Shaked critique la poignée de mains entre Netanyahu et Abbas aux obsèques de Peres
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Shaked critique la poignée de mains entre Netanyahu et Abbas aux obsèques de Peres

Un porte-parole du Fatah défend la venue du président de l’AP à la cérémonie, qui voulait rendre hommage à l’ancien président

La ministre de la Justice Ayelet Shaked a critiqué dimanche le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour avoir serré la main du président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas aux funérailles de l’ancien président Shimon Peres. Elle rejoint ainsi nombres de critiques des deux côtés qui ne sont pas ravis de cette courte entrevue.

Abbas a été sévèrement critiqué par beaucoup dans la société palestinienne pour avoir assisté aux obsèques du neuvième président israélien au cimetière du mont Herzl à Jérusalem vendredi, et certains dans la droite israélienne ont également reproché à Netanyahu d’avoir serré la main du dirigeant palestinien.

« Je respecte le fait qu’[Abbas] soit venu », a déclaré Shaked à la radio militaire dimanche, « mais nous devons aussi nous souvenir qu’en même temps, il propage la haine et l’incitation [au terrorisme]. Cela doit aussi être pris en compte. »

Shaked a noté que même si elle était aux funérailles, elle a mis un point d’honneur à ne pas serrer la main d’Abbas, qui assistait à la cérémonie avec quatre autres responsables palestiniens, dont Saeb Erekat, négociateur en chef de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

« Je ne peux pas dire ce que [Netanyahu et son épouse] auraient dû faire. Je ne peux que vous dire que j’étais là et que je n’ai pas [serré la main d’Abbas] », a-t-elle déclaré.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu  (à gauche) avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors de la photo de famille de la COP21, la conférence des Nations unies sur le changement climatique, au Bourget , le 30 novembre 2015 (Crédit : Martin Bureau/Pool/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors de la photo de famille de la COP21, la conférence des Nations unies sur le changement climatique, au Bourget , le 30 novembre 2015 (Crédit : Martin Bureau/Pool/AFP)

Les rencontres ou même les poignées de main entre Abbas et Netanyahu ont été extrêmement rares alors que le processus de paix est moribond depuis des années.

Les deux hommes se sont rencontrés pour la dernière fois officiellement en 2010, et se sont brièvement serrés la main à Paris pendant la conférence sur le changement climatique (COP21) l’année dernière.

Les deux dirigeants soulignent qu’ils sont prêts à se rencontrer, mais jusqu’à présent, aucun sommet n’a eu lieu. Netanyahu a accusé Abbas et son gouvernement de promouvoir l’incitation à la violence contre les Israéliens, participant à alimenter des mois de luttes mortelles.

Vendredi, les deux hommes ont échangé des salutations polies alors que les dirigeants internationaux étaient rassemblés au mont Herzl pour rendre un dernier hommage à l’ancien président et Premier ministre d’Israël, lauréat du Prix Nobel de la Paix. Abbas a également serré la main d’autres personnalités israéliennes, comme le président Reuven Rivlin.

Le président Reuven Rivlin et son épouse Nechama avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant les funérailles d'état du défunt 9e président Shimon Peres, au cimetière du mont Herzl, à Jérusalem, le 30 septembre 2016. (Crédit : Mark Neyman/GPO)
Le président Reuven Rivlin et son épouse Nechama avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant les funérailles d’état du défunt 9e président Shimon Peres, au cimetière du mont Herzl, à Jérusalem, le 30 septembre 2016. (Crédit : Mark Neyman/GPO)

Plus tard ce jour-là, le président du parti HaBayit HaYehudi, Naftali Bennett, a critiqué Netanyahu et d’autres pour avoir serré la main du président de l’AP.

Il a écrit sur Facebook que « je ne peux pas comprendre pourquoi les Israéliens font la queue pour serrer la main d’Abbas, qui encourage aujourd’hui le meurtre d’Israéliens et paie une allocation mensuelle aux familles des assassins [palestiniens]. »

« Il devrait empêcher les enterrements avant d’y participer », a continué Bennett, faisant référence à la vague d’attaques terroristes palestiniennes qui a tué plus de 30 Israéliens et plusieurs ressortissants étrangers.

Malgré les critiques de plusieurs Palestiniens, dont un porte-parole du Hamas qui a souhaité sa mort, le Fatah, le parti d’Abbas, a défendu sa participation aux funérailles.

Un porte-parole a déclaré qu’Abbas ne regrettait pas d’avoir assisté aux obsèques, a annoncé samedi la radio publique israélienne.

Il y a assisté parce qu’il voulait rendre hommage à l’ancien président, a déclaré le porte-parole, ajoutant que c’était la décision correcte, même si ce n’était pas facile ou populaire.

Avant la cérémonie, un responsable palestinien a déclaré que la visite visait à envoyer « un message fort » à Israël, disant que les Palestiniens sont sérieux sur la paix.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (au centre) pendant les obsèques de l'ancien président Shimon Peres au cimetière national du mont Herzl à Jérusalem, le 30 septembre 2016. (Crédit : AFP/Pool/Stephen Crowley)
Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (au centre) pendant les obsèques de l’ancien président Shimon Peres au cimetière national du mont Herzl à Jérusalem, le 30 septembre 2016. (Crédit : AFP/Pool/Stephen Crowley)

Abbas était assis au premier rang de la cérémonie des funérailles au cimetière national du mont Herzl, aux côtés de Netanyahu, Obama, du président Reuven Rivlin et du prince Charles de Galles. Il était entouré du président du Conseil européen Donald Tusk et du président hongrois Viktor Orban.

Samedi, Abbas a été interrompu et hué pendant des discours donnés à Bethléem et à l’université Birzeit.

Son cortège a également été hué pendant qu’il passait par le camp de réfugiés de Deheisha, près de Bethléem.

A Bethléem, Abbas a déclaré que « nous n’avons pas l’illusion que l’occupation cessera demain. Mais ils peuvent faire ce qu’ils veulent, construire [dans les implantations] à leur guise ; nous construirons notre pays et établirons notre futur état, avec Jérusalem comme capitale. »

Abbas a ajouté que les Palestiniens renouvelleraient leurs efforts pour devenir membre de plein droit des Nations unies pour améliorer leur statut actuel d’ « état observateur non membre ».

La participation du président de l’AP a également été critiquée par le rival du Fatah, le groupe terroriste islamiste du Hamas.

Le groupe, qui dirige la bande de Gaza après avoir évincé le Fatah dans un violent coup d’Etat en 2007, a déclaré que la présence d’Abbas ne tenait pas compte du sang du peuple palestinien.

« Cet homme qui affirme représenter l’opinion publique palestinienne est par ses normes religieuses un juif. Pour la millionième fois : il ne nous représente pas, il est une création d’Israël, et j’espère qu’il rejoindre Peres en enfer », a déclaré à la télévision iranienne Mahmoud al-Zahar, responsable du Hamas dans la bande de Gaza.

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