs dans l’enregistrement que « la double loi norvégienne », qui permettrait une démission et le retour consécutif à la Knesset de deux législateurs, serait soutenu par Netanyahu.

Quand l’alliance de l’Union des partis de droite a été annoncée, le mois dernier, son leader, Rafi Peretz — ancien grand-rabbin de l’armée israélienne, considéré comme plus modéré que Smotrich – a indiqué que l’accord avait été simplement « technique » et que l’Union serait dissoute après le scrutin, et que le candidat élu d’Otzma Yehudit ferait scission pour former une faction séparée.

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