Shabbat: L’opposition et Yisrael Beytenu ne « compenseront » pas le vote de Glick
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Pour la coalition, l'opposition a "perdu son humanité"

Shabbat: L’opposition et Yisrael Beytenu ne « compenseront » pas le vote de Glick

Le député Likud a perdu sa femme et ne pourra assister au vote sur la fermeture des magasins de proximité ; l'Union sioniste affirme que le gouvernement peut reporter le vote

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

Yehuda Glick et son épouse lors d'une conférence de presse à l'hôpital Shaare Zedek de Jérusalem, le 24 novembre 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Yehuda Glick et son épouse lors d'une conférence de presse à l'hôpital Shaare Zedek de Jérusalem, le 24 novembre 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’opposition s’est jointe lundi au parti de la coalition Yisrael Beytenu en refusant d’accepter le retrait d’un député lors du prochain vote sur la fermeture des commerces de proximité lors du Shabbat, disant qu’elle ne compenserait pas l’absence du parlementaire issu du Likud Yehuda Glick, dont l’épouse est décédée lundi matin.

Cette décision de ne pas permettre la compensation parlementaire, qui s’octroie souvent gracieusement, a été critiquée par les ministres et les membres les plus importants de la coalition qui ont affirmé que l’opposition avait « perdu son humanité ».

En riposte, l’opposition a expliqué que la coalition pouvait reporter facilement le projet de loi sur le Shabbat – qui devait être voté une dernière fois lundi soir – à une date ultérieure.

Le processus de l’octroi à la coalition d’un « passe » qui lui permet de conserver la même marge de majorité – kizuz en hébreu – est un geste banal mais qui n’est pas une exigence au sein de la Knesset. Cet arrangement est fréquent entre la coalition et l’opposition pour les parlementaires malades ou contraints à des obligations sociales, familiales, etc.

Le député Yoel Hasson (Union sioniste) s’adresse à la Knesset israélienne, dossier (Miriam Alster / FLASH90)

Toutefois, depuis la désignation de Yoel Hasson de l’Union sioniste en tant que chef de l’opposition, cette procédure a été suspendue dans le cadre d’initiatives qui visent à renforcer la puissance de combat de l’opposition. Ilan Gilon, du Meretz, avait été pris pour cible l’année dernière après qu’il a manqué un vote qui visait à compenser la présence d’un ministre hospitalisé du Shas, affirmant ultérieurement que sa démarche avait été « humanitaire ».

Lundi, Hasson a indiqué qu’il n’y aurait pas d’arrangement visant à accommoder Glick.

Faisant part de ses condoléances au député du Likud, Hasson a ajouté que « le projet de loi sur les commerces de proximité n’est pas urgent, nous avons vécu sans problème 70 ans sans lui. Il n’y aura pas d’accord et la coalition peut reporter le vote. Cela ne tient qu’à elle ».

Le parti de coalition Yisrael Beytenu, qui s’oppose avec force au projet de loi sur le Shabbat et prévoit de voter contre, a également annoncé qu’il ne viendrait pas en aide à ses partenaires.

La décision prise par l’opposition s’est attirée les critiques des principaux députés de la coalition, même s’ils n’ont pas évoqué le refus du parti Yisrael Beytenu.

« Une opposition qui refuse de venir en aide à un député qui doit être absent en raison des funérailles de son épouse a perdu son humanité et n’est pas digne de servir comme alternative à la gouvernance du gouvernement », a expliqué le ministre de Jérusalem Zeev Elkin.

« Avi Gabbay, Boujie [Isaac] Herzog et Yair Lapid — je vous recommande vivement de vous réveiller et de maintenir la dignité de la Knesset que Yoel Hasson a ternie en vos noms ce matin ».

« La dernière personne dont j’accepterais un conseil sur la magnanimité est le député Elkin qui n’a ni miséricorde, ni pardon et n’a jamais cédé », a commenté Hasson, qui a travaillé aux côtés d’Elkin il y a plus d’une décennie au sein du parti Kadima. « La coalition est responsable de la situation créée. Elle est invitée à faire avec ».

Dans une déclaration, le président de la Knesset Yuli Edelstein (Likud) a indiqué que l’opposition « a le droit » de ne pas compenser Glick, mais a néanmoins demandé qu’elle revienne sur sa décision.

« J’appelle l’opposition à revenir sur son positionnement insensible pour notre bien à tous », a dit Edelstein.

Quelques heures avant les funérailles de son épouse, Glick s’est tourné vers Twitter pour implorer les législateurs de ne pas transformer son deuil en bataille politique.

« Je vous en supplie », a-t-il écrit, « Que les funérailles de ma chère épouse ne deviennent pas l’objet d’un conflit. Je vous en prie, donnez plus d’amour et d’énergie positive ».

Même avant l’absence de Glick, la coalition a lutté pour rassembler une majorité pour la proposition, tandis que plusieurs députés issus de la coalition – dont le parti Yisrael Beytenu, le député du Likud Sharren Haskel, et les députés de Koulanou Rachel Azaria, Tali Ploskov et Merav Ben Ari — ont exprimé des réserves ou leur franche opposition au projet de loi.

Le projet de loi est arrivé suite à une crise survenue entre le gouvernement et ses partenaires de coalition ultra-orthodoxes qui avait eu pour conséquence la démission de Yaakov Litzman de YaHadout HaTorah de son poste de ministre de la Santé en raison de travaux de maintenance ferroviaires menés pendant le Shabbat.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait rapidement trouvé un accord avec les partis ultra-orthodoxes selon lequel le gouvernement proposerait des lois maintenant le statu-quo en ce qui concerne l’observance du Shabbat en Israël.

Le projet de loi offrirait au ministère de l’Intérieur la capacité de superviser et de rejeter des ordonnances locales relatives à l’ouverture des commerces le jour du Shabbat, journée hebdomadaire juive de repos qui commence le vendredi dans la soirée jusqu’au samedi dans la nuit.

Même si le projet de loi ferait une exception pour la ville majoritairement laïque de Tel Aviv, il pourrait entraîner la fermeture forcée d’autres magasins ailleurs en Israël. Cette mesure est survenue après que la Haute cour a statué le droit de Tel Aviv de permettre aux magasins de rester ouverts lors du Shabbat.

Le décès de Yaffa Glick a entraîné une pluie de messages de condoléances venues de tout le spectre politique.

Au mois d’octobre 2014, Yehuda Glick — avant d’entrer à la Knesset – avait reçu quatre balles d’un terroriste palestinien à Jérusalem en raison de son militantisme en faveur du mont du Temple. Yaffa Glick, 51 ans, qui avait été victime d’un accident vasculaire cérébral quelques mois auparavant, était devenue un visage familier en Israël durant le rétablissement de son époux.

Glick devrait être enterrée à Jérusalem lundi après-midi. Elle laisse derrière elle son mari et huit enfants.

Yehuda Glick, à droite, et son épouse posent pour une photo au centre médical de Shaare Zedek à Jérusalem le 13 novembre 2014 (Autorisation de la famille via Flash90)

« Mes condoléances au député Yehudah Glick à l’occasion du décès de son épouse Yaffa », a tweeté le président Reuven Rivlin. « Avec toute la population d’Israël, j’ai suivi sa triste histoire et j’ai été impressionné par le dévouement de la famille ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a indiqué dans un communiqué qu’il avait parlé à Glick pour lui présenter ses condoléances.

« Avec tout le monde en Israël, nous pleurons sa mort et nous envoyons de la force, à lui et à sa famille, dans cette période de chagrin profond », a dit Netanyahu.

Le député du Likud Amir Ohana, qui a été garde du corps volontaire de Glick à l’hôpital durant son rétablissement (et avant que tous deux n’entrent à la Knesset) a également rendu hommage à Yaffa Glick.

« J’ai appris à la connaître dans les moments difficiles, après la tentative d’assassinat ratée contre Yehuda », a écrit Ohana sur Twitter. « Elle était un tissu habité par une âme, composé des fils d’acier et de soie’, a écrit Jabotinsky des femmes : Une description cousue main de Yaffa ».

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