Shin Bet : L’Iran finance les efforts du Hamas pour attiser la violence
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Shin Bet : L’Iran finance les efforts du Hamas pour attiser la violence

Des membres du Hamas capturés ont affirmé au service de sécurité israélien que les agents palestiniens devaient rester éloignés de la frontière, tout en encourageant la violence

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un enfant palestinien court avec un pneu lors d'affrontements avec les forces israéliennes le long de la frontière avec la bande de Gaza à l'est de la ville de Gaza, le 4 mai 2018 (AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)
Un enfant palestinien court avec un pneu lors d'affrontements avec les forces israéliennes le long de la frontière avec la bande de Gaza à l'est de la ville de Gaza, le 4 mai 2018 (AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

L’Iran finance les efforts du Hamas afin de promouvoir la violence et les attaques contre Israël sous couvert de manifestations de masse à la frontière, a annoncé lundi le service de sécurité du Shin Bet.

Le Hamas aurait averti ses membres de rester éloignés de la barrière de sécurité durant les grandes manifestations de Gaza, de peur qu’ils soient tués, tout en encourageant activement les civils palestiniens – et en particulier les enfants et les adolescents – à s’approcher de la frontière, a ajouté le Shin Bet, selon des informations obtenues lors d’interrogatoires.

« Il y a une interdiction pour les activistes du Hamas de s’approcher de la frontière, de crainte qu’ils ne soient tués ou capturés par les troupes israéliennes, à moins que la barrière de sécurité ne tombe et qu’ils entrent, armés, en Israël, sous la couverture de la foule, pour y mener des attaques terroristes », a déclaré le Shin Bet dans un communiqué.

Au cours des sept dernières semaines de ces violentes manifestations de la « marche du Retour » organisées le long de la frontière de Gaza, les forces israéliennes ont arrêté un certain nombre de Palestiniens, dont plusieurs membres du Hamas, qui ont franchi la barrière de sécurité pour pénétrer en territoire israélien.
 
A la veille des émeutes prévues lundi, le Shin Bet avait publié les résultats des interrogatoires de ces suspects, qui selon le service de sécurité ont avoué les méthodes utilisées par le Hamas pour déstabiliser la zone frontalière, annihiler la barrière de sécurité et tenter de commettre des attentats terroristes en Israël.

« D’après les informations dont nous disposons, il semble que le Hamas encourage et conduise des manifestants à la barrière frontalière afin de commettre des actes violents et d’endommager les infrastructures de sécurité. En outre, il a été constaté que l’Iran fournissait des fonds au Hamas pour lui permettre de mener ces violentes activités le long de la barrière frontalière de la bande de Gaza », a indiqué le Shin Bet.

Les manifestants palestiniens durant les affrontements avec les forces de sécurité israéliennes sur la frontière entre Israël et Gaza, à l’est de Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 20 avril 2018 (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Le service de sécurité n’a pas fourni de preuve spécifique sur cette implication iranienne. Cependant, le Hamas maintient des relations avec la République islamique et aurait pu bénéficier d’un financement important de la part de Téhéran.

« L’armée et le service de sécurité du Shin Bet continueront à travailler de façon déterminée afin d’empêcher toute tentative d’infiltration dans l’Etat d’Israël afin de défendre les citoyens et la souveraineté d’Israël », a déclaré le Shin Bet lundi.

Plus tôt lundi, l’armée avait largué des milliers de tracts dans la bande de Gaza, demandant aux habitants de ne pas être les « marionnettes » du Hamas et de rester à l’écart de la frontière.

Les témoignages

Yahya Ijlah, un membre du Hamas âgé de 19 ans qui est entré en Israël le 29 avril, a déclaré aux agents du Shin Bet qu’il avait été envoyé à la frontière afin de voler une caméra de surveillance située le long de la clôture.

Yahya Ijlah, membre du Hamas, capturé par Israël (Shin Bet)

Selon le Shin Bet, Ijlah a déclaré que le Hamas « travaillait pour que ses activités ressemblent à un soulèvement populaire dans les médias, et non à une opération violente de la part de ses membres ».

Le service de sécurité a indiqué qu’un certain nombre de suspects avaient affirmé aux interrogateurs que le Hamas encourageait spécifiquement les adolescents et les enfants à s’approcher et même à franchir la barrière.

« Son témoignage a prouvé une utilisation cynique d’enfants et de civils innocents par le Hamas, qui met en danger leur vie, afin qu’ils vandalisent ou volent du matériel », a déclaré le Shin Bet.

Salim Abu-Daher, 21 ans, arrêté après avoir endommagé la barrière le 28 avril, a déclaré au Shin Bet que les activistes du Hamas portaient des vêtements normaux et se mélangeaient aux manifestants civils, armés de « bouteilles de butane, de couteaux et de pinces », selon le Shin Bet.

Salim Abu-Daher, membre du Hamas, capturé par Israël (Shin Bet)

Le Shin Bet a déclaré que Ijlah avait révélé que, lors des manifestations, les membres du Hamas étaient censés agir en tant qu’instigateurs, mais qu’ils ne devaient pas y participer eux-mêmes.

« Le rôle des membres du Hamas est de fournir des pneus aux habitants de la bande de Gaza et de les aider à y mettre le feu. Ceci dans le but de créer un épais écran de fumée et de déchaîner les habitants de Gaza, afin de les convaincre de s’infiltrer en territoire israélien », a déclaré l’agence.

Les activistes du Hamas « aident aussi à lancer des bombes incendiaires et à préparer des cerfs-volants incendiaires », selon le Shin Bet.

Ces « cerfs-volants d’attaque » ou « cerfs-volants terroristes » représentent un défi pour les forces israéliennes et ont détruit de nombreuses terres agricoles.

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