Séquençage de l’ADN d’Hitler : un trouble génétique et aucune ascendance juive
Selon les chercheurs, le dictateur nazi souffrait du syndrome de Kallmann caractérisé par une puberté incomplète, avec une prédisposition génétique à l'autisme, à la schizophrénie et au trouble bipolaire
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JTA — Adolf Hitler était atteint d’un trouble sexuel qui le rendait plus susceptible d’avoir un micro-pénis, a révélé la toute première analyse de son ADN. Et contrairement à ce que certains ont prétendu, il n’avait pas d’ancêtres juifs.
Les résultats de cette analyse sont dévoilés dans les moindres détails dans le nouveau documentaire « Hitler’s DNA: Blueprint of a Dictator », qui sera diffusé samedi soir au Royaume-Uni. Ce documentaire suit les chercheurs qui ont décidé d’étudier le patrimoine génétique de l’un des pires dictateurs de l’Histoire, et relate ce qu’ils ont appris — et n’ont pas pu apprendre — à partir de son ADN.
Les chercheurs ont ainsi découvert que le dictateur nazi souffrait du syndrome de Kallmann, une maladie génétique qui se manifeste souvent chez les hommes par une puberté incomplète, un faible taux de testostérone et un développement anormal des organes sexuels, ainsi que l’explique un reportage exclusif publié mercredi dans le journal The Times. Les tests ont également révélé des scores « très élevés » (dans le top 1%) pour une prédisposition à l’autisme, à la schizophrénie et au trouble bipolaire. Les chercheurs précisent toutefois que l’ADN seul ne suffit pas pour établir un diagnostic.
Le syndrome de Kallmann est souvent associé à une cryptorchidie (testicule non descendu), qui peut entraîner un micropénis.
L’analyse ADN permet pour la première fois de corroborer des documents historiques selon lesquels il souffrait d’une cryptorchidie du côté droit, soulignent ainsi les chercheurs.
Des chansons populaires pendant la Seconde Guerre mondiale se moquaient souvent de l’anatomie d’Hitler.
L’éminent psychologue juif britannique Simon Baron-Cohen (le père de l’acteur Sacha Baron-Cohen) figure parmi les personnes citées dans le documentaire. « Un comportement n’est jamais déterminé à 100 % par la génétique », a-t-il déclaré au Times. « Associer l’extrême cruauté d’Hitler à des personnes atteintes de ces troubles risque de les stigmatiser, et ce d’autant plus que la grande majorité des personnes souffrant de ces troubles ne sont ni violentes ni cruelles – et que beaucoup sont même tout le contraire. »
Le séquençage, mené par une équipe dirigée par une éminente généticienne britannique, se révèle plus concluant sur la question de l’éventuelle ascendance juive d’Hitler. Les rumeurs sur l’éventuelle origine juive du dictateur étaient très répandues durant l’ascension d’Hitler. En 1933, par exemple, un journal proche du chancelier autrichien antinazi a mis les autorités allemandes au défi de réfuter les liens d’Hitler avec le judaïsme.
Selon la rumeur, le père d’Hitler était le fruit d’une relation extra-conjugale entre sa grand-mère et son employeur, de confession juive. Mais les chercheurs ont trouvé des correspondances génétiques entre le dictateur et la lignée masculine de la famille Hitler.
Si la rumeur avait été vraie « nous n’aurions pas obtenu la correspondance ADN avec la famille Hitler, or nous avons cette correspondance (…) ce qui met fin à cette rumeur », a expliqué à l’AFP Turi King, qui dirige l’équipe.
Et les rumeurs ont perduré : en 2022, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a réitéré l’affirmation selon laquelle Hitler aurait eu des ancêtres juifs. Lavrov tentait alors de justifier la raison invoquée par la Russie pour envahir l’Ukraine, à savoir « dénazifier » le pays : une entreprise compliquée par le fait que le président ukrainien est juif. (Il a également déclaré : « Il y a déjà très longtemps, les sages juifs ont dit que les plus grands antisémites étaient les Juifs eux-mêmes. »)
Alors que les précédents séquençages de l’ADN des proches d’Hitler suggéraient de possibles liens génétiques avec les groupes qu’il cherchait à détruire – notamment avec les Juifs -, cette nouvelle analyse, qui porte sur l’ADN d’Hitler lui-même, ne révèle qu’une ascendance allemande autrichienne.
L’analyse est basée sur un morceau de tissu imprégné de sang, découpé par un soldat américain dans le canapé sur lequel Hitler s’est suicidé le 30 avril 1945. Les chercheurs ont pu confirmer sans aucun doute que ce sang était bien celui d’Hitler en comparant l’ADN qui en a été extrait à un autre ADN précédemment confirmé comme provenant d’un de ses proches.
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